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    PHOTO COLLECTION PARTICULIERE
     

    reconstitution en 1997 de l'attaque de l'église : les chars alliés embusqués sur le pont du canal (point de mire du clocher) déclenchent une série de tirs qui vont embraser l'église, puis le presbytère.

    Sur mes cahiers d'écolier

    Sur mon pupitre et les arbres

    Sur le sable et sur la neige

    J'écris ton nom...

    Et par le pouvoir d'un mot

    Je recommence ma vie

    Je suis né pour te connaître,

    Pour te nommer "LIBERTE"

     

     

      

     

     Débarquement en NORMANDIE, dessin au fusain et à la craie sanguine par Christiane CHOISNET

     

     

    Pendant que les troupes alliées débarquent en Normandie le 6 Juin 1944, les services administratifs de l'armée de l'air allemande (la Lutwaffe) se replient de Saint Brieuc sur FILLÉ où ils s'installent dans le Château du Gros Chesnay, à la Beunêche ainsi qu'au château des Gesleries . 250 allemands étaient ainsi cantonnés sur la commune où ils avaient réquisitionné de nombreuses maisons et châteaux des environs. Les jeunes gens du village devaient travailler pour eux.

    Les allemands ont été surpris de trouver sur place et autour de la commune des nids de résistance. A l'approche de la Libération, des jeunes gens de Fillé effectuaient des actions de sabotage des voies ferrées du côté d'Arnage (une cassette audio a été remise en son temps par Roger Gaignon à Gérard Choisnet, maire, reprenant les témoignages de Filléens - de Mrs TRUDELLE et MACÉ notamment).  

    La nervosité crépusculaire de la débandade annoncée transpire dans le comportement des occupants repliés sur FILLÉ. Entre le débarquement des alliés et la libération c'est-à-dire, pendant près de deux mois, les habitants de la commune vont subir le couvre-feu de 23 heures à 6 heures du matin, le contrôle des requis et les perquisitions policières.

     

     

    0810-001

    soldats allemands de la Lutwaffe

     

     

     

    LA LIBÉRATION DE FILLÉ

     

    J'ai constaté récemment que cette page avait fait l'objet d'un "pillage" intellectuel. Si nul ne peut prétendre se revendiquer de l'histoire de Fillé ou encore moins de l'exclusivité de la réécrire - que l'on ait au moins l'honnêteté de n'attribuer à personne d'autres qu'à Monsieur René Gaignon les passages repris dans la rubrique concernant la Libération de Fillé.

    Monsieur René Gaignon fut, sans conteste, la mémoire vivante des évènements de cette époque.

    Dans le cadre du 70° anniversaire de la Libération, je découvre un article dans la presse (O.F. du 7.8.2014) reprenant strictement mot pour mot ce qui a été retranscrit ici, dans ce blog, en 2009, au sujet de l'altercation du 7/8/44 entre américains et allemands ! Or, ce récit avait été transcrit en son temps par René Gaignon lui-même.

    Sans changer le sens de la narration, que l'on ait au moins le courage - ou plutôt l'honnêteté - d'en modifier les termes si l'on ne cite pas la source car c'est curieusement malsain de reprendre textuellement un contenu pour le mettre sur le compte d'autres personnes d'autant que celles-ci n'ont jamais caché à quiconque qu'elles n'étaient pas présentes à Fillé en 1944 ! A bon entendeur !

     

    france

     

     

    Le matin du 7 Août 1944, L......, une jeune filléenne travaillant dans la capitale sent comme tous les parisiens qu'il va se passer quelque chose. Il fait beau et chaud, 1944 aura été une année de chaleurs exceptionnelles fin mai et surtout en août, et dans cette chaleur étouffante qui règne sur la capitale, la jeune fille remarque que depuis quelques jours, les gens se parlent plus volontiers.  Ce matin du 7 Août 1944, "matin d'espoir", elle entend des bribes de conversation sur un boulevard : "Ils se dirigent vers Le Mans" : elle songe aux siens restés au village et elle en a subitement les larmes aux yeux !

    En effet, il faudra attendre le 7 Août 1944 pour voir enfin l'arrivée des troupes alliées à FILLÉ avec une colonne d'automitrailleuses et des chars Sherman, le soulagement est grand !

    Le général Patton - appliquant le plan Overlord - donne l'ordre, dès le 5 Août de s'emparer du Mans et le matin du 7, trois divisions prennent les routes qui y conduisent : la 5°DB prendra les villes de la rive nord de la Sarthe en passant par Grez-en-Bouère, Bouessay, Poillé, Asnières d'où une colonne se portera sur Noyen pour traverser la Sarthe à Fillé de manière à prendre position sur le sud-est du Mans. 

    La tête de colonne est bien entrée à Fillé mais s'est trompée de route et s'est portée par erreur sur Spay.
    Les Sherman de la 5° DB se présentent donc au pont de Spay dans la soirée du 7 Août tandis qu'une autre colonne, ayant passé par Fillé affronte les allemands à "La Belle Etoile" où une compagnie du génie est capturée et trente véhicules sont incendiés.

