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    Le village reste encore un village rural mais pas pour longtemps : bientôt il sera rattrapé par la ville.

    L'église est reconstruite, une église "dont le fin clocher se mire dans l'eau pure d'une rivière" chantait Jean Lumière.

    FILLÉ reste toujours un paradis pour les pêcheurs. FILLÉ accueillera, d'ailleurs en 1991, pour la première fois, un concours régional de pêche au coup organisé par le comité départemental FFPC et ouvert aux pêcheurs sélectionnés dans cinq départements des Pays-de-Loire.

    Comme nous l'avait si bien confié notre ancien secrétaire de mairie et directeur d'école dans le bulletin municipal de "la ROUE TOURNE" ; en effet, oui, lentement mais inexorablement la vie à FILLÉ avait changé et voilà que tout s'accélérait. A la différence de leurs parents, les enfants ne manquaient plus l'école pour les travaux des champs et le calendrier scolaire avait remplacé le rythme des saisons. Fini le bon vieux certificat d'études primaires qui avait marqué des générations d'écoliers : désormais, les écoliers de la "communale", après la classe du CM2, quittaient l'enseignement primaire pour devenir collégiens et le bus emmenait les enfants le plus souvent au collège de la Suze ou à PARIGNE LE POLIN.

    Et puis, aujourd'hui, il ne reste que quatre agriculteurs sur la commune. Décidément, tout avait vraiment changé...

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    La plaine de loisirs en construction dans le site de l'île de Moulins'Art en 2007.

     

     

     

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    FILLÉ DANS LES ANNEES 70....

     

     

     

     

     

    UNE HISTOIRE NAUSÉABONDE ENTRE DEUX COMMUNES VOISINES...

    En 1975, un dépôt d'ordures situé près des Gesleries à Fillé est déposé par la commune voisine de Guécelard ce qui déclenche une série de polémiques très violentes. Il faut dire qu'à cette époque, Guécelard déposait ses ordures à Fillé, et Fillé, en revanche, déposait les siennes à Guécelard...   En effet, l'ancien Maire de Guécelard possédait des terres à Fillé : une grande parcelle le long de la route du Bur sur laquelle est désormais implanté le lotissement actuel des Fontaines ainsi qu'un terrain servant d'entrepôt d'ordures, situé dans le même secteur, autour du lieu-dit de la "Petite Maisonnette"  sur lequel est implanté également un nouveau lotissement depuis 2010.   Or, devant les nuisances constatées et après une certaine exaspération, les riverains écrivent une pétition qui atterrit directement sur le bureau du Préfet sans en référer au préalable aux principaux concernés : le Maire de Guécelard, propriétaire du terrain, ni au Maire de Fillé.   Les riverains se plaignaient d'être infestés par les mouches et les rats et gênés bien sûr par les odeurs et l'un d'entre eux déclarait même une perte de bovin.    Evidemment, Guécelard ne l'entendit pas de cette oreille et le fit savoir par voie de tract distribué dans les boites aux lettres de Fillé par la voix de son Maire.   On comprend l'amertume car la prose précisait :   Et puis, tout d'un coup une levée de boucliers contre cette pauvre commune de Guécelard, qui "pollue, qui "tue" et rend la vie impossible à tout un quartier de Fillé"
    " Mais cette réclamation est en quelque sorte clandestine... : on ne l'a pas faite au Maire de Fillé, on ne l'a pas faite au Maire de Guécelard : les principaux intéressés, mais on s'empresse de faire le maximum de bruit, de recueillir bon gré, mal gré toutes les signatures possibles et l'on sait comment l'on obtient ce genre de signatures pour faire une pétition que l'on porte ou que l'on fait porter en grande pompe à la Préfecture ... qui n'en peut, mais...C'est du Clochemerle tout pur mais du Clochemerle modifié 1975..."   " et tout cela orchestré par un ou deux apprentis écologistes ; actuellement il en pleut des écologistes de salon..."  

    Depuis 1975, l'eau a coulé sous les ponts. Ce site d'enfouissement bien qu'il est disparu du paysage depuis longtemps a été répertorié dans les années 80 mais les déchets subsistent toujours.   Malgré cet incident et depuis leur séparation en Juillet 1880, les deux communes entretiennent toujours de bonnes relations de voisinage ; pour preuve, les anciens combattants des deux villages s'étaient regroupés pour ne former qu'une seule association.  

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    Un film "LE MANS" sort sur les écrans en 1971, c'est un hommage au sport automobile dans lequel STEVE MAC QUEEN s'est beaucoup investi. Malgré les dépenses excessives de tournage, ce film sera un échec commercial : c'est surtout un bon reportage sur la course des 24 Heures.  Même si on n'est pas un fan des 24 Heures on prend un certain plaisir à regarder STEVE MAC QUEEN.

    Les toutes premières images - images très fugitives - se déroulent à FILLÉ,

    STEVE MAC QUEEN qui tient le rôle du personnage principal- un pilote de course américain - est donc  passé par FILLÉ avant de reprendre la route pour le centre-ville du Mans (des témoins m'ont affirmé l'avoir vu au volant de sa Porsche dans le village).
    Ces images sont très sobres en commentaires mais on suit très bien le parcours d'une Porsche 911S qui roule entre les platanes de la route de Tours aux Hunaudières puis brusquement elle se retrouve sur le pont de FILLÉ pour déboucher à l'entrée du village, elle passe devant le "Bar des deux écoles" (devenu dernièrement le bar de l'embarcadère) et continue sa route devant l'autre bar du "Gardon Frétillant"et rapidement, elle tourne ensuite en direction de la rue du Canal et disparaît pour réapparaître aux ... Jacobins près de la Cathédrale du Mans.

    On a l'impression que la Porsche passe dans un village désert et pour cause, en effet, les riverains de la rue du Passeur avaient tous reçu pour consigne de fermer leurs volets (?) bref, cela donne l'impression de traverser un village d'apparence plutôt " tristounet". 

     

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    Chad, le fils de Steve Mac Queen, est venu à Fillé le 5 Juillet 2014 à l'occasion de la manifestation de "Le Mans Classic" au volant de la Porsche 911S pour tourner un documentaire qui retrace notamment la période du film "Le Mans". La Porsche 911S a été glorifiée dans le film-documentaire dédiée à la course automobile au Mans.

    (Photos aimablement fournies par Jean Bodet 07.07.2014)

     

     

     ci-dessous, très rare affiche de cinéma italienne du film "LE MANS" produit en 1971 :

     

     

    Fillé dans la fin du siècle dernier

     

     

     

    Pour continuer sur le chapitre sportif : un club de football est crée fin des années 70 juste après l'arrivée de la première vague des nouveaux résidents. Aucune discipline sportive n'avait jamais fait son apparition dans le village. Gérard CHOISNET, un fanatique du ballon rond envisage donc la création du club de foot en 1978 après avoir constaté que nombre de jeunes filléens et beaucoup de seniors évoluaient dans les villages voisins. Il en est donc le président-fondateur : avec 50 jeunes et 40 seniors dès la première saison, la jeunesse existait bien à FILLE.

    (Voir la suite sur l'article "Création et Début de Fillé-Sports 1978/1984).

     

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    Ci-dessous le club a fêté ses vingt ans entre le président-fondateur G. CHOISNET, au centre et le président en exercice à gauche.

    LU DANS LE MAINE LIBRE

     

     

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    En 1999, à l'issue d'une cérémonie d'anniversaire de la création du club qui était à l'époque dirigé par Monsieur Jean-Louis EVEN, le président fondateur de Fillé-Sports, Gérard CHOISNET, était alors maire de la commune. Ce dernier a conté aux personnes présentes, non sans émotion, les débuts de cette formidable aventure.

     

    Fillé dans la fin du siècle dernier

    En 1984 : Un groupe de supporters sur le parking du stade. A droite, le président-fondateur de Fillé Sports

     

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    Dans les années 80, un défilé de carnaval est organisé dans le bourg auquel participent les enfants des deux écoles du village : l'école libre et l'école publique.

    Les enfants font une ronde devant l'église...

     

     

     

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    En 1977, départ des soeurs d'Evron de l'ECOLE SAINT CHARLES qui se répartit en deux classes. En 1978, avec l'afflux de la première vague de "nouveaux résidents" ce sera l'ouverture d'une troisième classe et en 1986, l'ouverture d'une quatrième classe.

     

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                 FILLÉ DANS LES ANNÉES 80...

     

     

     

     

     

     

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    Le premier bulletin communal LA ROUE TOURNE fut créé en 1981.  A la fin de l'année 1981, le Maire de l'époque, Jules DENET écrivait le mot de Monsieur le Maire et disait bien modestement : "CHERS ADMINISTRES
    L'année s'en est allée, c'est le moment où nous devons vous rendre compte puisque vous nous avez fait confiance.


    L'œuvre que nous menons quotidiennement pose tant de problèmes qui se chevauchent et qui de plus demande urgence à résoudre, à aplanir, à discuter que les effets attendus pointent longtemps après leur surgissement et ne sont point tapageurs mais exigent constance et fermeté pour bien les mener, alors que votre impatience, dès l'annonce d'un projet, à hâte de concrétiser l'ouvrage.

    Ce travail aux résultats lointains se poursuit, notre commune s'agrandit entraînant ainsi des charges nouvelles, des difficultés imprévues et aussi des choix de priorité en l'avenir immédiat et à long terme.

    Notre tâche n'est pas toujours aisée mais nous pensons agir de notre mieux avec les moyens dont nous disposons....".

    Et oui, brave Monsieur DENET qui, désormais reposé en paix dans votre village de la Chapelle aux Choux,  d'autres plus récemment, en d'autres termes nous ont signifié la même chose, la tâche quotidienne est rude. Le métier de maire est un métier de patience, ce n'est pas un métier facile.  Les projets sont longs à se concrétiser du fait de la multiplication des normes, des études, de l'intervention des organismes régaliens....etc. 

    Retour aux années 80 : une salle des fêtes est construite après le pont du canal pendant le mandat de Mr BOUL juste auprès du terrain de football sur un terrain lègué par deux institutrices au CCAS, bénéficiant ainsi du parking du terrain de foot. Puis, le premier lotissement sort de terre.

    En 1988 est créé un club de loisirs : c'est l'association qui compte depuis vingt ans le plus grand nombre d'adhérents pour des activités aussi diverses que la randonnée pédestre, le théâtre, la chorale, la peinture, etc... Après trois années d'existence, l'atelier peinture-dessin avait décidé d'élargir son horizon à l'occasion de l'expo peinture annuelle.

    La situation du village au bord de la Sarthe, ses maisons, son moulin, ses demeures et châteaux ainsi que ses ponts en font tout son charme : un cadre propice à la promenade et à la création artistique

    Ainsi,  jouant sur l'originalité locale, le club Loisirs avait-il décidé d'organiser un week-end "peinture en liberté" : sorte de concours réservé aux amateurs de la palette et du chevalet dont le succès ne s'est jamais démenti mais qui a été victime au fil des années de la concurrence des autres communes qui ont également fait le choix d'organiser une telle manifestation.

     

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    Ci-dessus, lors d'une manifestation en septembre du concours "Peinture en Liberté"


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    En Septembre 1989, l'agence postale a été garantie et installée dans l'urgence dans les murs de la Mairie.  Après avoir occupé un local exigu à côté de cette dernière, la Poste a adopté le bureau du Maire, plus vaste et mieux adapté à la réception des clients. Résultat : le premier magistrat de la commune s'est retrouvé à l'étage supérieur cédant bien volontiers la place à l'agence postale.

      C'est la seule commune du canton de la Suze qui abrite la Poste dans les locaux communaux. Puis, récemment, en septembre 2009, on prend connaissance d'un "tract"circulant dans les boîtes aux lettres de la population appelant à une consultation nationale sur la privatisation de la poste, on lit aux verso de ladite feuille que Chemiré-le-Gaudin et Fillé sont "désormais" des agences postales communales.

     

     

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    Fin des années 80, grâce à des amateurs et passionnés de voitures anciennes, une manifestation est organisée à Fillé avec le concours du Festival Rétrospective Auto moto Mécaniques Anciennes de la Sarthe, de la municipalité de Fillé et du Club Loisirs  : le Festival Henri Vallée du nom du célèbre constructeur automobile, l'enfant du pays qui donna aussi son nom à la salle des fêtes.

     

     

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    Le Maire passager dans un véhicule de collection en 1989 sur le pont du canal.

     

    Le deuxième festival Henri Vallée connaitra, un dimanche de Mai 1989, comme celui de l'année 1988 un retentissant succès : à manifestation exceptionnelle, organisation exceptionnelle, aussi au cours de cette journée qui vit une forte concentration automobile le village de Fillé a connu une affluence extraordinaire.

    On assista à des prises de vue sur la pelouse du château du Gros Chesnay avec quelques participants en costume d'époque. Une photographie fit d'ailleurs la une du journal local (ci-dessus).  

     

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    un vieux tacot arrive près de l'ancienne grange du moulin

     

     

    Plus tard, quand la commune prit possession du moulin, les randonneurs étant conquis par les lieux, les rallyes automobile de l'association s'achevèrent souvent à FILLE (ou bien quelquefois même y prirent leur départ, dès le café avalé, à la fraîcheur du matin).

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    LE PARRAINAGE DE FILLÉ AVEC LE VILLAGE ROUMAIN DE CERVICESTI EN MOLDAVIE

     

    En 1989, sur proposition de la Coordination "Opération Villages Roumains", FILLE adopte le village roumain de CERVICESTI en MOLDAVIE, à l'extrême nord-est de la ROUMANIE presque à la frontière russe, village destiné à être rasé sous l'administration de CEAUCESCU. On pensait ne jamais connaître ce village ; or suite aux évènements de décembre 1989, ce parrainage prend une toute autre dimension.

     

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    La nouvelle école de Cervicesti construite en 1995 (presque en même temps que le nouveau groupe scolaire de Fillé).

     

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    extrait du courrier reçu à l'association en mai 2000.
     
     
    VOIR SUITE SUR L'ARTICLE "FILLÉ et CERVICESTI".
     
     
     
     
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                        FILLÉ DANS LES ANNEES 90...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En Juin 1990, il y avait cinq artisans à Fillé dont une entreprise de charpente-menuiserie, soit :

    1. un peintre

    2. un électricien

    3. un plombier-chauffagiste

    4. un plâtrier

    5. une entreprise de charpente-menuiserie

    Il y avait également huit commerçants :

    1. un café-tabac "Le Santiano"

              un café "Le Trut" (à l'emplacement du "Gardon Frétillant)

    1. un boucher-épicier

    2. un boulanger

    3. une auberge "Le Rallye"

    4. un restaurant "Le Barrage"

    5. un garagiste

    6. un radiesthésiste

    Il y avait dans le domaine santé un médecin et deux infirmères

    une industrie subsistait encore : "Les Carrières du Maine" .

    Alors qu'en mai 2001, nous comptions désormais huit artisans ; en effet, en plus des cinq détaillés plus haut, il y en avait trois autres :

    - une entreprise d'électricité industrielle, un serrurier, un pépiniériste et un second plombier chauffagiste alors que le peintre avait quitté la commune.

     

    Par contre, il y avait trois nouvelles entreprises (B.T.P. LEROUX, O.T.S. et SERVIBAT) et un ingénieur indépendant. Mais les Carrières du Maine avaient déserté la commune.

    Dans le domaine de la santé, seule reste le médecin mais les deux infirmières n'exercent plus.

     

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    LE CLUB DES ANCIENS, TRÈS DYNAMIQUE, EST PRÉSIDÉ EN 1990 PAR MADAME DUPLAN, PUIS QUELQUES ANNÉES PLUS TARD, MADAME LORY LUI SUCCÈDE.

