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    Après avoir écrit ces pages d'histoire de la commune de Fillé à laquelle j'ai consacré tant d'heures, je prends la liberté de vous livrer quelques impressions et réflexions après une quarantaine d'années passées dans cette commune. Néanmoins, il faut reconnaître que Fillé n'est en réalité qu'une petite commune comparée à celles où j'ai grandi avant de venir vivre ici : Les Ponts de Cé, Trélazé, Angers, Montrouge, Allonnes et Malakoff.

    Toutes ces communes très riches en vie associative ont aussi, pour certaines, un passé industriel important, notamment pour celui de Trélazé où le patrimoine ardoisier a forgé son histoire en même temps qu'il a marqué ma jeunesse de l' enfance à l'adolescence car mon père était "perreyeur" c'est-à-dire fendeur ardoisier.

    Je me souviens de Trélazé, cette cité minière rouge-écarlate qu'elle était dans les années 50/60 , les jeunes et moins jeunes, nous rêvions d'un monde de fraternité et de solidarité. Il y avait une salle des fêtes où la jeunesse s'y retrouvait, située près de l'école publique (on ne disait pas "MTL"  : elle était très ancienne) mais sur le fronton de l'estrade on pouvait lire la maxime suivante : "Gloire et Honneur à l'école laïque. Dans  le pays du suffrage universel, tout citoyen doit savoir lire et écrire". C'est dire les pensées dominantes de cette population ouvrière dans l'après-guerre. C'étaient nos années rouges et la solidarité minière n'était pas un vain mot.

    Depuis, les temps ont bien changé, après les évènements de la fin du siècle passé, une autre réalité a douché les enthousiasmes. Les vieux préjugés d'hier pour un idéal inaccessible ont été remplacés par les slogans désuets et poussiéreux que l'on entend aujourd'hui, au sujet de l'écologie, par exemple ou sur l'agriculture de demain. Et maintenant, les bobos tout comme les néo-ruraux n'ont pas le temps de réfléchir qu'ils sautent d'une hystérie à l'autre ou plutôt d'un hashtag à l'autre car les réseaux sociaux ont pris de plus en plus de place pour ces nouvelles générations.   

    Bref, l'eau a coulé sous les ponts des Ponts de Cé...

    Revenons donc à Fillé..., dans ce village qui a bien évolué depuis notre arrivée en 1977 : une évolution majeure pendant les trois mandats de Gérard où, bien sûr, j'ai fait la connaissance de gens charmants, chez les anciens tout d'abord, dont certains ne sont hélàs plus là mais aussi chez les nouveaux arrivants et même à l'extérieur de Fillé car, indiscutablement, il se créé autour de vous un réseau de relations et j'en garderai certains bons souvenirs. 

    Par contre, j'ai appris à discerner les valeurs essentielles et les nécessités qu'elles induisent. J'ai appris que certaines "amitiés" créées au hasard de rencontres et surtout à l'occasion du besoin des uns et de l'ambition des autres, ne sont que de la poudre aux yeux car beaucoup se "servent" des élus - quels qu'ils soient - pour assouvir leurs intérêts particuliers et s'éloignent d'eux, dès qu'ils en éprouvent plus le besoin.

    J'ai très vite découvert que dans ce "petit monde" de la politique locale (très locale), on devait dissocier les personnages interlopes qui s'y complaisent : tout un noyau d'arrivistes peu scrupuleux à écarter allégremment sans arrière-pensée.

    Dans tous les conseils de France et de Navarre - sans oublier bien sûr, ceux de Fillé - les courtisans de naguère se retrouvent - au fur et à mesure qu'approchent les élections municipales - subitement, je dirais même : brutalement, possédés de la science infuse et habités d'un égo surdimensionné. Et de jalousies mesquines en jalousies mesquines, ils deviennent renaudeurs, comploteurs, magouilleurs, séditieux et j'en passe... enfin, tout cela avec le recul, tiendrait du comique si ce n'était pas tout simplement du ridicule.   

    Mes lectures et ma faible expérience de ce que j'ai vécu à Fillé m'ont appris à connaître le comportement des humains trop souvent motivé par leur intérêt immédiat et j'ai pu constater combien étaient rares ceux ayant un sens moral, un goût et des exigences élevés. Les médiocres s'en prennent facilement à l'homme de caractère qu'ils jugent présomptueux et arrogant alors qu'une lame de fond le pousse au premier plan, préférant celui qui résiste, efficace dans l'action aux profanes, inaptes, enfin, tous ceux qui sont sans ressort.

    On ne peut qu'être dubitatifs quand, il y a une vingtaine d'années, on s'est aperçu qu'aucune personne n'avait pris la peine de se déplacer à la MTL à une soirée organisée au bénéfice du Téléthon par la Municipalité mais quand il s'agit de venir assister à une réunion de conseil qui promet d'être houleuse ; quand il s'agit pour les railleurs de tout poil de venir se gargariser du "bêtisier municipal qui regorge de mensonges", il y a beaucoup de spectateurs de tous bords à venir s'y délecter.