    Jusqu'alors préservée des combats, la commune de Fillé allait connaître ses premiers tirs dans la soirée du 7 Août quand arrivèrent les américains. Chez les allemands c'est la panique et le "sauve qui peut" mais on refuse de se rendre. Alors aussitôt les premiers coups de feu vont éclater.

    Pendant trente à quarante minutes les escarmouches vont se succéder. Un allemand sera tué entre l'église et la Maison du Passeur, un autre dans la cour de l'ancien maréchal ferrant, un troisième dans les Gesleries, non loin du château qui sera incendié par l'occupant car il contenait d'importantes archives de l'armée allemande.  (témoignage de Monsieur René Gaignon qui fut témoin de l'arrivée des Américains le 7 Août 1944 et des accrochages qui s'ensuivirent).

    Madame Yvonne LETOURNEUR, passeur au bac du Moulin de la Beunêche au début du siècle, narrait en ces temes les évènements de la Libération de Fillé :

    "Et puis brusquement c'est l'orage, une drôle de machine frappée d'une étoile surgit sur la route des Vignes..... le lendemain le clocher brûle.
    Bientôt la pluie effacera les larmes et avec le soleil revenu, ce sera à nouveau le temps des moissons, du battage..."

     

     La nuit du 7 au 8 Août 1944 sera parsemée de coups de feu isolés, du bruit du canon avec le combat de chars Sherman et Panzer de la Belle Etoile (route d'Angers). Une compagnie américaine installe son bivouac dans la nuit à Spay et improvise un camp de prisonniers allemands le long de la RN 23 à 2 km environ de FILLÉ.

    Dès le matin, des tirs se font entendre du côté de la chapelle du cimetière où un allemand s'est caché.   Au lendemain de la Libération de FILLÉ, il y eut quelques méfaits plus ou moins sordides parmi la population telle que cette histoire de bottes de l'allemand tué près de l'église, une histoire qui s'est rapidement transformée en non-dit au fil du temps mais qui se chuchotait encore chez les anciens il n'y a pas si longtemps. Dans tous les villages de France avec tout ce que la guerre, l'occupation puis la libération ont pu livrer de bêtise et de méchancetés, on a vécu malheureusement des histoires de ce genre qu'il vaut mieux oublier.

     Mieux vaut s'attarder sur l'évènement principal qui est resté dans toutes les mémoires, celui de :

     

    L'INCENDIE DE L'EGLISE 

     

    Arrivés à l'entrée du bourg, deux objectifs sont la priorité des libérateurs : le cimetière et le clocher de l'église où se sont réfugiés les "verts de gris".

    En effet, quelqu'un aurait signalé aux troupes alliées que des allemands se seraient réfugiés dans le clocher de l'église. En voulant examiner les lieux, une personne aurait heurté une corde servant à actionner les cloches, l'alerte est donnée.  Rapidement, un char allié se met en position de tir : embusqué sur le pont du canal, il décoche une rafale sur le clocher de l'église qui prend feu. L'église s'embrase en un éclair et le clocher s'écroule du côté de la rivière. Cette précision a son importance car de l'autre côté, face à l'église il y avait un dépôt de munitions !

    L'intervention rapide des habitants qui font la chaîne évitera que le feu se propage dans le bourg mais du presbytère attenant qui se trouvait à l'emplacement de la cantine actuelle, il ne restera rien. Un autre sera reconstruit mais de l'autre côté, près de l'école privée.

    Petit à petit le calme revient : ainsi finit la guerre à Fillé...



    L'INCENDIE









    I
    ntérieur de l'église après l'incendie.

     

    Une Commune : FILLE face à l'histoire

    EXTRAIT DES CAHIERS DU MAINE LIBRE N° 2 D'OCTOBRE 1944 ci dessous :

     




    SOUVENIRS DE LA LIBERATION DE LA SARTHE FEU D'ARTIFICE A FILLÉ


    "Fillé, avant la guerre, était, dans la banlieue du Mans, un centre de tourisme "très couru". La Sarthe, ondoyante et capricieuse, y poétise les rives et les bois. De temps en temps un chaland passe. Chaque plage et chaque crique sont hantées par les pêcheurs, les Parisiens, les Manceaux et les Sarthois en liesse. On oublie les bruits de la grande ville et les soucis de chaque jour. Là tout n'est qu'ordre et beauté, et calme et bonheur...

    Brusquement, ce paysage de paix est troublé par les bruits de la guerre. Il faut cependant attendre les derniers jours de l'occupation allemande au pays cénoman pour que ce coin de campagne, hors des routes stratégiques, retentisse du bruit des bottes. Pour peu de temps, heureusement....