     

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          Voyage à Honfleur en juin 1992 ; beaucoup d'anciens qui figurent sur la photo sont malheureusement disparus. A l'extrème droite, Madame Duplan et 4ème en partant de la droite, le Maire et son épouse. Sur le chemin du retour, les participants ont pu visiter la fabrique de calvados du Père Magloire avec dégustation, bien sûr. Tous sont revenus enchantés de ce déplacement.      

     
     

    CONSTRUCTION DU GROUPE SCOLAIRE EN 1992

     

    En 1992, la mairie s'agrandit grâce à la construction du groupe scolaire qui a libéré la classe des grandes sections permettant ainsi de réaliser une salle de conseil et des mariages

     

    document personnel.


     

    photo ci-dessous, le Maire officiant un mariage dans la mairie réduite à la simple salle de l'accueil en 1990.

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    En effet, en 1992, le village s'enorgueillit d'un groupe scolaire tout neuf capable de répondre aux besoins d'une population rajeunie car FILLE compte de plus en plus d'habitants. Fillé avait réellement besoin d'une véritable école. Jusque là, les enfants des classes maternelles et primaires se répartissaient tant bien que mal, dans cinq classes, aux quatre coins de la commune. Pas très pratique pour les parents qui devaient accomplir un véritable marathon pour emmener ou aller chercher leurs enfants à l'école. Pas très efficace non plus pour les enseignants. Salles surchauffées l'été, glaciales l'hiver, sanitaires inutilisables à cause du gel , la situation ne pouvait plus durer.

                                   

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    La classe du Directeur, Monsieur GAULIN, pose devant la Mairie en 1984.

    Les anciens locaux libérés ont servi de salle du conseil pour la Mairie après 1992.


    Le Maire souhaitait un chauffage bien adapté aux besoins des enfants et des enseignants alors en concertation avec les parents d'élèves, les enseignants, de membres du conseil municipal et de l'architecte de l'école, il s'est constitué un groupe de travail qui a abouti à des solutions plus que performantes en matière de chauffage. Il a été installé un plafond rayonnant sur l'ensemble du bâtiment , un système invisible, qui libère l'espace et assure une sécurité totale dans la mesure où les enfants n'ont aucun contact avec les éléments chauffants.

     

       

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    document collection personnelle

     

     

     

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    visite de l'école en construction avec le Maire (à droite).


    Le groupe scolaire a ouvert ses portes en septembre 1992 mais en 1991 une cérémonie symbolique a eu lieu : la POSE DE LA PREMIERE PIERRE en présence de l'inspecteur départemental de l'enseignement primaire et des quelques 100 élèves scolarisés à Fillé ainsi que des enseignants et parents d'élèves. G. CHOISNET, maire, le temps d'une photo a joué les maçons en ayant soin, au préalable d'enfouir au creux de sa première pierre - ou plutôt du premier parpaing - un parchemin de sa main écrite relatant ce jour important. La chasse au trésor n'en est pas pour autant ouverte et personne ne sera sans doute plus là quand le parpaing livrera son secret !

       

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    L'école dont  le Maire est si fier est au cœur d'un champ de connaissances. Alors que les écoliers de demain seront sûrement plus à l'aise avec la souris optique que le stylo à quatre couleurs, notre école s'était équipée d'une salle informatique qui a du perdurer jusqu'en 2008 et cela afin de mettre en regard d'un enjeu constant : celui de la réussite scolaire et de l'égalité des chances.

    Qui a eu cette idée folle de réinventer l'école ?

    CI-DESSOUS, LE MAIRE DEVANT SON ECOLE TOUTE NEUVE

         

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    CETTE CONSTRUCTION SYMBOLISE L'ESSOR DYNAMIQUE QU'A CONNU FILLE DEPUIS 1990 : EN 1990 = 830 HABITANTS ET EN 2008 = 1486.
     

         

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            extrait archives OF article du 14/12/1992 :     Inauguration du groupe scolaire

    "Prix d'excellence pour Gérard Choisnet et son équipe"

    L'inauguration du groupe scolaire a connu l'affluence des grands jours. En présence de nombreux maires du canton et du sénateur Chaumont, François Fillon a coupé le cordon bleu-blanc-rouge.

    D'entrée de jeu, M. Dauty, inspecteur d'académie, a tenu à décerner deux prix d'excellence, l'un pour Gérard Choisnet et son équipe municipale, l'autre pour M. Geffroy, architecte. Il est vrai que l'on ne construit pas une école tous les jours. La situation à Fillé était depuis longtemps chaotique, avec des classes réparties aux quatre coins de la commune. « Il m'arrivait de ne voir mes collègues qu'une fois par mois », indique le directeur. Aujourd'hui, les enfants bénéficient d'un lieu de vie moderne, lumineux et spacieux, les enseignants possèdent une salle pour se réunir, une bibliothèque a été ouverte et la grande salle polyvalente permet de s'initier aux joies du sport en hiver. François Fillon a rappelé « son attachement à l'égalité des chances sur l'ensemble du territoire, les communes rurales et péri-rurales doivent pouvoir elles aussi offrir un enseignement de qualité, dans de bonnes conditions, à tous les enfants ». Une opération de 4,7 millions de francs, dont 2,2 millions d'emprunts pour la commune. « Notre situation financière saine nous a permis de boucler ce dossier sans endetter la commune et sans augmenter la pression fiscale », explique Gérard Choisnet.

    Devoir accompli pour l'équipe municipale.  

    Parallèlement, à la construction du nouveau groupe scolaire, une garderie péri-scolaire a été créée en 1992 qui fonctionnait alors dans les locaux annexes de la Mouffette.

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     FILLOU la mascotte de l'école de FILLÉ !

    Les parents d'élèves ont créé l'association des Amis de Fillou vers 2007 avec une superbe mascotte adorée des enfants.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    En Février 1994, grâce à la forte motivation de Sylvie BODIN, qui fut ensuite puéricultrice à la MOUFFETTE,  la commune a ouvert une halte-garderie avec l'aide de Familles Rurales mais cette activité n'a pu perdurer dans le temps car elle fonctionnait dans les mêmes locaux que la garderie péri-scolaire et cela a causé rapidement des problèmes d'organisation. Depuis cette activité a été reprise par la communauté de communes mais à l'époque de son ouverture en 1994 dans les locaux de la MOUFFETTE, FILLE était la seule petite commune de la SARTHE a offrir cette activité de la PETITE ENFANCE.

     

     

     

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    ci-dessous, inauguration du local de la halte-garderie de "la Mouffette". Les élus coupent le cordon tenu par Mesdemoiselles LECOLLE et BODIN. A gauche, un peu en arrière-plan, Sylvie Bodin qui fut à l'initiative de cette activité sur la commune.  

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    Fin d'année 1996, le Maire informe son Conseil que les objectifs du contrat ENFANCE signé avec la CAISSE D'ALLOCATIONS FAMILIALES de la SARTHE ont été atteints suite à la création de la Halte-Garderie en février 1994 et à l'habilitation de la Garderie Péri-scolaire en 1995. A chaque échéance du contrat, le Maire rencontrait le personnel habilité de la CAF pour le renouvellement. 

     

     

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    En concertation avec l'association filléenne de Familles Rurales, des Centres de Loisirs sans hébergement ont été ouverts toute la journée aux petites vacances scolaires ainsi que pendant les vacances d'été.

     

     

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    En 1994, Gérard CHOISNET, Maire, fut un des fondateurs de la Communauté de Communes du Val de Sarthe dont les compétences prennent de plus en plus de place sur notre territoire. Il est nommé Vice-Président  en charge de la commission "Tourisme". Il travaillera en étroite collaboration avec les acteurs du "Pays Vallée de la Sarthe" afin de promouvoir une politique de développement touristique dans la région de la vallée de la Sarthe.

     
     
     
     
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    En 1993, la municipalité attribue des noms et des numéros aux rues afin de faciliter la recherche des habitants, ainsi la rue de la Gare, l'impasse Henri Vallée, la rue de Montalaume voient le jour à la grande satisfaction du facteur. 

     

     

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    Lu dans le Maine Libre Janvier 1995 ci-dessus et ci-dessous
    Pour faire face à la montée des eaux en Janvier 1995, la Commune très organisée met tout en oeuvre aidée du personnel communal, des bénévoles et des pompiers du Service d'Incendie du Mans dépêchés sur place.

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     pas que des paroles : des actes !

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    UNE PREMIERE POUR LA COMMUNE

     

    Un nouveau chantier avance à grand pas, derrière l'école, en 1994 : six logements locatifs. Dans un premier temps, l'équipe municipale avait songé à implanter ces nouvelles constructions, en plein centre bourg  avec une entrée directement par le lotissement de Beausoleil. Après réflexion et concertation avec les habitants de Beausoleil, il est apparu que le terrain disponible non loin de l'école était un meilleur choix. En effet, l'axe de développement se trouve précisément là, dans l'ancien quartier de la gare, en suivant l'ancienne voie de chemin de fer. La municipalité avait pris en charge la viabilité du terrain (voierie, tout à l'égoût). Depuis, il y a un nouveau projet de locatifs à l'emplacement même où devaient se situer les six premiers c'est-à-dire dans le centre-bourg..

     

     

     

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    LU DANS LA PRESSE LOCALE OUEST FRANCE CI-DESSOUS :

     

     

     

    En 1994, a été créé à FILLÉ un club nautique d'aviron (quatrième club de la Sarthe derrière le Comité départemental, l'US.M et le club SABLE NAUTIQUE AVIRON). Sensibilisée par l'implantation d'activités nautiques sur la commune, la municipalité s'est aussitôt chargée de mettre à leur disposition le terrain disponible le long de la Sarthe avec un petit local (ancien chalet au 6 de la rue du Pont). Les bénévoles du club se sont rapidement mis à la tâche et ont construit un hangar à bateaux qui a été inauguré en présence du Maire.
    Ce club avait été créé à l'initiative de Monsieur BERSON qui était membre de la section AVIRON de l'U.S.M. et membre du comité départemental aviron. Lors de la première assemblée générale sous la présidence d'honneur de Monsieur G. CHOISNET, maire de FILLÉ, les Filléens ont été sollicités pour compléter le bureau.

    Cette implantation d'activités nautiques devait permettre aux jeunes une ouverture à la pratique du canoë et de l'aviron. D'ailleurs, en 2002, certains jeunes de FILLÉ se sont distingués au critérium national de Brive.

    Les évolutions sur la rivière Sarthe ont lieu généralement le dimanche matin .

     

     

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    En présence des membres, le Maire baptise "FILLE SUR SARTHE" devant le hangar du club d'aviron.  

    Pour clore ce chapitre sportif, rappelons enfin qu'à la fin des années 90, eut lieu à FILLE l'assemblée générale du cyclisme départemental.

     

     

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    LE CONSEIL MUNICIPAL SE PORTE ACQUÉREUR DE L'ÉTANG DE LA ROUTE DE VOIVRES.

     

    Fin des années 90, la commune avait choisi de préserver l'avenir en se portant acquéreur de l'étang de Champfleury mais ce site superbe fut rapidement investi en 2005 par une association de pêche.  Auparavant, rien n'avait été décidé quant à son utilisation et nombreux étaient les ornithologues qui venaient fixer leur objectif pour observer et photographier les oiseaux migrateurs. Les mouettes qui étaient installées dans l'île, début des années 2000, ont maintenant toutes disparues, au grand regret des chasseurs d'images et des amoureux des oiseaux. 

     

    En observant les oiseaux à cette époque, nous ne pouvions imaginer que, dix ou onze ans plus tard, cet étang allait être le théâtre d'un massacre de bernaches en pleine période de mue. Comme le lecteur d'O.F., nous nous sommes offusqués de la destruction en grand nombre de ces oies, le mardi 5 Juillet 2011, alors que cette espèce était protégée jusqu'en 2009. Nous ne comprenons pas et nous demandons : Pourquoi ? (voir article du journal O. F. du 18.7.2011 "La bernarche du Canada malvenue en Sarthe")

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    Lu dans le Maine Libre

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    L'ELECTRIFICATION RURALE

     

    Il suffit, désormais depuis plus de dix ans, de traverser le village pour mesurer l'impact spectaculaire qu'a opéré l'enfouissement des réseaux électriques et téléphoniques aériens.

    Un véritable bain de jouvence environnemental et d'embellissement pour notre petit bourg.

     

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    Dessin de Frédéric PIQUET : la rue du Passeur avant l'enfouissement.

     

    Les nouveaux lampadaires en 2004 route de la Libération.

    En effet, fin des années 1990, les poteaux téléphoniques et télégraphiques du centre-bourg disparaissent du paysage pour laisser place à de très beaux lampadaires et en 2004, la commune s'engage dans des travaux d'éclairage public et de voirie route de la Libération. Elle en a profité pour enfouir également le réseau Télécom dont 30 % du financement restant à sa charge et a entrepris la première phase d'enfouissement électrique et télécom sur une distance de 50 mètres rue de la Libération avec création de trottoirs et voies internes dans les lotissements du Perroquet et des Fontaines permettant une liaison piétonne et cyclable entre-eux afin de rejoindre le groupe scolaire.

     

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    Un nouveau lotissement est sorti de terre en 1993 avec la création d'un axe de développement derrière l'école : la rue de la Gare ce qui fait qu'entre l'année 1990 et l'année 2008 (fin du troisième mandat du Maire), la population filléenne a doublé : "évoluer harmonieusement en préservant notre cadre de vie" tel était le slogan de la municipalité en 1994.

     

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    UNE RIVE A L'AUTRE, EN 1994, CONSACRE UN ARTICLE A FILLÉ ET LUI ATTRIBUE DEUX LIBÉLLULES

        

     

    Parmi les 74 idées de balades au bord de l'eau recensées par le guide touristique régional "d'une Rive à l'Autre" paru en 1996, figure Fillé-sur-sarthe qui reçoit "deux libellules".

    Une prime d'image pour ce petit bourg de 1086 âmes (le journaliste de notre journal local note 30 % d'augmentation de population entre les deux recensements : preuve de dynamisme de la commune). Quant aux commentaires du guide touristique, ils soulignent que "A Fillé sur sarthe, la vie s'écoule au fil de l'eau comme un long fleuve tranquille. Mais attention ! ne vous fiez pas aux apparences, derrière ses airs paisibles, ce petit bourg attire en nombre les amoureux de la nature. Et c'est bien normal, les chemins le long des berges sont jolis, fleuris..." Bref, le maire ainsi que les habitants ont toutes les raisons d'être fiers et ils ne s'en cachent pas, de figurer dans ce guide.

     

     

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    EN 1995 :

    VOLONTE CONJOINTE DU MEUNIER PROPRIETAIRE ET DU MAIRE DE LA COMMUNE DE RE-INSUFFLER UNE NOUVELLE VIE AU MOULIN DE FILLE

    voir SUITE SUR L'ARTICLE "LE SITE DE L'ILE DE MOULINS'ART"

     

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    Lu dans le Maine Libre

     

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    photo collection particulière
     

    Les enfants des deux écoles et la musique de Spay lors du cinquantième anniversaire de la Libération de Fillé.

     

     

     

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    Le soir, le village s'est soudainement rempli dépassant les espérances des organisateurs qui ont été récompensés, par les applaudissements nourris des quelques 2500 spectateurs rassemblés au bord de la rivière quand apparut juste après minuit le spectacle pyrotechnique. La mise en scène a été réalisée en trois parties dont la seconde était axée sur l'histoire locale. Que de bons souvenirs de cette soirée d'été : tout simplement magique ! un véritable déluge d'illumination a marbré une nuit claire avec l'apparition de centaines de ballons symbolisant le lâcher des parachutistes sur la terre de France.