     

     

     

    Je vous livre volontiers d'autres impressions sur ce que je pense que doit être la vie d'une petite commune :

     

    LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, des mots écrits sur la pierre des édifices publics qu'il faut faire vivre dans cette première cellule de la vie démocratique qu'est la commune.

    La LIBERTE ? certes les libertés existent , mais il ne suffit pas de les proclamer, il faut aussi respecter celle des autres.

    La FRATERNITE ? un bien grand mot dans ce monde de "chacun pour soi", de l'isolement et parfois de la solitude. Les talents, la générosité, le besoin d'enthousiasme existent mais nous constatons que chacun s'enferme de plus en plus dans les limites de sa clôture, dans sa "bulle".

     

     

     

    Pastel du moulin de Frédéric PIQUET
    (je remercie Frédéric pour m'avoir transmis les photos de ses dessins et pastels sur Fillé)

     

     

     

     
     
     
    L'homme des grandes ambitions écologiques : l'ancien Maire (2008/2020), étiqueté VERT, nous informait en début d'année 2010 que le marché BIO qui avait été créé en 2006 par la municipalité précédente - une spécialité filléenne d'après les élus (sic) - attirait une quinzaine de participants ; puis en Septembre, on nous annonçait deux rendez-vous mensuels au lieu d'un, donc, tout laissait à penser que cet évènement montait en "puissance". Or, patatras, on décide d'interrompre la tenue de ce marché en décembre 2010. Surprenant alors que l'on nous annonce que le marché bio alimentaire est en forte progression partout. Enfin, pour un maire VERT fermer un marché BIO, c'est bien là tout le paradoxe !

     

    Mais, tout aussi surprenant quand on sait que l'on a vendu un espace VERT, acquis par les colotisseurs, il y a de cela 25 ans, pour construire désormais un lotissement locatif  ! on s'interroge, bien sûr, car on ne pouvait pas imaginer qu'un jour, un espace vert puisse devenir constructible !

     

    On se souvient même qu'à une certaine époque, notre élu VERT jugeait qu'il y avait trop d'arbres dans les derniers lotissements construits sur la commune .. il n'y a point de contradictions dans la nature, mais cet argument bizarre est tout de même contraire à l'étiquette "verte".

     

    En parcourant la campagne, on voit quelques fois des feux de broussaille. Une circulaire ministérielle datant du 18 Novembre 2011 interdit le brûlage à l'air libre de déchets verts sauf dérogation : "les végétaux doivent être secs". Je pense aussi qu'il vaut mieux brûler sur place en respectant certaines précautions (sens du vent, etc..) que de mettre des camions ou voitures avec remorque sur la route pour transporter les broussailles à la déchetterie (essence ou fuel dépensés, etc...).
     
     
     ENFIN.. PASSONS...

    Moi, lorsque j'avais vingt ans, je quêtais ardemment la vérité. Je croyais que les livres pouvaient m'y donner accès. A l'adolescence, je lisais Camus, Claudel, Péguy, Descartes et beaucoup d'autres auteurs... je dévorais tous les livres. Quand il m'arrivait de prendre le train pour me rendre à Ingrandes, à Nantes ou à Paris, je savais que les voyageurs dans le compartiment ne supporteraient pas de voyager trois heures sans entamer la conversation avec leurs voisins. Alors moi, sans trop y participer, j'écoutais leur bavardage, j'écoutais sans ennui, l'un deux était peut-être porteur d'une pensée libératrice, il m'est arrivé d'assister à des conversations brillantes où questions et réponses se télescopaient. Mais, nous avons changé d'époque et bradé une partie de notre sociabilité. Les trains perdirent en convivialité ce que les voyages gagnèrent en ennui. 

    A près de soixante-quinze ans, je suis renvoyée à ma propre solitude. Je prends rarement les trains mais je n'aime plus entendre les gens jacasser dans les trains : c'est la misère
    intellectuelle.

    Une anecdote, en 2006, dans un TGV en revenant de Marnes-la-Vallée avec ma petite-fille, une jeune-fille de 16/17 ans prend place sur la banquette en vis-à-vis et aussitôt extrait son portable de sa poche. Une heure et demi durant, il ne quittera pas sa main. Au début, je pense qu'elle consulte des messages. En réalité, elle envoie des SMS et une discrète vibration l'avertit des réponses. Rien de très original dans cette occupation sinon qu'à aucun moment l'adolescente ne paraît se détacher de son portable pour jeter un oeil sur le paysage ou se plonger dans quelque lecture. A aucun moment, elle n'a levé un regard sur ses voisins. C'était bien son droit, direz-vous de rester dans sa "bulle". Droit à l'indifférence ! et pourtant, je crois que dans notre société l'écoute à céder la place à des bavardages sur portable ou sur écran.

    Et pourtant, la citoyenneté suppose à consentir à partager l'existence d'inconnus que la vie rapproche de nous : là où nous sommes, c'est-à-dire dans le territoire de la commune : les citoyens dans la cité.