    Le 7 Août 1944, à 20 h 30, des tanks américains surgissent à l'improviste, sans que personne les attendent de ce côté de la petite route des Vignes. Les allemands cherchent à fuir. La fusillade éclate. De toutes parts se fait entendre le crépitement des mitrailleuses. Un tank américain, en batterie à l'entrée du canal, tire sur le clocher où se trouvent des allemands et le détruit partiellement.

    Soudain, le feu se déclare dans des écuries garnies de foin et de paille et prend rapidement des proportions inquiétantes, car les balles qui sifflent sans arrêt rendent toute intervention impossible. Une lueur rouge éclaire le ciel. Une maison brûle route de Spay.


     Les allemands mettent le feu au château des Gesleries.

    Un certain nombre de soldats réussit à passer la rivière et à gagner les bois. Le calme renaît. Les habitants peuvent faire la chaîne et limiter les dégâts des incendies qui font rage.

    La nuit relativement calme, reste inquiète : dix tonnes de munitions allemandes sont entreposées au centre du pays. La journée du lendemain est vécue dans l'espérance et dans l'attente. Mais à 18 h 30, la fusillade recommence....

    Ce sont des allemands cachés dans les chapelles du cimetière qui viennent de nouveau d'ouvrir le feu. Les tanks ripostent. Et bientôt un léger nuage de fumée se dessine au sommet du clocher. Le feu ! Quelques instants plus tard, la flèche est embrasée.

    Par bonheur, le vent souffle vers la rivière. Moments d'angoisse. Pourvu que le vent ne "tourne" pas ! Le clocher alors s'abattrait sur les maisons d'en face, pleines de munitions.

    Le feu gagne la toiture, l'église entière, le presbytère. Un bruit lugubre et sourd : les cloches tombent.

    Elles ne sonneront pas, ce soir, l'annonce de la Libération. Mais la joie chantera au coeur des habitants, car il y a des ruines sans doute au village charmant, presque toutes les maisons portent des traces de la bataille, mais tous se retrouvent, saufs, et libres !... "

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     




    Extérieur de l'église après l'incendie du 8 août 1944


     

     

    Le château des Gesleries (ci-dessus) avait été incendié au moment de la Libération, lors de la retraite des soldats allemands qui l'occupaient car ce château contenait  d'importantes archives de l'armée allemande. Au moment de l'encerclement par l'armée américaine, de nombreux occupants fuient en traversant la Sarthe à la nage.

    "Des vivres et des bouteilles de bon vin sont ensuite découvertes dans la cave des officiers allemands par les américains et c'est l'occasion d'une soirée mémorable entre jeunes gens de Fillé et libérateurs" (témoignage de René Gaignon au ML août 1994).

    Aux Gesleries également, des familles filléennes qui avaient été contraintes de quitter leur maison, réquisitionnée après le débarquement par les services administratifs de la Lutwaffe repliés sur Fillé, reprennent possession de leurs biens. Mais, hélàs, pour certains, la joie de rentrer "chez soi" est gâchée par la cruelle désillusion de s'apercevoir qu'on les avait tout simplement spoliés d'une partie de leur mobilier. Encore des méfaits bien regrettables dont ces malheureux habitants se seraient bien passés.

     

    photo collection particulière


    Le père Couronne était curé de la paroisse de FILLE pendant les évènements de la Libération, le voici priant devant la porte du presbytère. 

     

    christian13334



    L'EGLISE ST MARTIN DE VERTOU A DONC SUBI DEUX INCENDIES : L'UN EN 1771 ET L'AUTRE LE 8 AOUT 1944.

     

     

     

     

    peinture Christiane Choisnet

     

     

     

    Après cette guerre, quatre nouveaux noms s'inscriront sur le monument aux morts inauguré en 1923 et qui se trouve à l'entrée du cimetière : quatre jeune filléens ont fait le sacrifice de leur vie pour notre Liberté !


    Fillé retrouve son calme, sa rivière et sa sérénité...
    photos collection particulière ci-dessus et ci-dessous

     

     

           

     






    - Concernant les résistants de la Jeunesse Catholique :
    sources bibliographiques =
    100 visages de la résistance et de la déportation en Sarthe de Joseph Estevès
    - photos de l'incendie de l'église et de l'abbé Couronne : archives de la paroisse de Fillé
    - concernant le récit du cahier du Maine Libre n° 2 d'Octobre 1944 :
    "FILLE, une commune face à l'histoire" = cahier de ma collection privée
    - concernant le récit des évènements de la Libération de Fillé ainsi que sur les actes de résistance de Mme H. LE BIHAN : récits de Monsieur René GAIGNON rapportés au moment du cinquantenaire de la Libération ainsi que d'anciens de la commune ayant vécu les évènements notamment ceux de la Libération et de l'incendie de l'église.

    concernant les évènements de la soirée du 7 Août : sources et témoignages de la VIE MANCELLE ET SARTHOISE en collaboration avec le Maine Libre n° 315 de Juillet-Août 1994.