     

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    photos collection particulière

    défilé de passionnés de voitures militaires lors de la fête du cinquantième anniversaire de la libération de Fillé

     

    ci-dessus et ci-dessous

     

     

     

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    photo collection particulière

    Les enfants entourent le Maire pendant la cérémonie du cinquantième anniversaire de la Libération

    lors du rassemblement autour du monument aux morts.

     

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    LE FLEURISSEMENT DE LA COMMUNE RECOMPENSÉ

     

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    DIPLOME D'HÓNNEUR DE LA FRANCE FLEURIE EN 1998 ET DIXIÈME PRIX DÉPARTEMENTAL

    APRÈS UN PRIX D'ENCOURAGEMENT EN 1995.

    Lu dans  "LE MAINE LIBRE" de Janvier 2004

     

    Chaque année - jusqu'en 2008 - à l'occasion des voeux du Maire, la commission "VIE ASSOCIATIVE" remettait aux lauréats du concours des Maisons Fleuries une juste récompense - sous la forme d'une corbeille fleurie - à leurs efforts en matière d'embellissement de la commune. C'était un moment fort de convivialité de cette petite manifestation. Cette initiative était unanimement appréciée des filléens car c'est un fait qu'il est plus agréable de vivre dans un cadre fleuri et entretenu,  plus agréable que de constater une dégradation et un manque d'entretien chroniques ...

     

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    extrait archives OF article du 27/12/1997 :

     

    extrait archives OF du 12/3/1998.

    "La dernière livraison de « La vie mancelle et sarthoise » consacre une pleine page à Gérard Choisnet. Alain Moro nous raconte le dernier TGV du maire cheminot de la commune.Gérard Choisnet est désormais à la retraite depuis le 27 décembre dernier. Fils de cheminot, il a, comme son père Paul, conduit des trains. Son dernier TGV a été, comme le veut la tradition, l'occasion d'un accueil chaleureux en gare du Mans. Ses nombreux amis ont attendu sur le bord du quai l'arrivée de la longue machine grise et effilée en provenance de Nantes. Alain Moro a participé à ce voyage. Il nous conte les impressions d'un voyageur anonyme, et nous livre une partie de la vie professionnelle de Gérard Choisnet et de son père, Paul. Maire de Fillé depuis 1989, M. Choisnet est un véritable passionné de la vie locale, il a été candidat aux élections cantonales de 1994. L'élu profitera de sa retraite pour faire du vélo et... se consacrer encore plus activement à ses administrés. Pratique. - « La vie mancelle et sarthoise », no 337, mars-avril 1998".

     

     

     

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    UN PROJET DE RESTAURANT SCOLAIRE DEJA DANS LES CARTONS EN 1998 !

     

    "Restaurant scolaire. - La cantine a besoin d'être agrandie, elle fonctionne aujourd'hui à « plein régime » et la programmation de nouvelles constructions permet de penser que de nouvelles inscriptions se feront jour lors de la prochaine rentrée scolaire. Dans ces conditions, Gérard Choisnet propose de lancer une procédure pour choisir un architecte afin de réaliser une étude d'impact et une simulation financière. Le projet devra comprendre l'agrandissement de l'école, la construction d'un restaurant scolaire avec une intégration de la garderie périscolaire et de la halte-garderie."

    extrait archives OF du 31 Octobre 1998

    Finalement ce restaurant scolaire ne sera réalisé qu'en 2013 car le projet d'agrandissement du groupe scolaire a primé sur celui d'une cantine.

     

     

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    VŒUX DU MAIRE DE JANVIER 1999

     

    "Gérard Choisnet a présenté ses voeux devant un public nombreux. La commune connaît un dynamisme certain : vie associative, projet touristique avec le moulin, augmentation de la population et construction de nouvelles infrastructures.« L'année 1999 sera marquée par de nombreux changements : la révision du plan d'occupation des sols sera achevée, les enquêtes sur l'assainissement permettront par ailleurs d'y voir plus clair, le programme d'enfouissement des réseaux devrait connaître une nouvelle tranche, sans doute dans le centre-bourg".

    extrait archives OF du 21/1/99.

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    SUITE AU PROJET DU SITE DU MOULIN, ACHAT PAR LA COMMUNE DE 2 HA DE TERRAIN
     

    "Projet du moulin : après l'acquisition par la communauté de communes du Val de Sarthe du site du moulin de Fillé, il restait à acheter, par la collectivité locale, 2ha de terrain pour s'assurer d'une maîtrise foncière totale, permettant la réalisation du projet de centre de loisirs fluvial. A l'unanimité, le conseil municipal a donné son accord".

    extrait archives OF du 17/9/99

    (le conseil avait voté cet acquisition à l'unanimité mais un membre de l'opposition (il était le seul) manifestait de l'empressement pour le revendre la CDC du Val de Sarthe...° 

     

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    EN OCTOBRE 1999, LE CLUB NAUTIQUE DISPOSE DÉSORMAIS D'UN GARAGE A BATEAUX
     

    "Le club nautique de la commune dispose désormais d'un garage à bateaux. Ce bâtiment permettra de stocker du nouveau matériel. La pratique de l'aviron devrait donc pouvoir se développer.' Le hangar a été entièrement construit par les bénévoles du club ' , précise le président, M. Jean Berson. La commune a apporté sa contribution en matériel ', ajoute Gérard Choisnet. Bref, la collaboration a été parfaite. Le bâtiment va permettre au club, créé en 1993, de se développer. ' Nous avons acheté une remorque pour pouvoir participer aux régates qui se déroulent à l'extérieur, nous pouvons désormais envisager d'acheter de nouveaux bateaux ainsi que du matériel d'initiation ', indique le président. Situé en contrebas du pont de Fillé, le siège du club nautique rassemble une trentaine d'adhérents. Un ponton de 12 m complétera prochainement cet équipement.Gérard Choisnet, maire de la commune, et M. Pierre Lefèbvre, suppléant de François Fillon ont inauguré la nouvelle installation".

     

     

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    photo et article ML d'Octobre 1999
     
     
     
     
     
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    LES TEMPS FORTS DE LA CONVIVIALITÉ

     

     

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    photo collection particulière


    Fin des Années 90 : déjà un avant-goût de guinguette sur notre site du moulin !
    avec la très sympathique association de véhicules anciens de l'ECURIE DE L'AGE D'OR DES CENOMANS dirigée par Monsieur PAGEOT et réunie près des bâtiments de la ferme à l'occasion d' un pique-nique organisé par une belle journée d'été

     

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    L'église au cours de sa reconstruction dans l'après-guerre

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    Dessin de Frédéric PIQUET : la rue du Passeur et l'église reconstruite ci-dessus et ci-dessous

     

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    Bernard Pouchèle, écrivain, originaire du Nord, décédé récemment à Sablé en mars 2013 -  avait été marin et instituteur. Il avait laissé tomber les voies normales pour la marginalité et la route. Puis, un jour, il a pansé ses blessures par l'écriture. Il a publié "L'étoile et le vagabond ; La Flamande en 1995 Les Porcs de l'Angoisse". Puis il a posé son sac à l'abbaye de Solesmes : il était tombé amoureux de la Sarthe...
    En 1997, il avait publié "La mémoire est au fond de la Sarthe" aux Editions "Terre de Brume" préfacé par Pierre Josse avec des photographies de Jean Distel.

    Bernard Pouchèle et Jean Distel sont venus, un jour, à la rencontre du Maire de Fillé et de quelques habitants de la commune dont René lorsqu'il habitait encore la plus ancienne maison de Fillé. Tous les trois avaient accompagné Gérard Choisnet dans sa promenade vers le moulin à l'heure où la commune venait d'en prendre possession. En visitant le moulin, Bernard Pouchèle trouvait, derrière les premiers sacs de plâtre, de l'inspiration pour son prochain livre. Ils évoquaient déjà la possibilité - dans un futur que le Maire n'espérait pas trop lointain - de voir une guinguette animer les lieux et l'écrivain vagabond enrichissait la conversation en disant : " Gérard, je viendrai dans ta guinguette et j'y boirai un petit verre de blanc".

      Puis le temps a passé, la guinguette s'est ouverte oui, mais quinze années plus tard et Bernard Pouchèle n'est jamais venu y boire son verre de blanc.
    Bernard Pouchèle a consacré un chapitre entier à Fillé et son moulin : il écrit avec humour

    "Il est un village qui se blottit, gentil sinon coquin, dans des ocres, des turquoises et des bleus assoupis, contre les rives, lentes là-bas de la Sarthe. Et ce village s'appelle Fillé. De Filictum peut être qui signifiait fougères. Aux dires des historiens, de fille plus certainement, tant il y a de séduction..."

    "Située à une portée de canon du Mans, bourgade chaude, elle est sise juste sur le parallèle médian qui fait frontière douce entre la métropole rouge et les campagnes blanches autour. Voilà l'explication, qui sait, de ses édiles qui sont comme ses couchers de soleil, rose tendre.

    Fillé est de ces bourgades qui ont l'intelligence des villes, le sens populaire des banlieues sans pour autant renier la mémoire lente des campagnes. Elle subit, elle a subi et elle subira ces trois influences. Et Fillé semble rêver au bord de ses rivières.... "

    "
    C'est bien. C'est beaucoup. Mais elle a en plus et surtout son moulin. Un moulin des temps utiles. Du temps où le pain avait des odeurs de farine. Du temps où les rivières servaient au-delà des touristes. Un moulin sur la Sarthe avec des airs d'inutilité gentille ou de retraite bucolique. Un moulin muet. Que c'est mélancolique quand même un moulin qui dort.

     
    Alors un jour, Monsieur le Maire et ses administrés tant de gauche que de droite, ont décidé de ressusciter l'Histoire et de faire revivre ce moulin.

    On y fait des travaux. On y gâche du plâtre. Mais pas comme on gâchait le plâtre dans le moulin de Maître Cornille.


    Et demain, le vent emportera des poussières blanches et des odeurs de froment..."

     


    document personnel

     

     

     


    photo document personnel
    Je suis ni de gauche ni de droite,
    je suis dans la merde
    et cela ne porte pas toujours bonheur
    Georges PERROS
     
    (Echancrures) CALLIGRAMMES
    EN RESUME  : LORSQUE L'ON EST ELU ET AU SERVICE DE LA POPULATION, ON N'A NI LE OOEUR A GAUCHE, NI LE COEUR A DROITE.

    Les Maires du dernier millénaire auront été Messieurs VAIDIE, DENET, BOUL et CHOISNET. Malgré des divergences d'opinion, il y a toujours eu une grande estime entre-eux et leurs relations seront établies sur le respect mutuel. Il n'en sera pas toujours le cas, dans le futur : depuis 2001, coups tordus et machinations politiques ont été les seules motivations pour certains mais la pratique crapuleuse de l'élimination de l'adversaire par la salissure salit également les auteurs. Les villes de si faible population seraient-elles déjà très politisées ? voire trop...  Il appartiendra aux autres générations, en tous cas, d'écrire l'histoire du village du nouveau millénaire.

        
     

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    sur le parking du stade de foot dans l'ambiance de la fête en juin 1990 (photo collection particulière)
     
     
    Sources et informations :
    - Archives Mairie de FILLE
    - texte de Bernard POUCHELE sur son ouvrage "LA MEMOIRE EST AU FOND DE LA SARTHE" des Editions "Terre de Brume" dont un exemplaire a été dédicacé à l'attention du Maire de Fillé.
    - archives "LA ROUE TOURNE" d'Octobre 1999.
    - archives "LA ROUE TOURNE" de décembre 1981
    - photo de la première page de la première " ROUE TOURNE" de 1981

     

     

    Ce récit de notre histoire commune s'achève avec ces années 2000, l'an 2000 était chargé de symboles car depuis notre enfance, quel que soit notre âge, il symbolisait le futur et voilà que ce futur est devenu une réalité depuis dix-sept ans (déjà ?). L'année 2000 dans la commune a dû être jalonnée d'évènements divers comme toutes les autres années, elle était préélectorale car des élections municipales ont eu lieu en 2001 avec la réélection de Gérard CHOISNET qui deviendra à la fois le dernier maire du second et le premier maire du troisième millénaire.

    Un nouveau lotissement sortira de terre en 2002 route du Bûr à l'emplacement même du terrain qui restait toujours envahi de ronces entre le gros châtaignier et l'embranchement avec la route de Voivres.
     
    Un dernier recensement complémentaire a eu lieu en 2007 avec un résultat homologué au 1er Janvier 2008 organisé par la direction générale de l'INSEE géographiquement compétente. Sans ce vénérable institut, comment saurait-on que FILLE SUR SARTHE, petite commune du sud-Sarthe a - enfin - franchi la barre de 1500 habitants après l'avoir frôlé pendant des années ! On ne pouvait donc que s'en féliciter même si certains candidats à l'élection de Mars étaient désappointés et ont dû revoir rapidement leurs copies pour présenter 19 conseillers au lieu de 15.  Le recensement complémentaire ne prend en compte que les logements neufs et il est fait pour déterminer, selon certaines règles, un accroissement de population qui sera, le cas échéant, ajouté aux chiffres officiels.  

    La mémoire est très sélective et normalement, ne retient que le meilleur des choses - heureusement ! - mais cette année 2000 a été marquée, pour le Maire réélu en 2001, par la fête de la Fédération organisée par le Sénat le 14 Juillet 2000 pour tous les Maires de France et des Dom Tom.
    13 000 Maires environ et leur conjoint ont été rassemblés dans des tribunes dressées le long de l'avenue des Champs Elysées pour le défilé rituel du 14 Juillet.

    Une fois le défilé terminé, ceints de leur écharpe tricolore, les élus vont rejoindre par vagues successives le lieu des agapes suscitant la curiosité et l'intérêt des touristes et des parisiens.

    Dans les jardins du Palais du Luxembourg, des buffets disposés sur plus d'un kilomètre de long attendent les convives et certains en toilettes n'hésitent pas à s'asseoir dans l'herbe. Après s'être restaurés dans la bonne humeur, tous et toutes devant le Palais ont écouté un concert avec Patricia Kaas.




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    Dans la tribune des maires de l'Ouest de la France, le jour du 14 Juillet 2000.


    Pour entériner cette année symbolique, le magazine des Maires de France nous a adressé un condensé des messages transmis par les Maires de l'an 2000 aux générations futures, on en a retenu un du Maire de Tannenkirch en Alsace :

    "OUBLIONS NOS PETITS DIFFÉRENTS POUR ÊTRE SOLIDAIRES ET NE PENSER QU'À CE QUI DOIT ÊTRE LE CIMENT DE NOTRE COMMUNAUTÉ : LA FOI DANS L'AVENIR DE NOTRE VILLAGE ET DE L'HUMANITÉ TOUTE ENTIÈRE."

     

     
     
     
     
     
     
     

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    LIENS
     
    http://www.jpflahaut.fr/index.php
     
     

     

     

    lien       HISTOIRE DE FRANCE

     
     
     
     

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  •  paragraphe précédent : un joli village de la Sarthe après reconstruction de son église.


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    Première page du Maine Libre du 8 Mai 1945.