    La commune ce n'est pas seulement la tension de périodes électorales avec leur souverain mépris c'est aussi le désir d'accueillir, de s'ouvrir aux autres, la tolérance, la recherche de l'amitié, la sauvegarde du paysage et en un mot : LE SAVOIR VIVRE.
     
     

    Réflexions

     

    En janvier 2021, pendant la profonde crise sanitaire liée au virus du Covid 19, le Sénat a adopté une loi pour protéger le "patrimoine sensoriel" de nos campagnes sensée mettre fin aux très nombreuses plaintes des néo-ruraux concernant les bruits et effluves du monde rural.

    Il ne sera plus possible d'avoir recours à des procédures judiciaires et ceci vient en écho aux nombreuses batailles médiatisées comme cette histoire du coq "Maurice" dans l'ile d'Oléron qui chantait tôt le matin et les voisins de cette propriétaire se plaignaient des nuisances concernant ce chant matinal.

    Quand il s'agit de demander aux nouveaux habitants un peu plus de tolérance quand ceux-ci se plaignent des nuisances, il faudrait ADMETTRE AUSSI que LA TOLÉRANCE doit s'exercer dans les deux sens.

    Quand un habitant du village - salarié à l'usine et non éleveur - se flatte d'avoir 85 coqs (autant dire que dans ce cas, les cocoricos sont retentissants, continus et au final exaspérants) et ce, dans un poulailler familial, hors réglementation ; là, l'excès est tout de même chez ce propriétaires de volatiles.

    Ainsi et pour RAPPEL : pour qu’une basse-cour reste une basse-cour, le nombre de ses pensionnaires est limité à 50 animaux "équivalents" de plus de 30 jours. Elle reste soumise aux règles générales du Règlement sanitaire départemental.
    Au-delà de 50 animaux de plus de 30 jours, votre basse-cour devient un élevage, une installation classée, soumis(e) à une loi stricte nécessitant d’en faire la déclaration.

    Paons, oies, canards, poules et leurs maris les coqs, sont souvent cités dans la catégorie des nuisances sonores et souvent « mal vus » par le voisinage. Même si la notion de bruit s’apprécie différemment en ville et en campagne, votre basse-cour doit respecter les règles de voisinage prévues par l’article R 1334-31 du Code de la Santé Publique. Vous devez veiller à ce que vos animaux ne portent pas atteinte à la tranquillité ou à la santé de vos voisins.

    A savoir : quand il s’agit d’un petit élevage familial se limitant à quelques individus, avec lequel aucun commerce n’est effectué (consommation au sein de la famille), les poules sont considérées comme des animaux de compagnie ou d’agrément. Pour un élevage de plus de 10 sujets, voire de plus de plusieurs dizaines, c’est une autre affaire.

    Par ailleurs : Installer le poulailler loin des voisins
    Aucune distance n'est imposée pour les élevages de type familial, mais s'il y a plus de 10 sujets, ils doivent être installés à plus de 25 mètres des habitations (voire à 50 mètres s’ils sont plus de 50). Et même si vous n’avez que 2 poules et un gentil petit coq, essayez de placer leur cabane le plus loin possible des voisins.

    Que ces "Vieux" campagnards tolèrent aussi nos animaux domestiques si nous acceptons de tolérer les coqs intempestifs; A ce sujet, fin janvier 2021 plusieurs députés ont déposé une proposition de loi pour lutter contre la maltraitance animale ; cette loi me parait plus judicieuse : 

    Car, en effet, lorsqu'on retrouve un matin d'Octobre 2020 - pendant le deuxième confinement - son chat empoisonné après qu'il ait passé une nuit dans un congélateur (ce congélateur ne pouvait évidemment pas être familial mais destiné à herberger les cadavres d'autres animaux ce qui délimite forcément le faisceau de suspicions ...) et que l'on pousse la sournoiserie (ou la méchanceté) jusqu'à venir déposer notre animal sur ma propriété, je voudrais savoir, là, OÙ est l'intolérance ????.

    VOILÀ CE QUE J'AVAIS À DIRE DEPUIS QUELQUES TEMPS ET AU BOUT DE QUARANTE CINQ ANS DE VIE RURALE : J'AIME LA NATURE, J'AIME LA CAMPAGNE, J'AIME LES GRENOUILLES, LES VOLAILLES OU LES COQ EN QUANTITÉ RAISONNABLE LORSQU'IL S'AGIT DE LES AVOIR A PROXIMITÉ DE MA CHAMBRE A COUCHER, J'ADORE PARTICULIÉREMENT LES CHATS ET ...

    JE HAIS PAR-DESSUS TOUT LES CONS.

     

     

     

     

     

    Réflexions

     

    Photo d'une peinture d'Octave plébiscitée sur le site : https://www.fotocommunity.fr/

    36 commentaires ; 18 "j'aime" et 5 "favori".

    Notre animal chéri victime de la bêtise humaine.

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