    - concernant la narration des évènements par Madame LETOURNEUR :

    sources empruntées lors de l'exposition qui a eu lieue en Janvier 1987 à FILLE :

    "FILLE D'HIER et d'AUJOURDHUI" organisée par le Comité d'Animation de l'époque.





     

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    Les jeunes de Fillé lors du conseil de révision de la classe 1912 à La Suze. La journée du conseil de révision est chômée et donne lieu à des réjouissances. Les "bons pour le service" vont de ferme en ferme portant un drapeau créé pour la circonstance et jouant du clairon (ou du tambour pour ceux de Fillé de la classe 1912).

     

     

    La guerre de 1914/1918 fut le résultat de l'affrontement entre deux grandes alliances :

    - l'Empire Austro-Hongrois contre le royaume de Serbie : ces deux puissances activèrent d'autres alliances qui obligèrent d'autres nations européennes à s'engager dans la guerre.
     
    Ce fut alors la Triple Entente, composée de la France, la Grande Bretagne et la Russie contre la coalition des Empires centraux qui était principalement constituée de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie.
     
    Brusquement, l'étincelle qui déclencha la guerre de 1914/1918 fut l'assassinat par un serbe de l'héritier du trône austro-hongrois l'Archiduc François-Ferdinand et de son épouse à Sarajevo (Serbie), le 28 Juin 1914. Ce qui reste avant-tout un banal fait divers à l'échelle de l' Europe est un évènement tragique pour l'Empire austro-hongrois et à partir de ce jour de juin 1914, un engrenage diplomatico-militaire se déclenche qui coûtera la vie à des millions de soldats.
     
    La paix explose comme une marmite sous pression. Le véritable engrenage est la montée des nationalismes et la rancœur entre grandes puissances européennes. Le principal adversaire de l'Allemagne est la France, la France et ses provinces perdues : l'Alsace et la Lorraine. Si l'esprit ultra-nationaliste belliciste et "revanchard" caractérise certains mouvements politiques, l'ensemble du pays, sans aller jusqu'à souhaiter une nouvelle guerre, garde au cœur des plaies ouvertes : celles de la guerre de 1870.
     
    Cependant, le 14 Juillet 1914, en France, un homme politique, Jean Jaurès, s'illustre par son pacifisme : il est  totalement opposé au déclenchement de cette guerre et il en appelle à la grève générale mais, hélas, le 31 Août 1914, il est lui-même assassiné au Café du Croissant à PARIS par un étudiant nationaliste.
     
    Puis, ensuite, tous les évènements s'enchainent :
     
    * le 1er Août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie, puis le 3 Août à la France et à la Belgique et déjà, le 4 Août 1914, l'armée allemande franchit la frontière belge.
     
    Dans cette guerre "mondiale" plus de 60 millions de soldats y ont pris part et près de 10 millions n'en reviendront pas. Près de vingt millions de soldats resteront à jamais infirmes.

     

    1er_aout_1914-f0ae8

     

    C'EST LA GUERRE !

    (extrait de la gazette du web vendredi 03.10.14)

     

    Ficimel

    photo collection personnelle

     

     

     

    affiche de "mobilisation générale" on peut y lire :

    "Par décret du Président de la

    République, la mobilisation des

    Armées de Terre et de mer est

    ordonnée, ainsi que la réquisi-

    tion des animaux, voitures et harnais

    nécéssaires au complément de ces

    armées. Le premier jour de la mobi-

    lisation est le :  Dimanche Deux  Août

    1914.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un certain onze Novembre 1989 lors de la commémoration de l'armistice de la Grande-Guerre, un vieux Monsieur qui était ancien combattant de celle de 1940 m'avait conté de biens tristes souvenirs : non pas du jour V de la Victoire de 1918 mais ceux du jour de la déclaration de guerre. Il avait sept ans en août 1914. Au lendemain de la déclaration de guerre datée du 1er Août 1914, des ordres de mobilisation sont placardés sur tous les murs le dimanche 2 Août. Je regrette de n'avoir pas retranscris aussitôt "ses mémoires" mais je vais me fier à la mienne de mémoire.

    Le Dimanche 2 Août 1914, c'était jour de la Distribution des Prix à l'école de FILLÉ (*) et les enfants avaient tous revêtu leur "habit du Dimanche" pour chanter avec Monsieur l'Instituteur. Puis, en fin d'après-midi, un attroupement, puis deux, des gens se font l'écho de cette tragique nouvelle : c'est la guerre.  La guerre, c'était bien sûr le sujet de toutes les conversations mais tous avaient bon espoir, tous comptaient sur le courage et la vaillance de nos soldats et sur la victoire.

    Les cloches ont sonné puis le tocsin a sonné aussi le 1er Août 1914.

    (*) Il faut préciser qu'à cette époque et ce, depuis 1891, les grandes vacances s'étalaient entre le 1er Août et le 30 Septembre. En Août, parce que c'est l'époque des moissons, et en septembre, celle des vendanges. Selon les régions, et notamment celles où il n'y avait pas de vignobles, des arrêtés préfectoraux modifiaient ces dates. (extrait M.F. Riour musée d'école rurale Trévargan).