     

     


     

     

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    En 1945, après cinq années de captivité, c'est le retour au pays d'un million de prisonniers emmenés en Allemagne à l'été 40. C'est le retour aussi des requis du STO et des déportés mais pour ce qui en est de ces derniers, tous, malheureusement ne rentreront pas des camps car effectivement entre ces trois catégories, le sort qui leur a été réservé en Allemagne n'était pas le même. Beaucoup de prisonniers n'ignorent pas que la privation de liberté, l'humiliation, la faim qu'ils ont endurées sont sans commune mesure avec les souffrances qu'ont connues les déportés ; aussi, après la joie des retrouvailles et ignorants pour la plupart des conditions d'existence, pendant ces cinq années, de leur pays libéré, le premier contact avec la France retrouvée n'est pas toujours à la hauteur de ce qu'ils avaient imaginé dans leur exil prolongé. Chacun, à sa manière, essaie de reprendre goût à la vie en oubliant le temps des  privations.... 
     
     

     

    Un recensement établi au 25 Juin 1945 dénombre 480 habitants.

    Il reste encore en 1945 à Fillé :

     

    1. un charpentier
    2. un maréchal-ferrant
    3. un menuisier
    4. un cordonnier
    5. un maçon
    6. un boulanger
    7. un boucher
    8. un épicier
    9. une sage-femme
    10. un meunier.
     
    * CHARPENTIER :   Monsieur DENET Jules
    * MARECHAL-FERRAND : Monsieur GOUET André
    * MENUISIER : Monsieur PIOGER Louis
    * CORDONNIER : Monsieur LEVEAU Noël
    * MAÇON : Monsieur FOURNIGAULT Victor
    * BOULANGER : Monsieur LELASSEUX Gaston
    * BOUCHER : Monsieur LORGEON  Jean
    * EPICIÈRE : Madame PIOGET Marie-Louise
    * SAGE-FEMME : Madame LOUVARD Odette
    * MEUNIER : Monsieur COSNIER Raoul  
    * COUTURIERE : Madame PECCATE Clémentine.   
     
    Au lendemain de la guerre, quatre nouveaux noms s'inscrivent sur le Monument aux morts du cimetière : quatre soldats tués pendant la seconde guerre mondiale : Joseph BRIOLAY, André LEPORCHER, Louis GUIBRUNET et André DUVAL.
    Joseph BRIOLAY est mort le 31 Janvier 1942 àSchonborn Thuringe. Il était militaire au 7° RAD.
     
    Et, déjà, au sortir de la deuxième guerre mondiale, notre empire vacille en Indochine, les combats sont terribles et la France subit en 1954 une défaite ressentie comme une profonde humiliation : DIEN BIEN PHU. A Fillé, sur le monument, hélas, s'inscrit un nouveau nom, Gilles de FROMONT de BOUAYE, mort à la dite bataille et son sacrifice au Champ d'Honneur est rappelé dans le chœur de notre église par une plaque en marbre noir.
     
    Le lieutenant Gilles de Fromont de Bouaye du 6ème Bataillon de Parachutistes Coloniaux, qui avait été parachuté le 20 Novembre 1953 à Dien-Bien-Phu dans le Nord Vietnam puis le 16 Mars 1954 sur le centre de résistance, a été mortellement blessé le 11 Avril 1954 alors qu'il remplissait la mission qui lui avait été confiée. Monsieur le Lieutenant de Fromont de Bouaye a été nommé dans l'ordre de la Légion d'Honneur au grade de Chevalier et il a reçu la croix de guerre avec palme.

    Les départements de la Basse Normandie, voisins du nôtre, garderont à jamais les souvenirs tragiques des combats qui ont eut lieu pendant l'été 1944 pour recouvrir la Liberté mais rapidement les villes meurtries se relèvent des ruines et, petit à petit, apparaissent des quartiers modernes à Caen, Saint-Lô etc...
     
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    Cérémonie le 8 Mai 1947 devant le monument aux morts ; on reconnaît au centre Monsieur BEUNARDEAU Maire de Fillé (avec ses béquilles) au premier rang à gauche en gabardine Monsieur Henri CAUQUELIN, une figure de Fillé que l'on a bien connue à l'automne de sa vie.
     
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    Toujours la même cérémonie devant le monument aux morts avec à l'arrière plan, Monsieur BEUNARDEAU, Maire soutenu par ses béquilles et entouré de fillettes des écoles.
     
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    Près de l'école de Filles, le 8 Mai 1947, les jeunes gens de Fillé, anciens combattants pour certains.
     
    ces trois photos de 1947 m'ont été prêtées aimablement par Mme Lory Nicole que je remercie ici. 
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    Photo prise en 1948 : intérieur de la salle du Bar de l'Hôtel du Progrès pavoisé, situé en face de l'église.

    (actuellement bar de l'Embarcadère). Photo collection privée.

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    Un mariage à Fillé, en 1946, dans l'immédiat après-guerre (photo collection privée C. SERPAULT).

     

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    Pendant le mois de janvier 1945, on compte près de 40 jours de neige au sol sur les deux-tiers de la France alors que le pays est presque totalement libéré mais qu'il n'est pas libéré de ses restrictions car il manque encore de tout. Dans la région du Mans, on observe de 20 à 30 cm de neige. Puis, le printemps 1945 survint beau et sec : les températures ont dépassé les 30°C à Fillé en Avril et en Mai (on releva une valeur remarquable de 30°3 le 17 Avril 1945 à Fillé) et, dix-huit mois plus tard, en octobre 1946, on atteindra encore les 27° ! mais on retrouvera à nouveau le froid vif en décembre.

    En 1947, c'est carrément l'été du siècle : après un hiver très rigoureux, l'été commence en avril et se poursuit jusqu'en octobre. Entre le 27 Juillet 1947 et le 5 Août, une chaleur véritablement saharienne envahit le pays, les températures battent tous les records. Les journées des 27 et 28 Juillet resteront historiques : on observera près de 40°5 dans la région du Mans. Le 1er Août, il fait encore 38 ° en Sarthe.

    1949 fut également une année de sécheresse exceptionnelle.

    Après ces trois années où les récoltes ont été peu abondantes du fait de la sécheresse, on a dû prolonger les tickets de rationnement.

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    Nous avons vu dans le chapitre "LA GUERRE 1939/45" qu'il avait été institué des titres d'alimentation qui ont été délivrés dès 1940 mais ont perduré jusque vers le milieu de l'année 1949. Les Maires recevaient du Haut Commissariat à la Consommation des instructions relatives à la mise en place et la distribution de ces tickets de rationnement remis à la population en échange des coupons.

     


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      




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    carte d'acheteur (document archives Mairie de Fillé)

     

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    "UN HOMME DE BIEN EST MORT

    Tout Fillé pleure son Maire

    M. Alphonse Beunardeau, conseiller général

    de la Suze que ses concitoyens avaient

    surnommé "Le Père de la Commune"

     

                                                     (extrait article du 27/12/1951 de Ouest-France)

     

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    Une élection cantonale partielle à la Suze après la mort d'Alphonse Beunardeau, maire de Fillé :

    "La mort d'Alphonse Beunardeau, le 25 Décembre 1951, suscite une élection cantonale partielle dans son canton de la Suze sur Sarthe. Le scrutin est programmé pour les 9 et 16 Mars 1952.

    On se souvient, que le 7 Octobe 1951, M. Beunardeau avait été réélu au premier tour, l'ancien sous-préfet de La Flèche, Albert Fouet, obtenant 18,61 % des suffrages exprimés. Très vite, ce dernier réapparaît par le biais d'une intervention des instances nationales du Parti radical qui indiquent aux dirigeants de la Fédération sarthoise que M. Fouet, directeur de cabinet du secrétaire d'Etat aux Travaux Publics et au Tourisme sera à nouveau candidat. ll semble que, chez les radicaux sarthois, ont ait donné d'emblée de très faibles chances à ce parachuté. A droite, du côté du mieux organisé qui est l'appareil RPF, on pense au maire de la Suze, Camille Jean, qui fut inscrit au mouvement gaulliste mais ce laïque radical a démissionné en raison de la politique d'aide à l'enseignement privé mise en œuvre par ce Mouvement. Très vite, le jeune Centre départemental des Indépendants de la Sarthe décide de présenter Maurice Ruillé, le maire de Louplande, agriculteur, ancien élève de l'école Saint-Louis du Mans dont l'audience paraît bonne dans le canton. Les diverses tentatives du RPF pour trouver un autre candidat achoppent. Vers la fin du mois de février, on apprend qu'il n'y aura pas de candidat SFIO. On s'accorde alors pour donner le maximum de chances à Ruillé, y compris son élection dès le premier tour tant il paraît en mesure de récupérer la clientèle de M. Beunardeau, électeurs catholiques et de droite inclus.

    Quelques jours plus tard, fin février, surgit un nouveau candidat, Eugène Vivier, maire de Chemiré-le-Gaudin, gros propriétaire et exploitant agricole. Il a appartenu avant-guerre au Comité républicain de la Suze et semble toujours se situer dans la mouvance radicale. Sa candidature n'est pas spontanée. Il a fait l'objet de pressions, celle d'Arsène Foucault de la mairie contigue de Maigné, celle de Fernand Guillot le conseiller général de La Flèche. Car on s'agite beaucoup en sous-main et en haut lieu tant il est clair que cette élection pourrait modifier l'équilibre politique du Conseil Général de la Sarthe dont on a vu combien il se jouait à la marge. Deux hommes, au moins paraissent s'être concertés dans la coulisse : Max Boyer, intéressé à récupérer sa présidence du Conseil général, Lucien Chaserant, Directeur des Organisations Agricoles de la Sarthe, homme d'influence, plutôt lié au centre gauche et sensible aux échanges de service avec ce camp, ce qui n'exclut pas avec d'autres. Albert Fouet a rencontré les deux hommes et bien négocié.La présence de Vivier dans la compétition doit permettre de diviser l'électorat au premier tour y empêchant ainsi l'élection de Ruillé."

    "La manœuvre est peu lisible pour l'électeur de base mais comprise par Ruillé qui la dénonce lors d'une réunion électorale qu'il anime, le 3 Mars, à Fillé. Ce soir-là, un agriculteur présent stigmatise même la collusion de Foucault et Chaserant qui conduit à donner une allure politique à cette élection..."

    Face à cette élection, M. Ruillé suit explicitement la même ligne de conduite de M. Beunardeau, bien entendu appréciée comme apolitique."

    "Si la candidature communiste ne souffre, elle aucune ambiguïté.... les professions de foi des autres candidats situent l'enjeu jusque dans l'usage du flou : Maurice Ruillé se déclare candidat de défense des intérêts cantonaux" et il ajoute qu'il est absolument indépendant et qu'il n'appartient à aucun parti politique, ce qui est vrai..... Maurice Ruillé choisit du reste d'éclairer les électeurs dans une mise au point publiée la veille du premier tour. Il y dénonce les promesses de Fouet et sa collusion avec M. Vivier."

    Bref, la presse locale - partisane comme toujours -  en rajoute une louche le samedi en faisant de Maurice Ruillé "l'héritier présomptif de Monsieur Beunardeau comme si celui-ci l'avait nommément désigné comme devant lui succéder"... 

    "Le dimanche 9 Mars, sur les 5172 électeurs inscrits, 3029 ont voté, soit 58,57 %, taux honorable pour une élection partielle. Il y a 2980 suffrages exprimés, Maurice Ruillé est comme prévu en tête avec 1367 voix. Il devance Albert Fouet (1095 voix) d'assez peu alors qu'Albert Vivier (265 voix) précède de justesse le communiste (253 voix) Comme annoncé de toutes parts, Vivier se désiste en faveur de Fouet qu'il qualifie de candidat courtois et loyal. Dans l'après-midi du 11 Mars, Chapalain se déplace à la Suze pour inciter à voter pour Ruillé avant que Goussu ne fasse de même. Fouet s'emploie à mobiliser un à un les abstentionnistes .... . La campagne entre les deux tours est acharnée dans les deux camps..."

    Au Soir du 16 Mars 1952, Albert Fouet est élu grâce au désistement d'Eugène Vivier. Puis sera élu maire de Roezé- sur-sarthe, le 24 Mars 1956, après le décès d'Auguste Gallas. L'auteur conclut dans ce paragraphe en disant : "L'élection cantonale partielle qui a eu lieu les 9 et 16 Mars 1952 dans le canton de la Suze témoigne de la manière et de la réalité du débat démocratique dans la Sarthe du milieu du 20ème siècle". Il ajoute en parlant d'Albert Fouet :"Elle a permis la reconquête par la gauche des instances dirigeantes du Département. Elle a enfin promu dans la vie politique locale un personnage atypique qui ne cessera de diviser les sarthois, et d'abord le monde des militants."....

     

    Extraits du livre de Michel Rosier "Vie Politique et sociale de la Sarthe sous la IV° République (1944-1958)

     

     A la mairie de Fillé, après la mort de Monsieur BEUNARDEAU, Monsieur LORY lui succède jusqu'en 1959.Birdfly2 

     

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    Photo d'une classe de l'école publique en représentation lors d'une distribution des prix en 1957.

    Cette photo a été aimablement prêtée par Madame C. SERPAULT que je remercie ici.

    Ce document sert de transition pour rapporter les "mémoires" de Monsieur SOYER, Directeur de l'Ecole Publique de Fillé entre 1945 et 1980, "mémoires" qu'il a confiées dans la ROUE TOURNE de 1983.


     

    "LES MEMOIRES D'UN SECRETAIRE DE MAIRIE"




    "Nommé instituteur au début de 1945 puis secrétaire de mairie l'année suivante, j'ai passé pratiquement toute ma vie active dans cette commune et ceci pour une raison très simple, nous avons trouvé à FILLÉ ce qui est essentiel dans la vie pour fonder une famille : le bonheur.

    Bonheur dû à la vie calme dans un village agréable et bien situé, à la connaissance de tous les habitants qui sont devenus au fil des années des amis, à l'exercice d'une double profession attachante : celle d'instituteur qui a enseigné à deux générations d'enfants de FILLÉ et celle de secrétaire de mairie, au service des besoins d'une commune rurale et de ses habitants. 


    Et pourtant tout n'était pas rose pour un jeune ménage qui "débarquait" à Fillé en plein hiver 1945, sans connaître personne et alors que la guerre n'était pas terminée. Mais très vite, le chaleureux accueil des habitants et des voisins nous réconforta. Malgré les difficultés de la vie professionnelle (classe unique groupant tous les garçons de 5 à 14 ans) et de la vie tout court (elle était "dure" pour tous à l'époque et soumise à un rationnement rigoureux).

    Nous nous sentions heureux car nous étions libres et débarrassés des hantises de la guerre.

    Je garde le souvenir de la Mairie d'alors, vétuste sans doute mais il n'y en avait guère de modernes, du petit train poussif qui permettait d'aller au Mans (c'était au moins, déjà, un moyen de transport...), des invitations consistant à veiller dans les familles et de la fameuse fête de la Libération, au mois d'août.

    A cette époque, la population était essentiellement agricole et je me souviens de tous ces enfants venus de loin, à pied, souvent en gros sabots de bois, le maigre déjeuner dans le sac, car la cantine n'existait pas : le repas se passait à l'école le plus souvent.

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    Classe de Monsieur Soyer en 1958, près de la Mairie (Monsieur Soyer est à droite au 3ème rang).
     
    Photo aimablement transmise par Madame C. SERPAULT que je remercie ici.

    Quant au travail de mairie, ma femme et moi passions le plus clair de notre temps à comptabiliser et à distribuer les tickets de rationnement ce qui dura encore quelques années après la fin de la guerre. Un peu plus tard dans les années 1952/53, ce fut la reconstruction de l'église et du presbytère détruits à la Libération ce qui constitua la tâche la plus importante de la municipalité d'alors.

    Puis, peu à peu, lentement mais inexorablement, la vie à FILLÉ se transforma : les activités professionnelles se portèrent vers LE MANS alors que la campagne perdait sa main d'œuvre. Dans ma classe, au début, presque tous mes élèves étaient issus du milieu agricole ; à la fin, il n'en restait plus.