    Puis, quelques années plus tard, le 14 Juillet marquera la fin de l'année scolaire : les vacances d'automne auront doucement glissé vers l'été.

    Nous sommes donc le dimanche 2 Août 1914, c'est le premier jour de la mobilisation générale et la fête, bien sûr, est gâchée. Les familles accourent autour du mur d'enceinte qui existait à l'époque autour de l'église et se pressent autour de l'affiche de malheur.

    En effet, une affiche d'ordre de Mobilisation est bien apposée afin que chacun prenne la dimension de la triste nouvelle. Ce jour-là, aucune mention des conditions de cet affichage n'apparaît dans les délibérations du conseil municipal. Hormis l'affiche de mobilisation émise par l'Etat et placardée dans toutes les communes, il n'y eut aucune autre proclamation officielle.

    C'est la première fois qu'une mobilisation générale est décrétée en France (en 1870, l'armée de métier est seule mobilisée).

     

     

     

     

    La guerre de 1914/1918

     

    Ci-dessous, devant l'église à gauche le mur sur lequel on apposait les affiches dont celle de la Mobilisation en 1914.

     

     
     
     
    Le petit train franchit le pont de Fillé emportant nos jeunes soldats confiant dans la victoire...

     

    Les foins étaient coupés. Les aînés de ces jeunes enfants ou bien leur père aussi pour certains, enfin tous ceux qui étaient en âge de partir troquèrent la fourche contre le lebel. Ils partaient à la guerre en cherchant encore à comprendre à la suite de quel engrenage ils s'étaient retrouvés mobilisés. Au Mans comme à la Suze, les trains étaient bondés partout d'hommes qui partaient à la guerre. Ils partirent en chantant mais cela n'a pas duré longtemps, quand les premiers blessés sont revenus, ceux-là ne chantaient plus.  

    Quelques-uns de ceux qui sautèrent joyeusement dans notre tortillard, confiants, en pensant que la guerre serait de courte durée et qu'ils allaient bientôt reprendre les travaux des champs ne savaient pas encore qu'ils auraient (pour vingt et un d'entre-eux, hélas ! rien que pour notre petit village de FILLÉ) leur nom gravé, un jour, sur un monument qui restait à construire. Mais on part en ce bel été 1914 pour une guerre éclair...

    En août 1914, les moissons restaient à faire et la mobilisation générale avait privé partiellement ou entièrement les exploitations agricoles de leur cheville ouvrière :  devant cette fatalité, toutes les familles étaient atteintes que ce soient des grands ou petits bordages. Quand le père était encore en âge d'être mobilisé, il se retrouvait avec ses fils ainés déjà sous les drapeaux, alors il restait la mère avec les enfants en âge scolaire. L'administration militaire avait été assez généreuse dans le second trimestre 1914 dans l'attribution des permissions agricoles, une circulaire d'Adolphe Messimy, ministre de la Guerre au début du conflit mondial, n'avait pas été abrogée et des démarches auprès des autorités militaires permettaient d'obtenir des permissions aux agriculteurs. Mais, hélas, au fil des mois, l'espoir de voir le retour des soldats s'étant estompé, le problème de la pénurie de main d'œuvre agricole gardait toute son acuité.

    Le 2 février 1915, une circulaire stipule que les Maires ont pour mission de veiller à ce que les permissions soient consacrées au travail qui la motive. En 1917, la loi Dalbiez supprime les dispenses et sursis en envoyant au front tous les hommes aptes au service en assurant la juste répartition et une meilleure utilisation des hommes mobilisés ou mobilisables ce qui suscite une déception amère dans nos campagnes.

    Enfin, en 1917, la loi Mourier éveille un espoir dans la population car elle exclut des mutations au front les hommes pères de quatre enfants, veufs avec trois enfants ou ayant eu deux frères ou deux fils morts ou disparus depuis plus de six mois.

     
    Les conditions climatiques très rudes de l'hiver 1916/1917 se rajoutèrent aux souffrances des malheureux soldats.
     
    Le 8 Février 1918, un avion militaire a atterri à Spay, village voisin de Fillé ; le Maire de ladite commune a pris aussitôt les mesures nécessaires pour la surveillance de l'appareil après avoir averti les autorités.
     
    Les américains ont débarqué à Saint-Nazaire en juin 1917.
     
     
     


    A FILLE, les murs de la ferme du moulin - dont les bâtiments ont été rénovés en 2007 - ont gardé des marques dans la pierre de la guerre de 14/18. Deux soldats américains venus au secours des alliés à la fin de la guerre ont laissé sur le mur d'entrée de la grange la marque de leur passage en gravant leur nom près de la porte "JOHN LO...." et JO CLARK NOV. 1918"

    Lors de la rénovation en 2007, le Maire, G. CHOISNET a insisté auprès des architectes chargés des travaux pour que la pierre gravée de ces noms soit conservée et protégée.

    ci-dessus, plaque commémorative apposée par la Ville du Mans le 14 Juillet 1919


     

     

    Malheureusement, en Juin 1919, on apprend qu'un soldat américain Luigi A. QUARANTO s'est noyé à FILLÉ dans la Sarthe. Voir ci-dessous, extrait du journal "OUEST-ÉCLAIR" du 2 Juin 1919 qui relate ce fait-divers malheureux.

     

     

    Par ailleurs, le même journal local, daté du 4 Octobre 1919, nous apprend qu'un cultivateur de GUÉCELARD a constaté, dans une maison qu'il possède à FILLÉ et qui était occupée par des soldats américains, que ces derniers, avant leur départ, avaient fracturé la porte d'une chambre et dérobé 22 litres d'eau de vie.  

     

    D'autres soldats sont revenus, gazés, comme ce Monsieur qui a vécu malgré sa condition physique précaire jusqu'à 94 ans et qui était venu habiter à la campagne à FILLÉ parce que le médecin conseillait à YVES d'arrêter toute activité. Il lui était demandé principalement un retour à la campagne suite à ses blessures datant de la première guerre mondiale au cours de laquelle il a perdu tous ses copains en une journée de juin 1918. Donc, YVES et JULIENNE ont dû partir de la capitale en 1938 pour FILLÉ où ils ont vécu 53 années heureux ensemble .

    JULIENNE était âgée de 90 ans lorsqu' en 1992, le maire G. CHOISNET lui a annoncé la construction d'un groupe scolaire tout neuf à FILLÉ. Julienne en a pleuré de joie car elle avait des valeurs très laïques et une école toute neuve dans notre village ; elle n'en croyait pas ses oreilles !
     

    La France sort victorieuse mais brisée. Le traité de Versailles en 1919 est un traité de paix signé entre l'Allemagne vaincue et les Alliés de la première guerre mondiale mais en raison des sanctions qu'il infligeait (dommages et réparations de guerre, occupation de la Ruhr, etc..) il contenait déjà les germes de la seconde guerre mondiale.



     

    bataille des Eparges

    La bataille des Eparges

     

    "Nul Homme sensé ne peut préférer la guerre à la paix puisque, en temps de guerre, ce sont les pères qui enterrent leurs fils alors que, en temps de paix, ce sont les fils qui enterrent leur père." HERODOTE.

    "LE JOUR DE GLOIRE EST ARRIVE" TITRE LE PETIT COURRIER

    Copie du Petit Courrier d'une page de journal de Novembre 1918 extraite des archives départementales du Maine et Loire Presse

     

    La commune de FILLÉ a reçu une médaille et un diplôme pour sacrifice avec courage et abnégation pendant la guerre de 1914/1918.

    Le diplôme encadré figurait dans la salle du conseil quand celui-ci a pris possession de la salle de classe en 1992.

      ci-dessous, carte écrite le 30 décembre 1918 par un jeune filléen à sa fiancée à son retour de guerre.

            

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    Concrètement, la grande guerre est gravée dans les généalogies de toutes les familles françaises, sur le marbre de tous les cimetières de notre pays.

     

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    ravenel 001.jpg

      drapeauCorrespondance de Louis RAVENEL mort au Champ d'Honneur  qui fut adressée à ses proches parents   quelques années avant la guerre : Louis dont le  nom est gravé sur le monument aux Morts de Fillé comme celui de vingt autres malheureux camarades était du 117° RI. Il était né à Noyen-sur-sarthe le 30 Juin 1882 ; à Fillé, il était cultivateur, il est décédé à BOIS-ROQUETTE dans la Marne, le 29 Septembre 1915,  à l'âge de 33 ans. Il  avait épousé Marie-Alexandrine de Fillé en 1906. Il laisse une veuve et 2 enfants.

     

    Parmi les vingt autres soldats de FILLE morts pour la France, certains ont été portés disparus.

    poilu n°1

     

    * Emile BASILLE était du 166° RI, il avait 18 ans en 1914 ; il était aide de culture à la ferme familiale et habitait Fillé depuis 1893. Il a été tué le 3 Septembre 1918 au combat du bac d'Ablaincourt-Pressoir dans l'Aisne ;

    * Je remercie

     

    drapeau* Félix BRINDEAU était caporal au 164° Régiment d'Infanterie. Né à Fillé en Mars 1898, il était le fils d'Auxilia Ménager qui était bien connue dans le village pour avoir été la receveuse du tramway. Félix a disparu le 23 Août 1918 entre Petit Longpont et la ferme de Cumois (à l'est de Soissons) à l'âge de 20 ans. Il exerçait la profession de coiffeur à Boulogne-sur-Seine ; 

    Cité à l'ordre de son régiment le 31/07/1918 pour sa conduite aux combats des 18 et 20/07/1918. Croix de guerre avec Etoile de bronze (source Mémorial GenWeb).

    poilu n°1

     

    * René BUSSON était né au Mans en décembre 1887 mais ses parents étaient domiciliés à Fillé. Il  exerçait la profession de fleuriste rue de la Barillerie au Mans. Il est disparu le 22 Mai 1916 à Vaux devant Damloup. Il avait 29 ans.