    Parallèlement, après 1960, commencèrent à s'installer des familles venues du Mans ou de la périphérie. Les Gesleries, la route des Vignes se peuplèrent et les sapins du Pierre Aube virent pousser des maisons entre-eux. En l'espace d'une quinzaine d'années, au rythme moyen d'une douzaine de maisons par an, c'était une nouvelle population qui venait s'ajouter à l'ancienne. L'amalgame se fit lentement, sans problèmes et le secrétaire de mairie s'efforça de connaître au mieux ces noveaux habitants qui apportaient un air de jeunesse à la commune."
     extrait des mémoires d'un secrétaire de Mairie (instituteur des garçons de Fillé) retranscrits sur "La Roue Tourne" décembre 1989
     
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    Classe de Monsieur SOYER en1963 près de la Mairie.

    Photo aimablement prêtée par Madame C. SERPAULT que je remercie ici.

     

    Arrivée des soeurs trinitaires de VALENCE (12 élèves) à l'école Saint-Charles en 1947.

     

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    Journée de communion à Fillé en 1959. Certaines personnes, devenues aujourd'hui sexagénaires,

    se reconnaitront-elles ? à gauche, l'abbé Théry qui a passé quelques années à FILLÉ.

    Photo aimablement prêtée par C. SERPAULT que je remercie ici.

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    LA RECONSTRUCTION DE L'ÉGLISE

     

    La reconstruction de l'église commence en 1947 réalisée par des ouvriers de talent mais malheureusement victime de nombreux contre-temps : une tornade en 1951 détériore la nef presque terminée puis, la même année, un incendie ravage l'entreprise BERNARDEAU au MANS où sont entreposées les charpentes du clocher.

    LU DANS LE MAINE LIBRE

     




    L'abbé Baron  voulait faire reconstruire son église mais manquait d'argent, il eut l'idée pour le moins spectaculaire : il s'est proposé de traverser la rivière sur un fil pour récolter des dons et il y réussit. L'église rénovée est inaugurée en 1952 et consacrée en 1956 et si l'on peut admirer l'église de Fillé dont le fin clocher se mire dans la rivière Sarthe, on le doit en partie à l'exploit de l'abbé funambule, curé de Fillé.

     


     




    Nous avions laissé les mémoires de l'Abbé BARON recueillies par René GAIGNON au moment où son récit était au plein cœur de la guerre 39/45. Alors que le débarquement se déploie en Normandie, le séminariste-soldat apprend qu'il va être le prêtre de la paroisse de Fillé où son régiment fut cantonné en 1940 puis quelques semaines plus tard, il apprend l'incendie de l'église le jour où le village est libéré.

    L'Abbé Baron est donc destiné à la lourde mission de la reconstruction de l'église.

    quelques extraits de l'interview du 21.11.1990

    - Abbé Baron : "Cette même année 1951 allait se terminer par une une nouvelle épreuve. Alors que la réfection, sur épure, de la flèche du clocher était déjà avancée et que les bois de charpente étaient prêts à être posés, préparés dans les ateliers de l'entreprise BERNARDEAU au MANS, un incendie le jour de Noël détruisit l'entreprise et ses matériaux. Tout était donc à recommencer.
    Menacé par l'architecte d'une amende journalière importante si le travail n'était pas exécuté dans le temps prescrit par le cahier des charges, Monsieur BERNARDEAU, soucieux de répondre aux exigences et de trouver une main d'œuvre spécialisée, fit appel aux Compagnons Charpentiers du Devoir du Tour de France de la Province de Paris. Appel entendu, puisque trois jours plus tard arrivaient Monsieur Jean ALBERTI de BOURGOGNE, Monsieur Germain DUPRAT de TOULON et René COLOMB de GRENOBLE.


    En mars 1952, on vit s'élever un échafaudage de chevrons sur l'entablement du clocher de pierre. Il devait servir à l'installation de la flèche et y rester plusieurs mois. Les compagnons y accédaient par une échelle qu'ils avaient attachée à l'extèrieur. Aussi pour y regarder le travail s'y faire, la manoeuvre des palans hissant les bois de charpente, le Curé venait presque tous les jours et montait un échelon de plus à chaque fois pour vaincre le vertige (sans doute, un entrainement pour traverser la rivière !)

    Les lattes et les ardoises fixées puis d'autres posées, les compagnons eurent à cœur d'installer la croix, la même qui s'y trouvait jadis, tombée au moment de l'incendie. La, aucune difficulté pour eux pour la poser...

    - R.G. Est-ce-que s'arrête là le travail de ces trois Compagnons ?

    - Abbé Baron : Pas tout à fait. Mais d'abord, ces jeunes compagnons charpentiers, en dehors de leurs heures de travail, eurent l'idée de réaliser la maquette au 1/20° de la charpente de la flèche du clocher (photo ci-dessus). Cette maquette fut offerte le 19 Mars 1953, jour de la fête de Saint-Joseph, patron des Compagnons du Tour de France, au Président national des Compagnons par le "gâcheur" de l'équipe, le chef d'équipe, Jean ALBERTI. C'est la tradition chez les compagnons et cette maquette fut déposée au Palais de Chaillot à Paris pour rester dans les archives des Compagnons."

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    Les Compagnons, leur travail terminé, allaient quitter FILLÉ. Mais le curé pensait, depuis un certain temps, utiliser leurs compétences en leur demandant s'il leur serait possible d'imaginer et de confectionner une voûte en bois pour l'intérieur de l'église.
    Leur joie fut grande et il les entend lui dire : "
    Aucune difficulté pour nous"...

    Enfin après maintes difficultés rencontrées, le baptême des cloches eurent lieu en présence de Monsieur LORY, Maire de Fillé dans la grange transformée en chapelle provisoire devenue ensuite salle des fêtes puis cantine pour les écoles de FILLÉ.
    Toute la municipalité au grand complet ainsi que de nombreux invités accueillir Monseigneur CHEVALIER, au cours d'une réception chaleureuse qu'agrémenta une exposition murale de souvenirs, de tableaux et de photos de FILLÉ. Un vin d'honneur clôtura cette réception.


    Avec l'année 1953 commença l'aménagement intérieur ; Messieurs DE GOULAINE et GYPTEAU eurent la générosité d'offrir des arbres à l'Abbé Baron... Mais comment les débiter ? Il restait avec ses arbres sur les bras quand une circonstance particulière le tira d'embarras. Appelé à prêcher une retraite de communion à ST VINCENT DU LOROUER, il fut invité à prendre le repas chez un propriétaire de scierie lequel lui dit : "Monsieur l'Abbé, amenez moi vos arbres, je vais les scier et les faire sécher et vous pourrez en disposer". Ce qui fut dit fut fait et gratuitement ! Un transporteur de TELOCHE ramena les planches a FILLÉ et Monsieur MORILLON en disposa pour continuer la fabrication des bancs.

    Monsieur Raymond DUBRETON, forgeron à GUÉCELARD réalisa le dessin des éclairages. La décoration de l'extrémité des branches des lustres étant inspirée de celle d'une rampe, croquée sur une feuille de papier, lors de la visite de l'Abbatiale de TREVES-CUNAULT dans le Saumurois.


    Il fallait aussi penser aux Fronts Baptismaux. L'idée était de revenir aux temps antiques de l'église primitive. A FILLE, a été réalisé un baptistère antique. On y descend par un emmarchement. Les chaînes qui l'entourent ont une histoire : elles proviennent du poulailler de l'ancien presbytère.  Son grillage, en effet, était supporté par des tiges en fer qui servirent à Monsieur GOURNIGAULT, le forgeron de FILLÉ, à en tirer les maillons.

    C'est à cette période que la statue de la Vierge, en terre cuite, fut enlevée, pour sa restauration, par les soins des Monuments Historiques de France. En subissant pendant des heures l'intense chaleur de l'incendie, sa polychromie s'était vernissée.

    Comme dans toute église, il y a un chemin de croix de quatorze stations. Pour chaque station, une petite plaquette, travail d'un sculpteur de Lourdes, se trouve au centre d'une croix de bois. Le tout est cerclé d'un anneau de fer forgé, orné de quatre cabochons de cuivre jaune.


    Le confessionnal, installé dans l'abside du bas-côté nord, travail de Monsieur MORILLON, et ce, pour ne pas revenir au meuble conventionnel ancien, consiste en une simple croix de bois dont les bras supportent une tringle de fer sur laquelle coulissent des rideaux de velours.

    Tout au-dessus du confessionnal, appliqué au mur de la sacristie et pour le décorer, un crucifix du 14 ou 15° siècle en bois, fut fixé par Monsieur DUCHEMIN, ferronnier d'art au Mans.

    Les deux autels furent l'objet de beaucoup de recherches et de soin. Il fallait trouver des pierres pour les socles. Monsieur SPY, tailleur de pierre en style anglais édifia les socles des autels sur lesquels les tables de granit des Vosges furent disposées par Monsieur BEAUFRETON, marbrier au Mans. Par ce dernier furent plaquées les marches de marbre rose.

    Pour garnir le chœur de l'église, les stalles furent récupérées auprès de la paroisse de la CHARTRE SUR LE LOIR qui vendait les siennes. Elles furent amenées et transformées par l'entreprise DENET. Quant au siège du célébrant et des enfants de chœur, ils ont été coulés à l'usine des "Grelots" au Mans.

    L'aménagement se poursuivait ainsi lentement. Enfin, arrive en 1956 la consécration de l'église trois jours avant la fête de la Vierge Marie à qui l'église est dédiée, soit les 11 et 12 Août. Pour cette consécration, douze croix ont été sculptées et peintes sur les murs, rappel des douze apôtres. Le soir de la cérémonie et les trois soirs suivants, des amis de Fillé offrirent le spectacle d'une admirable illumination de la nouvelle église consacrée. Le clocher de FILLÉ est désormais
    pourvu de trois cloches "MARIE", "JEANNE" et "THÉRESE" pesant respectivement 476,338 et 223 kilogrammes.

     

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    L'église rénovée fut inaugurée en Novembre 1952 en présence de Monseigneur CHEVALIER qui présida la cérémonie et de Monsieur LORY, maire de FILLÉ-SUR-SARTHE. La consécration solennelle eût lieu en 1956.
     

    Photo collection particulière.

    En 1957, il restait à rappeler la mémoire des soldats de Fillé morts pour la France.
    A ce sujet, il faut signaler, tout d'abord, que la pierre de granit du maître-autel fut offerte par Mr et Mme FROMONT de BOUAILLE du château de la Beunêche, en souvenir de leur fils Gilles de FROMONT, mort pour la France, à la bataille de Dien-Bien-Phu. Une plaque de marbre noir, exposée dans la chapelle du chœur, en rappelle le souvenir.

    Sous la fenêtre du clocher, dans l'église, un mémorial a été pratiqué. Il s'y trouve un Livre d'Or dans lequel sont inscrits les noms et biographies militaires de soldats de FILLÉ morts pour la France durant les guerres de 1914/1918, 1939/1945  et 1946/1954. Un coffret de cuivre surmonte ce livre d'or. Il contient un peu de terre prélevée, en premier, à DOUAUMONT près de Verdun en souvenir des morts de 1914/1918, puis à VILLENOBLE au CHEMIN, là où fut inhumé à sa mort, le 15 Juin 1940, André DUVAL et enfin, au cimetière de Saint AUBIN SUR MER où des Canadiens, tombés lors du débarquement du 6 Juin 1944, furent ensevelis.

    Les dettes de cette reconstruction furent épongées : quêtes, dons, séances de projection, kermesses y contribuèrent, des années durant. Mention spéciale est à donner à Monsieur CHAMPION venu construire une petite résidence à FILLE lequel montra, en 1957, à l'occasion de séances récréatives, un samedi soir et un dimanche après-midi, ses talents d'acrobate et de funambule au-dessus de la Sarthe, en y présentant un élève amateur, le curé de l'époque !

    Il se trouva qu'une nomination comme curé de BESSE SUR BRAYE ne permit pas à l'abbé BARON d'achever la restauration de l'église mais nul doute qu'il aura gardé de nombreux souvenirs de ces huit années de présence à la paroisse de FILLÉ.

    NOUS LE REMERCIONS ICI POUR LES SOUVENIRS QU'IL A CONFIES A RENÉ.   

     

        Peinture sur toile, église de Fillé, Christiane Choisnet (1er prix féminin des Peintres en Liberté 1997)


     

     

     
    Construction du clocher :
     
    "En Mars 1952, on vit s'élever un échafaudage de chevrons sur l'entablement du clocher de pierres..."


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    photo prise de la campagne filléenne avant la destruction du clocher lors de l'incendie de l'église.




    La campagne filléenne avec, au loin, son clocher en construction ; la campagne est toujours aussi paisible mais au moment où la guerre d'Indochine se termine, le Magreb s'enflamme puis vint la guerre en Algérie.


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    photo collection particulière


    Les bords de la Sarthe après la guerre, on aperçoit, à droite, les ruines de l'église.

     

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    12 et 13 AOUT 1956 : CONSÉCRATION DE L'ÉGLISE

     

    "AU COURS DE GRANDIOSES CÉRÉMONIES, CE SOIR ET DEMAIN,

    SON EXCELLENCE, MONSEIGNEUR CHEVALIER, REPRÉSENTANT LE CARDINAL GRENTE

    CONSACRERA L'ÉGLISE DE FILLÉ RELEVÉE DES RUINES."

                                                                                

                                                                              (extrait article du 11 Août 1956 - Ouest-France)

     

     

    AA1 11 aout 1956
    AA2 11 Août 1956

     

     

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    Au cours de la 23 ème édition des 24 Heures du Mans qui se déroula les 11 et 12 Juin 1955, la course fut marquée par un terrible accident qui coûta la vie à plus de 80 personnes dans les tribunes. Parmi les nombreux blessés hospitalisés (plus d'une centaine) figurait un habitant de Fillé, Monsieur GRANDVAL Emile âgé de 46 ans à l'époque.
     
    (archives Ouest-France du 13 Juin 1955).
     
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    Repas organisé en 1956 dans l'ancienne cantine pour le baptême des cloches de l'église après la reconstruction.

    On y reconnait Monsieur Lory, Maire, lisant un discours. Il avait remplacé Monsieur Beunardeau après son décès. A droite, Monsieur Henri Cauquelin.

    Cette cantine fait l'objet d'une polémique actuellement (2014) concernant des rumeurs de démolition.

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     Le même repas avec au centre portant des lunettes cerclées, Monseigneur Gouet.

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    Une fête religieuse dans le centre du bourg ; à droite Monseigneur Gouet.
     
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    Lors d'une cérémonie au monument aux Morts, à gauche, Bob Lory et à droite Monsieur l'Abbé Albert Coulon.
     
    Ces 4 photos m'ont été aimablement prêtées par Mme Lory Nicole que je remercie ici.
     
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    Pendant ce temps, le pays se relève à peine de ses ruines que se déclenche en Algérie, le ler Novembre 1954, ce qu'on a appelé la "TOUSSAINT ROUGE". Des indépendantistes commettent une série d'attentats dont certains meurtriers : deux soldats tombent sous les balles et l'histoire retiendra surtout le mitraillage d'un couple d'instituteurs dans les Aurès, dont le mari ne survécut pas.
     
     
     
     
     
        Ci-dessus (photo collection particulière) :  Route de la Libération,  Défilé des Anciens Combattants d'Afrique du Nord lors de la commémoration du cinquantième anniversaire de la Libération de Fillé en Juillet 1994 avec en tête du cortège, auprès du Maire et portant une gerbe qu'ils déposeront devant la plaque de la route de la Libération (photo ci-contre) : les derniers combattants de la guerre de 39/45, passant devant la prairie ou se trouve désormais le lotissement du Perroquet.
     