     * Je remercie Monsieur VANTOURS Pascal, Garde d'Honneur à Lorette, d'avoir bien voulu apporter une précision concernant le soldat René Busson disparu en 1916 et tous ceux qui figurent sur l'anneau de mémoire de Notre-Dame-de-Lorette. J'ai procédé immédiatement à la rectification qui s'imposait. Ch. Ch. Fillé.

     

    drapeau* Ernest CERVEAU du 153° Régiment d'infanterie était le fils du boulanger de Fillé et avait également 18 ans en 1914 ; il était ouvrier dans la boulangerie familiale ; il est mort le 30 Juillet 1916 à Hardecourt dans la Somme ;

     

    poilu n°1

     

    * Ernest CHENE, également mort au champ d'honneur (disparu) ;

     

     

    drapeau

    * Auguste CLEMENT du 117 ° était né au Mans en juillet 1884. Il habitait à Fillé au Mortier Noir depuis 1912 où il était journalier. Il a été tué dans la Marne à Perthes les Hurlus le 23 Septembre 1915. Il  avait 31 ans ;

     

     

    poilu n°1* Louis COTTEREAU était 2° classe au 23° Régiment d'Infanterie coloniale, il est mort des suites de blessure de guerre le 3 Novembre 1917 à Ailles dans l'Aisne à l'âge de 27 ans, inhumé à Pontavert. 
     

     
     

     

     

    drapeau* Emile FROGER était caporal au 146° Régiment d'Infanterie et il a été tué le 25 Septembre 1915 à Beauséjour dans la Marne et inhumé à SUIPPES dans la Marne à l'âge de 35 ans. Il était aide de culture à Roezé.

     

     

    poilu n°1

     

    * Marcel GOUET était domestique à FILLÉ à la "Ferme Neuve" en 1914. Il était né au Mans en Février 1886. Il était 2° classe du 404° Régiment d'Infanterie et il a été tué le 9 Juin 1917 au nord d'Urvillers dans l'Aisne à l'âge de 31 ans. Il est inhumé à ST QUENTIN dans l'Aisne.

     

     

    drapeau* Alexandre GUYON était 2° classe au 69° Régiment d'Infanteri. Il était né à Spay en juin 1894 . Il a été tué le 2 Octobre 1915 à Beauséjour dans la Marne à l'âge de 21 ans. Il était cultivateur dans notre commune. 

     

    poilu n°1

     

    * Emile GUYON était du 317° Régiment d'Infanterie, il a été tué le 5 Mai 1917 au chemin des Dames à l'âge de 27 ans et inhumé à CERNY-EN-LAONNOIS dans l'Aisne. Il était également cultivateur dans notre commune.

     

     

    drapeau* Clément LORIOT était canonnier au 104° Régiment d'Infanterie, il est mort le 15 Octobre 1918 à l'hôpital d'évacuation de Lyon des suites d'une maladie contractée à l'armée, à l'âge de 40 ans. Clément LORIOT, comme ses camarades Emile et Alexandre GUYON, était cultivateur à FILLÉ. Il était né le 1er Octobre 1878 à la Maison Neuve à Fillé-Guécelard. Il est inhumé dans la Nécropole Nationale La Doua à Villeurbanne (Rhône). Comme son camarade Louis RAVENEL, il s'était marié en 1906, il laisse une veuve et 4 enfants.

     

    Clément Loriot

    poilu n°1

    tombe de Clément LORIOT Nécropole de la Doua à Villeurbanne

    * Georges MALLET était le fils du menuisier de FILLE, ouvrier menuisier dans l'entreprise familiale, il était né en octobre 1882 à Spay. Il était 2° classe au 150° Régiment d'Infanterie et il a été tué le 21 Septembre 1915 à St-Hilaire-le-Grand dans la Marne à l'âge de 33 ans ;

     

     

    drapeau* Victor MORIN était 2° classe au 166° Régiment d'Infanterie et il a été tué le 18 Juin 1917 à Mont Cornilles dans la Marne à l'âge de 34 ans et inhumé à SEPT-SAUX dans la Marne ;

     

     

    poilu n°1

     

    * Raymond PAPIN, aide de culture à la Richardière avait 24 ans en 1914, il est mort en octobre 1914 à AMILLY dans la Meuse ;

     

     

    drapeau* Arthur PIERRE, aide de culture à la Livardière était 2° classe au 327° Régiment d'Infanterie. Il était né en avril 1895 à Fillé. Il a été tué le 7 Octobre 1915 à Souain dans la Marne à l'âge de 20 ans ;

     

    poilu n°1

     

    * Clovis POIRIER également cultivateur à Fillé; Il était né en Mai 1895 à Parigné-le-Polin. Il est mort au début de la guerre, le 23 Décembre 1914, à l'hopital mixte de Mamers. Il était 2° classe au 115° Régiment d'Infanterie, Inhumé dans le carré militaire du cimetière communal de ladite commune.