    Le conflit algérien se poursuit en 1955 et dans les premiers mois de l'année 1956, les accrochages meurtriers se multiplient. Le point de non-retour est atteint en mars 1956 avec le départ des rappelés pour le début d'une guerre qui va durer six ans. Elle va déboucher en 1962 sur l'indépendance de l'Algérie. Mais pendant six ans, à Fillé, comme dans toute la métropole, de nombreux appelés s'en iront traverser la Méditerranée pour aller se battre en Algérie.
     
     
    Cette génération d'anciens "combattants d'Afrique du Nord" participent maintenant à des retrouvailles dans chaque village, chaque ville, chaque région marqués, certains, par ce conflit qui a laissé des traumatismes.
     

     

    L'après-guerre et la reconstruction de l'église

     

     

    Les Manceaux et les filléens retrouvent la plage de Fillé et les bords de la Sarthe sont (pour quelques temps encore mais pas pour longtemps) une alternative remarquable à l'exil côtier des vacanciers et en 1954, certains d'entre-eux auteurs de la carte ci-dessous écrivent :

    "nous sommes installés à la croix (la croix est à près de l'arbre de gauche sur la
    plage), nous avons eu le soleil vers la Ferté et depuis le soleil nous suit, espérons le conserver, le patelin est mignon, la pêche est bonne et il y a de quoi nous baigner..."
    En effet, il existait un coin de baignade avec des cabines de plage près du passage à gué. Depuis la baignade est interdite dans la Sarthe mais si les baignades d'antan ne sont plus la nostalgie demeure.


    Leur campement est en bas au centre de la photo ci-dessous, le long de la Sarthe où actuellement est aménagé la base nautique de la plaine dite "de Loisirs".

     

    Après la guerre, un parisien écrit en 1948 à son voisin de palier "je rentre à Paris et nous pourrons parler de nos vacances réciproques qui n'auront pas été immortalisées d'un magnifique soleil d'août habituel" (ma foi en 2008, donc soixante plus tard, il aurait pu écrire la même chose) mais il précise "la pêche bat quand même son plein...". Une autre estivante de la capitale écrivait la même année (il y avait décidément beaucoup de parisiens qui venaient en villégiature à Fillé) : 'Sommes fidèles à notre bon vieux pays sarthois où nous sommes confortablement installés depuis un mois jusqu'au début septembre !"

    Si la nostalgie des baignades d'antan demeure, GERARD CHOISNET nous raconte souvent comment , au hasard d'une de ses promenades, un jour d'été, près du moulin, il fit la connaissance d'un vieux monsieur ému qui lui raconta, dans quelles circonstances, il rencontra celle qui allait devenir sa femme.

     

     
     
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    Peinture sur toile et à l'huile - Christiane Choisnet : Pic-nique sur la Plage à Fillé d'après photo

     

     

    En effet, ils s'étaient connus sur la plage de Fillé car avant la guerre, il y a de cela bientôt quatre-vingt années, certaines écoles du MANS organisaient un voyage à FILLÉ pour récompenser les élèves qui avaient obtenu le baccalauréat. Ils partaient ainsi pour la journée par le petit train qui faisait encore la liaison entre LE MANS et FILLÉ.  Sur place, ils avaient le loisir de visiter la commune, de se promener dans la campagne ou bien alors de se reposer au bord de l'eau. Les plus sportifs avaient même l'opportunité de prouver leur mérite par des jeux nautiques en amont du moulin (on peut encore voir quelques cabines de bain sur certains documents d'époque).

    Les élèves rentraient le soir par le dernier tramway, heureux de leur journée et parfois même heureux pour la vie...
    En effet, c'est dans ce contexte que le vieil homme, tout juste diplômé à l'époque fit la connaissance de celle qui est devenue sa compagne. Il était venu tout simplement là en pèlerinage.





    En Août 1952, un peintre est venu à FILLÉ se mettre au vert. Il résidait "Au Gardon Frétillant" chez notre ami René BELLANGER et lui a laissé quelques œuvres représentant notamment le village de Fillé pur payer son hébergement. Fils d'immigré italien, après un passage aux Beaux-Arts, il fait ses classes à Montmartre. Homme du peuple, il croque volontiers les gens de la rue. Il devient au fil du temps un artiste reconnu et devient l'ami de PIAF, BREL ou encore Maurice CHEVALIER. Les collectionneurs éclairés l'apprécient. Il execute sur commande les portraits de SIMONE SIGNORET, GISCARD D'ESTAING, AZNAVOUR, Jean YANNE...etc.

    Durant son séjour à FILLÉ  où il peint plusieurs tableaux dont notamment un auto-portrait dans une attitude un peu singulière : il est assoupi le long de la Sarthe ou du canal tandis qu'il est à la pêche, il a une bouteille vide bien en apparence auprès de lui tandis qu'une couleuvre lui chatouille les doigts et qu'une libellule s'est posée délicatement sur l'un de ses doigts de pieds.
    Il a peint son hôte et deux pêcheurs avec en arrière plan le moulin de Fillé.
    Il a peint la plage de Fillé avec les cabines de bain qui existaient à l'époque. Belle époque ! Ce sont autant de témoignages d'une vie disparue !

    Le Président des Etats Unis, Lyndon B. JOHNSON acquiert l'une de ses plus belles œuvres du moment devant laquelle il fait la une du NEW YORK TIMES. Ses clients ont pour nom le producteur de cinéma Frank ROSS, l'acteur James STEWART, Henri FORD II et tant d'autres...

    Malgré ce succès, Bernard Locca qui se considère comme un "bon ouvrier de l'œuvre d'art" reste attaché à ses racines bretonnes et à Paris, il a le mal du pays, il revient. Il reste un homme modeste et fidèle en amitié, pas étonnant qu'il est gardé des liens d'amitié à Fillé... Nous les remercions tous les deux pour les souvenirs qu'il nous ont laissé.

    Peinture de Bernard LOCCA (1926-1997) qui est venu peindre à FILLE en 1952.
     

     



    photo collection personnelle

    Sur le tableau ci-dessus que Bernard LOCCA a peint le 13 Août 1952, il a représenté le bourg avec son église et sa flèche fraîchement reconstruite. On y voit des promeneurs mais aussi çà et là des pêcheurs ; dieu merci, à FILLE, le long des berges dès qu'il fait beau, le dimanche, il y a de nombreux promeneurs mais on y voit de moins en moins de pêcheurs... preuve que les loisirs ont changé.

     
     
    son auto-portrait : il s'est représenté assoupi sur la berge à FILLE !
     
     
     
     

    "Après la pluie, le beau temps" chantait Ray Ventura. La France, ses tickets alimentaires digérés, reprend goût à la vie et à la fête et l'on sent chez le français moyen une frénésie d'amusement, de rire et de gaîté. A FILLÉ, La jeunesse n'est sans doute pas en reste, Fillé, où les beaux jours revenus, on peut s'attarder le long de la rivière et du canal pour regarder les pêcheurs en fredonnant un air connu de Bourvil "le pêcheur au bord de l'eau abrité sous son chapeau est heureux et trouve la vie belle..." tandis que les "amoureux s'bécotent sur les bancs publics..." (Brassens). 
     

     
     
     
    Partout, les bals de quartier, les assemblées se multiplient...

    comme à Fillé :

     
    Chaumière pour un bal populaire derrière l'église.
     
     
    détail d'une peinture de Christiane CHOISNET
     

    photo collection particulière

    FILLE FIN DES ANNEES 50 : à la vue de cette photo, on comprendra mieux ce que l'enfouissement des réseaux réalisé en 2000 a apporté à l'esthétique du bourg.

    Dans les années 50, l'usine du Mans RENAULT embauche à tout va pour tenir les cadences. La production s'accélère avec le succès des voitures comme la 4CV, la frégate, la Dauphine. C'est le temps béni du plein emploi et beaucoup de jeunes gens quittent la terre pour "embaucher" à l'usine, travailler aux 3 x 8.

    Les 22 et 23 Mai 1955, des gelées provoquent des dégâts considérables dans la Sarthe.

    Février 1956 fut le mois le plus froid du XX° siècle, un froid anthologique particulièrement intense deux ans après l'hiver 1954 qui fut également terrible (on se souviendra de l'hiver 54 pour l'hécatombe qu'il provoqua parmi les sans-abri).

    Après un printemps très frais qui ne fut qu'une sorte d'hiver prolongé, l'été 1956 pouvait être qualifié de "pourri" avec des températures automnales. On a relevé une température de 3°2  à FILLE, le 15 Août 1956 (température minimale) tandis que dix jours plus tard, les 24 et 25 Août 1956, ce sont de fortes pluies qui se sont abattues provoquant des inondations. L'hiver 1956/1957 fut également précoce avec des températures très basses en Novembre.

    Bref, l'année 1956 fut catastrophique surtout pour les agriculteurs, les récoltes de blé, notamment, furent détruites. Certains, en Sarthe, désespérés de voir leurs récoltes anéanties par les conditions climatiques ne purent surmonter cette malédiction et mirent fin à leurs jours. Ce fut le cas, hélàs, pour le père d'un charmant Monsieur - octogénaire aujourd'hui - qui possède une petite résidence à Fillé.

    La loi du 4 Août 1956 institue un fonds de secours aux victimes des calamités et sinistres.

    Le 13 Janvier 1960, après une courte mais intense vague de froid, une énorme tempête de neige se déclenche de la Normandie à la région Poitou-charente et à l'Aquitaine, tout l'Ouest du pays est bloqué et l'on mesure 17 cm de neige au Mans. Octobre et novembre 1960 sont très pluvieux et extrêmement agités avec un défilé incessant de zones de mauvais temps en provenance de l'Atlantique après les inondations catastrophiques du Limousin, au début du mois d'octobre, d'autres crues se produisent dans le Nord-ouest (notamment dans la Sarthe) le 31 du mois d'octobre.

    (photo : inondation en périphérie du Mans) Source : Météo Paris.

     

    En 1964, après des pluies verglaçantes le jour de Noel, une autre courte mais intense vague de froid déferle sur toute la France et paralyse notamment les régions du Nord-Ouest. On relève une température de - 21 ° au Mans entre le 27 et le 29 Décembre. 

     

     

    correspondances et récits : collection personnelle

    mémoires de Monsieur SOYER sur bulletin communal de la ROUE TOURNE

    extraits des souvenirs confiés à RENÉ GAIGNON par l'ABBÉ BARON en soirée publique lors d'une interview en 1990 et transcrites sur le bulletin communal de la ROUE TOURNE.

     

     



    photos collection particulière (ci-dessus et ci-dessous)


     



    tableau peint par Bernard Locca en août 1952 et représentant notre ami René Bellanger lors d'une partie de pêche et ci-dessous une vue de Fillé en 1960 au dos de laquelle l'expéditeur a écrit : "Quelle Pêche !! 50 livres !..."




    photo collection particulière - vue prise dans les années 50 - côté Guécelard le long de la rivière

     
    CI-DESSOUS, SOUVENIRS, SOUVENIRS...
     

     UNE PHOTO INEDITE !

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    prise d'un ULM : 

    LE MOULIN DE FILLE DANS LES ANNEES 80 AVEC SA FERMETTE et SON JARDIN DANS UN CADRE PRIVILEGIE ET AUTHENTIQUE, LE CALME ET LA SERENITE ENCORE PRESERVES !

     

    ENCORE LE BON TEMPS MAIS POUR PEU DE TEMPS !

     

     

    Je reste persuadée que les années de l'après-guerre (1945 à 55) furent les plus heureuses. Après l'angoisse et l'horreur des années d'occupation, les gens avaient une envie frénétique de vivre et de s'amuser avec des joies simples et des plaisirs naturels.

     

     
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    Canotage à Fillé en 1915. A Fillé au début du siècle dernier, comme aujourd'hui, cent ans après, grâce à l'espace nautique, c'est toujours le plaisir de naviguer sur la Sarthe.
     
     
     


    1921 était une année de sécheresse : il n'avait pas plut depuis août 1920.

    Le 8 Octobre 1920 a eu lieu le Comice Agricole à la Suze avec le grand banquet traditionnel mais en raison de la fièvre aphteuse, cette manifestation n'a pas été très importante.

     

     

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    Le journal local "OUEST-ECLAIR" du 6 Décembre 1921 relate un jugement rendu par la 4° session des assises de la Sarthe et tout particulièrement les faits dont s'est rendu coupable un jeune domestique de ferme.

    Celui-ci étant employé chez un cultivateur de FILLÉ avait appris que des récompenses en argent seraient distribuées au comice agricole de LA SUZE. Il en fit aussitôt la demande auprès de son patron mais ce dernier qui avait à se plaindre de lui n'y consentit pas. Le samedi 6 Septembre 1921, après avoir déclaré à son maître qu'il aurait à s'en repentir, incendia les récoltes de foin, de paille ainsi que le bois situé derrière la ferme.

    Le président du tribunal procédant à l'interrogatoire du domestique, celui-ci avoue sans ambages les faits qui lui sont reprochés mais proteste, cependant, contre les renseignements donnés sur lui par Monsieur le Maire de FILLÉ. Après une belle plaidoirie de son avocat, le jury rapporte un verdict de clémence compte-tenu de son jeune âge et de son remords.

     

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    Peinture à l'huile sur toile du moulin de Fillé d'après photo des années 20 (peinture de Christiane Choisnet)

     
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    DEJÀ EN 1922, L"OUEST-ÉCLAIR" PUBLIE UN ARTICLE EN PAGES "LE MANS" CONCERNANT LA POLLUTION DES RIVIÈRES DUE AU ROUISSAGE DU CHANVRE ET NOTAMMENT A FILLÉ.
     
     
     
     
     
     
    ROUISSAGE DU CHANVRE
     
    extrait archives Ouest-Eclair du 15 Avril 1922
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    1923 ANNEE DE L'INAUGURATION DU MONUMENT AUX MORTS DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

    Les monuments aux morts sont de puissants mémoriels de la Grande Guerre.
     

    Le 11 Novembre 1923, FILLE inaugure son monument aux morts de la première guerre mondiale en présence d'une foule nombreuse et devant la Mairie, la Municipalité rend hommage par un "HONNEUR A NOS VAILLANTS POILUS" que l'on peut lire sur la banderole qui longe le canal.

    Monsieur François CHENON avait été élu Maire en Décembre 1919 puis réélu en 1923, il présidera aux cérémonies de cette inauguration.

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    photo collection particulière

     


     



     

    FILLE le jour du 11 Novembre 1923



    Une ouverture a été pratiquée dans le mur du cimetière pour y introduire le monument et cette ouverture a été masquée depuis par des grilles


     
     
     

     


     

     

     
     
     
    LA FÊTE A FILLÉ MALGRÉ LES DEUILS

     



     
     

    ci-dessus, dans le centre-bourg, la boulangerie ; Monsieur LELASSEUX Gaston était boulanger en 1936.

     
     

    L'entre-deux guerres et l'inauguration du monument aux morts en 1923

     
     
     

    ci-dessous, l'entrée du bourg, Monsieur et Madame MARECHAL Auguste étaient hôteliers en 1936.

    L'entre-deux guerres et l'inauguration du monument aux morts en 1923

     

     

     



    Fête de cavaliers à cheval en 1929 ci-dessus et ci-dessous.


     


     
     

    En 1924 a lieu la restauration du clocher.  

     

    Ci-dessous, à la lecture du quotidien "OUEST-ÉCLAIR" du 16 Juin 1924, on peut quand même se rendre compte que FILLÉ possède toujours une solide réputation de  "terre d'accueil" pour les touristes, vacanciers ou simples promeneurs en visite pour une journée champêtre.
    Ainsi la Société des "Normands" (tout laisse à penser que ce sont les Normands de la Sarthe), bref, elle est venue en train spécial S'IL VOUS PLAIT, cette grande famille de Normands à FILLÉ où toutes les dispositions ont été prises pour que les Sociétaires normands avec leurs familles et amis puissent s'amuser mieux encore qu'ils ne le firent à ARNAGE, la SUZE et FRESNAY-SUR-SARTHE (sic : c'est écrit dans le texte car nous, bien sûr, on ne veut pas d'ennuis avec ARNAGE et la SUZE).
      Pour tout dire, promenades, pêche, jeux, chants et bien entendu, dîner familial étaient au programme avec l'inévitable "trou normand" .

     

    ci-dessus, extrait du journal "OUEST-ÉCLAIR" du 16 Juin 1924 (site : www.normannia.info)

    En Novembre 1924 : "après un ouragan d'une extrême violence, la pluie est tombée partout en abondance..."

    La tempête a sévi sur toute la France et à Fillé de nombreux arbres sont arrachés.

     

    Premier pas dunlop

     

     

    Sur "OUEST-ÉCLAIR" du 16 Avril 1926, il est mentionné dans les pages "Sarthe" que le Comité de l'U.V.F. a fait disputer, le 15 Avril au matin, l'éliminatoire de la course cycliste du "PREMIER PAS DUNLOP" soit 50 kms - bien flèchés d'après l'article - et ce, à travers la campagne Suzeraine en passant par Fillé : "Organisation Parfaite du Comité Uvéiste" (sic).  

    Egalement, sur le journal "OUEST-ÉCLAIR" du 25 Juillet 1926, il est signalé que Monsieur DUBOIS, Hôtel du Progrès à FILLÉ SUR SARTHE a trouvé un pigeon 24-220-2531 possédant une bague caoutchouc et provenant de Bruxelles. 

     

    extraits ci-dessus site www.normannia.info

    Ci-dessous, photo parue dans le journal "LA ROUE TOURNE" en décembre 1989

    Une course à la grenouille (précision : une grenouille dans une brouette !) en 1927 devant la Mairie de Fillé.
     


     
     
     

    Par avis de presse (Ouest-Eclair) en date du 29 Septembre 1928, les éleveurs sont invités à  présenter aux commissions d'inscription au Sud-book du cheval de trait du Maine les poulains de six mois ainsi que les pouliches de dix-huit et trente mois nés de parents déjà inscrits au titre d'origine. L'article précise par ailleurs que les pouliches de trente mois et les juments d'âge pourront être inscrites sans origine si elles présentent bien les caractéristiques de la race, sont de bonne conformation et exemptes de tares et ce, le mardi 2 Octobre 1928 à Fillé, à 14 h 45, d'après l'itinéraire fixé par les Commissions.  

     
     
     
    projet d'un pont-bascule en 1933 avec en annexe la carte en question datant de 1925

     

     


     
     
    et ci-dessous CYPRIEN et son petit-fils RAOUL devant la roue de son moulin. 
     
     
     

    Monsieur Alphonse BEUNARDEAU a été élu Maire le 19 Mai 1929

    Il était invalide de la première guerre. Il était conseiller général, Chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre et médaillé militaire. Il avait donc été élu Maire en 1929, réélu en 1935, en 1941 et en 1947 après la Libération. Il mourut le soir de Noël 1951 suite à un malaise pendant la messe de Minuit.

    Le 11 Novembre 1937,  lors de la cérémonie de la célébration de l'Armistice, Monsieur BEUNARDEAU s'est vu remettre la rosette de la Légion d'Honneur en récompense "d'une vie magnifique de bravoure" comme s'est exprimé le Président de la section de la Sarthe des Grands Invalides de Guerre et, en présence du sous-préfet de LA FLÈCHE.

    Comme nous l'avons rappelé plus haut, Monsieur BEUNARDEAU était déjà titulaire de la médaille militaire et de la croix de guerre avec palmes qui lui furent conférées par le Maréchal Joffre avec une superbe citation. Il était né le 13 Février 1887 dans la ferme familiale des Iles du Milieu.

     

     
    Ci-dessus, extrait du journal "OUEST-ÉCLAIR" du 25 Novembre 1937 relatant la remise de la rosette de la Légion d'Honneur à Monsieur Alphonse BEUNARDEAU.
     
     
    Ci-dessous, photographie prise pendant la cérémonie de la remise de la rosette de la Légion d'Honneur
     
     
     
     
     
     
     

    photo collection particulière
     

    Un groupe de personnes dont la Municipalité s'incline devant le Monument aux Morts pendant ladite cérémonie au premier rang duquel se trouve Monsieur BEUNARDEAU.
    Après le pré clôturé de fils de fer barbelé situé derrière ces personnes -  lequel se trouve exactement à l'emplacement du groupe scolaire actuel - on remarquera le passage de la ligne du petit train
    de la Sarthe matérialisée par des panneaux d'avertissement et au delà de la ligne du petit train, le café de la gare devenu l'Auberge du Rallye.

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    Le journal hebdomadaire de propagande socialiste et internationaliste LE POPULAIRE de Paris (SFIO) titre un de ces articles en bas de page du 13 Novembre 1930 : "L'Imbécillité Réactionnaire".

    Il s'en prend tout bonnement au conseil municipal d'une de nos communes voisines située également dans le canton de la Suze : Parigné le Polin et voici le texte de l'article en question :

    "Le Mans, 12 novembre (de notre correspondant particulier) Le conseil municipal de Parigné-le-Polin, réuni spécialement à cet effet, à voté la résolution suivante NOUS NE VOULONS PAS DE DRAPEAU ROUGE A PARIGNE LE POLIN".

    "L'initiative en a été prise sous l'impulsion d'un certain vicomte de L..........., gros magnat du pays, ancien colonel, qui espère mener nos braves camarades comme il menait ses soldats".

    "Quant à la section de Parigné-le-Polin, elle sortira son drapeau rouge le 16 Novembre comme toutes les autres sociétés et nos vaillants camarades René B........, conseiller municipal et Maurice R......, secrétaire des Jeunesses Socialistes de la Sarthe, prendront la parole au pied du monument aux morts."

    "Que ces messieurs se le tiennent pour dit."

    L'hebdomadaire des Socialistes ne nous dit pas si "ces Messieurs" ont pris acte de la mise en garde !  mais l'on sent déjà l'ambiance qui devait règner au sein des conseils municipaux en 1930 à Parigné (comme ailleurs...).

    Source : BNF.fr Gallica

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    LA CRUE ? QUI L'EUT CRUE ? : IMPORTANTE EN NOVEMBRE 1930 !

     

    Dans la Sarthe, aux dires des habitants, les inondations de Novembre 1930 étaient plus catastrophiques que celles de 1910 et semblables, selon les anciens, à celles de 1881.

    Cette crue apparait donc comme la plus importante de la première moitié du XX° siècle ; elle eut lieu suite à des orages répétés.

    (Sources : crues historiques plaquette www.sarthe.gouv.fr)


     

    "Il y avait des tilleuls sur la place de l'église et les bateaux étaient attachés aux arbres..." (crue de 1930)
     
     

    On remarquera d'emblée la place devant l'église plantée d'arbres : pas ou si peu de voitures donc pas besoin de stationnement et, sur la droite, une fenêtre de l'ancien presbytère disparu lui aussi lors de l'incendie de l'église en 1944.
      Ainsi, comme nous l'avons rappelé plus haut, en 1930, la Sarthe déborde à nouveau. "La pierre située sur le côté de la Maison du Passeur marque le niveau de la crue" raconte René Gaignon, notre filléen de souche qui se souvient très bien de cette crue mémorable après celle de 1910 :  "J'étais là en 1930, cette pierre a été mise exprès pour se souvenir....Il y avait des tilleuls sur la place de l'église et les bateaux étaient attachés aux arbres" (M.L. 01.1995).

     

     

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    En 1932 s'ouvrait l'école privée dans le bâtiment situé à l'angle de la rue du Passeur  tenue par les sœurs d'Evron et mis à disposition à titre gracieux pour les utiliser à des fins scolaires. En 1937, deux religieuses s'installent pour soins aux malades.

     

     

     

     

     

    Au recensement général de 1936,  on dénombrait 467 habitants. Il existait encore certaines professions rurales et petits commerces locaux, ceux-ci, aujourd'hui  sont disparus, mais ils animaient la vie du village. Parmi ces 467 habitants, il y avait donc :

     

    1. quatre propriétaires sans profession ;
    2. un curé desservant (l'abbé Couronne Stanislas) et sa gouvernante ;
    3. un cafetier-épicier ;
    4. une épicière ;
    5. une cafetière ;
    6. un cordonnier ;
    7. deux meuniers (COSNIER Père et Fils) ;
    8. une infirmière ;
    9. un tonnelier ;
    10. une employée de bureau ; (patron hors commune) ;
    11. une receveuse des tramways (Auxilia) ;
    12. un sabotier ;
    13. deux maçons ;
    14. deux couturières ;
    15. deux propriétaires-éleveurs ;
    16. dix-huit propriétaires-exploitants ;
    17. un cantonnier communal ;
    18. un entraîneur-jockey ;
    19. un charpentier
    20. un ouvrier-charpentier ;
    21. un coltineur ;
    22. un manœuvre ;
    23. deux jardiniers ;
    24. trente-huit  cultivateurs-fermiers ;
    25. seize journaliers ;
    26. six domestiques ;
    27. trente aide de cultures ;
    28. sept retraités.

    Entre 1933 et 1934, des travaux sont executés à la Mairie et dans l'école de garçons tandit qu'en 1935, un nouveau facteur s'installe avec la responsable des Postes et Télécommunications.

    Photo collection Particulière

    QUIÉTUDE : Une partie de pêche en barque sur la Sarthe, près du pont de FILLÉ.

     

     


    On voit donc que FILLÉ fait le bonheur de ses premiers estivants qui viennent avant tout pour sa pêche, un vacancier recommande à un ami également passionné : "Si tu viens, apporte une épuisette, si tu en as une...... il ne faut pas d'autres appâts, ici on trouve des vers, tu verras tu feras du poisson gros et petit". Un manceau amoureux de nature et de pêche écrit en 1937 : "hier, je suis allé avec A... et quelques autres Messieurs à Fillé, un gentil coin, très reposant, très salubre, la rivière est très belle, un ami d'A... va nous préparer des endroits pour que nous fassions de belles prises, nous en avons pour 20 minutes pour nous rendre au pays qui est à environ 15 kms du Mans..."

     

    GRANDE FÊTE NAUTIQUE ET HUMORISTIQUE DU 15 AOUT 1936

     

    Fillé sur sarthe n'a jamais failli à sa tradition d'organiser une grande fête de l'été au bord de l'eau. Que ce soit depuis la guerre, les jolies fêtes des bateaux fleuris, celle du 3 Juillet 1994 qui fut une grande fête pyrotechnique à l'occasion de la commémoration du cinquantenaire de la Libération ou bien, tout récemment avec le plateau dansant et le plateau de steack-frites avec le feu d'artifice en prime, bref, FILLÉ sait accueillir pour faire la Fête.

    Alors, en ce jour du 15 Août 1936, afin que les spectateurs puissent venir en grand nombre, les tramways de la Sarthe ont déjà fait un effort sur le prix du billet aller et retour. Mais,  j'admire beaucoup la prose du correspondant de OUEST-ÉCLAIR (ci-dessous) qui précise que de "hardis acrobates amateurs" ont accroché une guirlande électrique sur le pont (alors que nous, à l'heure actuelle, on dirait tout simplement et, sans autre forme de procès, que ce sont des bénévoles) et surtout le passage écrit : "les bords de la rivière se mettent à l'unisson de l'air de la fête".... alors là, c'est trop beau !

    Il est bien spécifié aussi sur l'autre article (celui du 13 Août de droite), pour les automobilistes, que pour cette fête organisée au profit du Comité de Bienfaisance "un parc sera installé pour le garage de leur voiture" :  Prévoyants les gens du Comité des Fêtes et d'ailleurs, depuis toujours, à chaque manifestation. Enfin, nous pensons que le temps était de la partie aussi ce jour-là : ce 15 Août 1936 et Bravo au Comité des Fêtes de Fillé pour toutes les fêtes qui ont été organisées et ce,  depuis l'origine des temps jusqu'à nos jours.

    extraits des journaux "OUEST-ECLAIR" des 13 et 15 Août 1936.

     

    Scan

    Photo collection Particulière

    Dans les années 30, photo de la rue du canal prise à la sortie du village après l'embranchement du pont sur le canal, la route n'est encore goudronnée. A droite, le haras de Beausoleil et à gauche la croix de Mission, au fond les petites fermettes. au dos de la carte, l'expéditeur à écrit simplement ; "un souvenir de pêche".

    Car, en effet, avant guerre, les riverains, les promeneurs, les vacanciers vantent FILLÉ pour sa pêche, sa tranquillité, les paysages au bord de la Sarthe si bucoliques, mais voilà que déjà, en 1939, en prévision de lendemains plus sombres, un régiment d'artillerie divisionnaire s'installe dans le secteur de FILLÉ.

    En attendant cette période enténébrée, certains profitent du" bon temps" et, en 1937, une estivante écrit à son amie restée à PARIS : "Le temps est capricieux et juste chaud, nos vacances gagnées laborieusement s'achèvent paisiblement. Nous nous habituerions volontiers à cette vie champêtre et les joues du grand J..... y gagneraient en volume ! ici, il se porte très bien...."

    Il semble qu'il y avait beaucoup de monde effectivement au regard de la photo prise au bord de la Sarthe entre l'église et le pont : tellement il y avait de pêcheurs en canotier en barques ou à pied, de femmes et d'enfants sur la photo bref que tout cela ressemble à un concours de pêche (ci-dessous).

     

     

    L'entre-deux guerres et l'inauguration du monument aux morts en 1923

     

    Il est heureux de constater et nous en avons vu la preuve - plus haut - sur un article du journal local (O.E.) que Fillé attire toujours autant d'amoureux de la nature et de la pêche. Une parisienne venue en villégiature à Fillé écrit à des amis "Bien arrivés par un temps superbe et aujourd'hui levés dès l'aurore, nous voici à Fillé et c'est bien agréable de revoir les coiffes brodées, les sapins et la bruyère..." .

    Rien qu'à voir toute cette animation au bord de la rivière, on croirait assister à un concours de pêche...

    En août 1920, des vacanciers écrivent à un parisien en villégiature au Tréport : "Nous sommes à FILLÉ pour le moment, il y a beaucoup de monde et le temps passe rapidement..."

    En juillet 1921, un autre estivant écrit à sa sœur : "Ici, bonnes vacances, hélas trop vite écoulées, bonne existence tranquille. G.... a fait jusqu'à 18 livres de poissons...." 

    Le 22 décembre 1937, un propriétaire habitant Fillé et conseiller municipal s'est gravement blessé en abattant des arbres. Il a été conduit à la clinique des Marianites au Mans.

     

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    A la veille de la guerre, un article de "OUEST-ÉCLAIR" relève le fait que notre secrétaire de Mairie, Monsieur MOHAIN, avait obtenu la médaille d'honneur des employés Municipaux. (extrait article de Ouest-Eclair).