     

     

    drapeau* Louis QUETTIER du 313° Régiment d'artillerie lourde a été tué d'un éclat d'obus le 1er Mai 1918 et inhumé à Reningelst en Belgique. Il avait 21 ans ;

     

    poilu n°1

     

    * Auguste TOLLET domestique agricole à Spay était soldat au 53° Régiment d'Infanterie; Il était né en Août 1885 à Bessé-sur-Braye et résidait à Fillé depuis octobre 1908. Il est disparu le 18 Mars 1915 à Beauséjour dans la Marne à l'âge de 30 ans.

     

     

    drapeau* Ernest TUFFIERE était 2° classe au 67° Régiment d'Infanterie. Il était né en février 1895 à Spay et il a été tué le 15 Mars 1916 à l'Epine Lambert - St-Hilaire-le-Grand dans la Marne à l'âge de 21 ans et inhumé à MOURMELON LE GRAND dans la Marne ; il était cultivateur à Spay.

    (Source : http://www.sepulturesdeguerre.sga.defense.gouv.fr)

    image poilu : fusain et aquarelle de Camille Godet (1920) Musée des Beaux-Arts de Rennes.

     

    Reningelst

    cimetière français de Reningelst (Belgique) où est enterré Louis QUETTIER.

    La commune de Fillé honore ses poilus morts pour la France le 11 Novembre 1923

    au cours de l'inauguration du monument aux morts.

    Montages

     

     

    LE CHÂTAIGNIER DE LA MALÉDICTION :

    Au début de la route du Bur venant de Spay, à l'entrée du lotissement actuel des Fontaines (rue du châtaignier), il existe un châtaignier médiéval (environ 400 ans), de dix mètres de circonférence et dont le tronc est creux. Il a été malmené récemment, par jeu, par des jeunes de Fillé qui ont brûlé un peu de ce qui restait du tronc ce qui lui a valut le secours des pompiers qui l'ont, pour de nombreuses années encore, je l'espère, pour ainsi dire sauvé.

    Cet arbre avait été, pendant un temps, répertorié parmi "les arbres remarquables de France" et il avait abrité la statue d'une vierge dans le creux du tronc.  6822992903_57d773ab8a_b

    Vouloir brûler cet arbre serait, en quelque sorte, un sacrilège étant, comme nous l'avons dit plus haut,  un vénérable géant né à la fin du Moyen âge et surtout parce qu' on y dansait traditionnellement, autrefois, comme dans beaucoup de nos campagnes, comme on a dansé aussi autour du grand chêne situé à l'orée du bois du Gros Chesnay, non loin de la route des Vignes.

    D'après certains témoignages, une croyance populaire aurait perduré longtemps après le retour des survivants de la tuerie de 1914/18 :  il se disait dans les chaumières que les gars du village qui avaient  dansé autour du châtaignier ne sont pas revenus de la guerre tandis que ceux qui n'ont pas dansé, eux, par bonheur.... sont revenus. Cette croyance a tellement marqué les esprits que chez les anciens, certains ne voulurent jamais toucher à l'arbre lui attribuant un pouvoir maléfique.

     

     

     

    Lors de la quatre-vingtième commémoration de l'armistice, à l'appel de chaque nom énoncé par le Maire - donc bien évidemment ceux qui figurent sur le monument  aux morts - les jeunes écoliers filléens présents à la cérémonie répondirent vingt et une fois : "Mort pour la France".  Pour l'avenir de nos jeunes écoliers, nous songeons à ces jeunes gens qui avaient vingt ans en 1914, et qui, eux aussi, ont été écoliers à FILLÉ, mais qui furent fauchés en pleine jeunesse au milieu d'une folie meurtrière et qui se sont tous comportés en héros.

     

    Dans cette guerre absurde et suicidaire où périrent tant de jeunes gens dont vingt et un enfants de FILLÉ, nous sommes tous redevables à cette génération de tant de sacrifices.

    La nation française serait incapable, demain, de se mobiliser avec la détermination qui fut la sienne il y a 100 ans.

    Voilà donc qu'un siècle s'est écoulé depuis le début de la Grande Guerre et, il y a cinq ans, à l'automne 2012, l'Union Européenne s'est vu attribuer le prix Nobel de la Paix en récompense de 60 ans de paix et de prospérité, à l'heure de cette Europe unifiée, n'oublions jamais leurs sacrifices.




    La guerre de 1914/1918








     

     


    - extrait du journal "OUEST-ECLAIR" du 2 Juin 1919 sur le site www.normannia.info
    - extrait du journal "le PETIT COURRIER" d'Août 1914 et Novembre 1918.

     

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