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    CI-DESSOUS : EXTRAIT D'UN ARTICLE PARU DANS UN JOURNAL LOCAL LE 16 AOUT 1939



    "La coquette commune de FILLÉ est, on le sait, un lieu préféré de nombreux pêcheurs, des manceaux y ont leur maison de campagne, de nombreux parisiens y viennent y passer leurs vacances, on y voit aussi des campeurs et pendant les fêtes de la mi-août, c'est par dizaines que des voitures de promeneurs, sans compter les motos et les bicyclettes viennent s'y arrêter quelques heures sous les frais ombrages des peupliers du canal.


     

     


     






    Mais, il manque à FILLÉ quelque chose pour intéresser ceux qui ne pêchent pas, une PLAGE !!!

    Il y a bien un banc de sable naturel près du barrage mais bien insuffisant.

    Qui prendra l'initiative d'aménager une plage dans ce cadre charmant du moulin ?  L'aimable meunier, Monsieur COSNIER, approuverait certainement cette initiative venant de la Municipalité, aidée des accueillants commerçants de la localité.

    Et pour l'installation d'un petit stade nautique, Monsieur BELLUAU, le sympathique président des Pingouins de l'Huisne du Mans, qui est aussi un habitant de FILLÉ, pourrait donner de précieux conseils

    FILLÉ verrait alors le nombre de ses visiteurs augmenter sensiblement pour le plus grand profit de tous.

    L'idée est lancée, n'est-elle pas excellente ? et à l'instar de nombreuses autres communes sarthoises, FILLÉ se doit d'avoir une plage pour la saison estivale 1940."  B.M.

     

     

    Malheureusement, les esprits - tout comme les projets de plage - étaient ailleurs en juin 40... :
     

     

     

     

    Exode de civils français sur une route de
    Exode de civils français sur une route de





    ci-dessous, panneau indicateur qui, situé au carrefour des routes des vignes et du canal existait encore dans les années 80...


     




    Source et illustrations :


    correspondances d'une collection privée.

    extrait d'un article paru sur le bulletin communal de LA ROUE TOURNE de l'année 1985 et consacré à un reportage paru dans un journal local de la SARTHE le 16/8/1939.
    extraits des journaux "OUEST-ECLAIR" du 16 Juin 1924 relatant l'excursion de l'Association des Normands ; de celui du 25 Novembre 1937 relatant la remise de la rosette de la Légion d'Honneur à Monsieur Alphonse BEUNARDEAU ; de ceux des 13 et 15 Août 1936 relatant la fête nautique et humoristique. sur le site www.normannia.info
    pour d'autres textes divers : BNF.fr Gallica.



    LIENS :


    LE ROBOT LIZA BUZZ

    Lisabuzz.com parle de FILLÉ S.SARTHE DE 1900 A NOS JOURS : Bien que FILLÉ S.SARTHE DE 1900 A NOS JOURS soit signé Choisnet christiane, on a du mal à croire qu une telle merveille puisse être le produit du travail d une seule et même personne, tant ce blog est riche, complexe, troublant comme un impromptu de Schubert. Je ne doute pas que FILLÉ S.SARTHE DE 1900 A NOS JOURS soit dédié aux internautes les plus intelligents, exigeants. Comme diraient les écossais : A masterpiece ! signé http://blog.lisabuzz.com

     

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  • paragraphe précédent : soldats du 97° régiment d'Artillerie Divisionnaire cantonné à Fillé en 1939/40.

     

     

    Les vingt années entre 1919 et 1939 furent une désespérante illusion et en Septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologue ce qui déclencha la deuxième guerre mondiale. Un an auparavant, après de nombreux ballets diplomatiques, Chamberlain et Daladier avaient signé les accords de Munich en présence d'Hitler et de Mussolini ce qui mettait fin à la crise des Sudètes et indirectement scellait la mort de la Tchécoslovaquie comme état indépendant. Cet honteux compromis fit dire par Winston Churchill : "Ils ont accepté le déshonneur pour avoir la paix, non seulement ils auront le déshonneur mais ils auront aussi la guerre". Ce qu'il prédit arriva : le 3 Septembre 1939, Londres et Paris déclarèrent la guerre à l'Allemagne suite à l'invasion de la Pologne, le 1er Septembre, par les troupes allemandes.

    Aux Français de l'arrière, les autorités leur donnent pour consigne d'être résolus et disciplinés et surtout d'accepter aussi la discipline du silence en proclamant : "il en va du salut de notre pays, il en va de la victoire de nos armées, il en va du triomphe de notre juste cause..."Des affiches sont même placardées du genre : "Taisez-vous, des oreilles ennemies vous écoutent". Le mythe de la "cinquième colonne" étant déjà bien répandu suite à l'afflux de réfugiés allemands sur notre sol fuyant l'Allemagne nazie, il s'instaure alors, dès la déclaration de guerre, un climat "d'espionnite aigue" et, chacun est invité à être vigilant et à fuir "les conversations de café"....

    Déjà, pour se prémunir d'un conflit, par la loi du 11 Juillet 1938, ont été créés les services de la Défense Passive rattachés aux services de la Préfecture lesquels autorisaient, par exemple, les particuliers à creuser un abri dans leur jardin en cas de bombardement.

     

    la guerre de 1939/45

     

    « Silence, l'ennemi guette vos confidences ! ». Paul Colin, France, 1939. Source:  Drouot.

     

    En Sarthe, le quotidien OUEST-ECLAIR, annonce en page 4 de son édition du 4 Septembre 1939, que les manifestations agricoles seront supprimées tel que le concours départemental qui devait avoir lieu aux 4 JOURS DU MANS et qu'il en sera de même pour le comice agricole de la Suze prévu le 10 Septembre.

    Pendant ce temps, un crime ignoble commis à Guécelard, dans une ferme, cause un vif émoi dans toute la contrée. Un inconnu rôdant autour des lieux, au prétexte de faire une réquisition de chevaux, est immédiatement soupçonné.

    D'autre part, dans ses colonnes, le même quotidien publie également un article des Tramways de la Sarthe affichant  les horaires des trains journaliers du service spécial de mobilisation lesquels sont pour les départs du Mans, 7 h et 16 h 20 et pour les arrivées : 9 h 05 et 18 h 15 concernant notre ligne de LE MANS, GUECELARD, CERANS-FOULLETOURTE. Ainsi, la jeune France est partie, sac au dos, l'espérance au coeur..une impression de "déjà vu".

    Par ailleurs, un comité de la CROIX ROUGE se constitue à SABLÉ mais, dénué de toutes ressources, celui-ci précise qu'il espère rencontrer partout un bienveillant accueil auprès de la population au cas où l'appel à la générosité des habitants de la région de Sablé serait lancé.

     

     
     

    Après une "drôle de guerre" de huit mois, l'Allemagne déclenche son offensive sur les pays de l'Europe du Nord puis ensuite sur la Belgique et la France. Hélas, on assiste alors à l'effondrement total de la ligne de défense française et la défaite est inévitable : le front étant totalement disloqué, les allemands envahissent la Belgique et le Nord en quelques jours. Le gouvernement français lance un appel désespéré aux Britanniques pour avoir un appui aérien et une escadrille anglaise est enfin transférée au Mans dans la journée du 8 Juin.

    Succombant à un "sauve qui peut" collectif, beaucoup d'habitants du Nord, de l'Est de la France ainsi que de la Belgique se jetèrent sur les routes de l'exode par une peur incontrôlable et se heurtèrent, pour la plupart, au franchissement des ponts sur la Loire ajoutant leur panique à celle de la débâcle de nombreux soldats français. Bien évidemment, ces millions de réfugiés avec leurs maigres bagages provoquèrent une énorme "pagaille" et ne facilitèrent pas le mouvement des troupes sur les routes mais, pouvait-on leur en vouloir ?

    Je me souviens de récits que m'avait contés ma mère qui avait été témoin de scènes très pénibles alors qu'elle était serveuse au restaurant "Le Pigeon d'Or" aux Ponts-de-Cé, au moment de l'exode, ville hautement stratégique avec ses 4 ponts. De nombreux réfugiés avaient envahi l'établissement et les personnes qui y étaient employées n'arrivaient plus à faire face devant ce flot humain dont certains venus d'Hollande, de Belgique et du Nord de la France, qui ne réclamaient souvent qu'un verre d'eau mais, tellement désemparés, étaient devenus agressifs devant le danger, la peur et la souffrance. Au milieu d'un chaos général et, sans nouvelles de leurs proches, ces jours de juin 40 où trop souvent, l'affolement, la détresse se disputaient à la lâcheté, resteront à jamais gravés dans la mémoire collective.

     

     

    .
    Dessin de Christiane Choisnet

     

     

    Départ dans la précipitation, exode pour des millions de gens.... vers où ??

    C'est ainsi que le 14 Juin, les troupes allemandes entrèrent dans un Paris, désert, déclaré "ville ouverte" et le peu de parisiens qui restaient assistèrent à des "images choc" : voir le défilé des troupes allemandes sur les Champs Elysées, le drapeau à la croix gammée flottant sous l'arc de triomphe.

    Le gouvernement de Pétain est prêt à capituler et après l'armistice signé le 22 Juin, la plupart des malheureux évacués rejoignirent leur domicile mais, néanmoins, cent mille d'entre-eux avaient péri sous le mitraillage des routes.

    Le Maréchal Pétain - le vainqueur de Verdun - proclamé chef de l'Etat Français, collabore avec l'occupant. Il met en œuvre une politique de révolution nationale proche du fascisme. Les emblèmes de la République "Liberté, Egalité, Fraternité" sont peu à peu remplacés par la nouvelle devise du régime : "Travail, Famille, Patrie".

     

     

    Copie d'un document privé

    Il décerne des médailles de"La Famille Française" aux mères de famille nombreuse.

    Il apparaissait, au hasard de récits recueillis çà et là auprès d'anciens de la commune de Fillé (qui n'avaient à vrai dire, au début du conflit, que peu de contacts auprès des occupants), que ceux-ci se comportaient d'une façon à "ne pas rugir comme de féroces soldats ni d'égorger nos fils et nos compagnes".   Ils ignoraient, que derrière le visage souriant des soldats de la Wehrmacht de 1940, se cachait le régime de terreur des nazis et qu'à la fin de la guerre, les Filléens allaient découvrir leur vrai visage (voir rubrique : la Libération et l'incendie de l'église) : les services administratifs de la Lutwaffe vont en effet se replier de Saint-Brieuc sur Fillé et s'installer dans le village après le débarquement du 6 Juin 1944. A partir de là, les habitants auront à subir, outre le couvre-feu, les perquisitions policières et les requisitions.


    Monsieur BEUNARDEAU eut la lourde charge de gérer la commune pendant la guerre (réélu en 1941).
    Il faut dire que commençait une bien mauvaise période (pour tout le monde) mais aussi pour les Maires. Ils ont eût à satisfaire aux exigences de réquisitions pour fournir ce qui était demandé par les troupes allemandes : chevaux, vaches, vélos... ce qui n'était pas sans soulever une émotion parmi la population qui elle devait se soumettre aux ordres des envahisseurs.

     
     

     

     

    Copie d'une page d'un journal de Juillet 1940 (Le Petit Courrier) extraite des archives départementales de Maine et Loire - Presse

    ci-dessus : SIGNE DES TEMPS : LE PETIT COURRIER publie un éditorial en marge des instructions du Haut Commandement de l'armée allemande qu'il adresse à la population,

    l'éditorial est intitulé : "LE BESOIN D'AMES FORTES" il en fallait justement du courage !

    Comme si les évènements ne suffisaient pas, les conditions de l'hiver 1939/40 furent très rudes : le mois de janvier 1940 fut glacial et les livreurs de charbon ne chômèrent pas. Pendant la "drôle de guerre", les soldats français patrouillèrent dans la neige ! 

     

    Ci-dessous : Avant l'offensive, des soldats stationnés à FILLÉ : le 97° RÉGIMENT D'ARTILLERIE DIVISIONNAIRE avait été formé à la SUZE SUR SARTHE le 31 Mars 1940 avec deux groupes dont l'un était dispersé sur FILLÉ.



    Soldats du 97° RAD le long du canal près de l'actuelle salle des fêtes et ... ci-dessous sous le pont du canal

    la guerre de 1939/45

     



    En mars 1940, l'un de ces soldats écrivait à sa mère : "Espérons que la guerre sera bientôt finie et que nous n'en reparlerons plus. Ici, les alertes ne sont pas trop nombreuses, c'est un secteur calme mais vois-tu la vie est bien bizarre parfois et cette fois-ci, je ne suis pas encore en veine puisque l'on repart ou ? mystère..."

                                                                  (extrait d'une correspondance privée sur carte postale de mars 1940)
                                                                                             (collection personnelle de cartes postales anciennes).

     


    Lors de la soirée du 8 Mars 1991 à la MTL, nous avons pû entendre le reportage enregistré et présenté par René GAIGNON avec l'Abbé Baron qui fut curé de Fillé après-guerre, reportage retranscrit sur "LA ROUE TOURNE", le bulletin communal d'Octobre 1991. A notre grande surprise, nous avons appris que l'abbé BARON faisait partie des soldats du 97° Régiment d'Artillerie Divisionnaire dispersé à Fillé. Mais voici, un extrait de cet interview du 12 Février 1990 présenté en 1991 :

    - R.G. : "Nous recevons M. l'Abbé BARON qui va évoquer ses souvenirs de FILLE SUR SARTHE"

    - Abbé Baron : "Celui qui vous parle en ce 12 Février 1990 chez Monsieur GAIGNON  aux Gesleries de FILLE est un aumônier retraité du Centre Hospitalier du Mans. Il fut le curé de la paroisse du 17 Septembre 1950 au 6 Juin 1958 et chargé, par Monseigneur GRENTE, son évèque, de la restauration de l'église incendiée malencontreusement, lors de la Libération par les troupes américaines du Général Patton, le mardi 8 Août 1944.

    C'est tout une histoire, une histoire passionnante..."

    - R.G. "Comment avez-vous connu FILLÉ ?"

    - Abbé Baron : "FILLÉ, j'en avais entendu parler quand j'étais jeune car ce petit pays avait la réputation d'être un lieu de villégiature, de promenade et surtout de pêche. Les amateurs de pêche, en effet, aimaient partir du MANS, par le "petit tacot", le tramway départemental, à FILLÉ. C'est tout ce que j'en savais, si ce n'est qu'une fois pour y être passé, enfant, en promenade, par ce même tacot avec le patronage du Tertre Saint-Laurent. Mais le souvenir en restait vague et peu précis..

    Par contre, un évènement y aura marqué ma vie. Il y aura de cela cinquante ans le premier Mars prochain, un régiment d'artillerie hippomobile était rassemblé à LA SUZE pour se disperser dans des communes voisines. Ce Régiment était le 97ème Régiment d'Artillerie Divisionnaire (97° R.A.D.). Le même jour, s'installaient à FILLÉ, au château du Gros Chesnay, l'Etat Major,  puis au bourg, la Batterie Hors Rang (B.H.R.), enfin, au-delà du canal, la 9ème Batterie.
    C'est ainsi que séminariste-soldat, j'allais loger le soir même, dans la maison natale de Monseigneur Julien GOUET, à la "Pelouse" inoccupée à ce moment-là.

    J'y restais une dizaine de jours avant de trouver gîte, avec mes camarades, dans d'autres maisons des "Iles" où étaient installé le Poste de Commandement (P.C.) du Capitaine qui était alors le lieutenant André Boulle. Cela dura jusqu'au 25 Mai 1940.

    Il n'est pas banal que, dix ans plus tard, ce séminariste-soldat devenu prêtre en 1944, trois jours avant le débarquement des alliés en Normandie, soit désigné comme curé de la paroisse. Mais cela s'explique assez bien : ses liens avec FILLÉ n'avaient pas cessé. En effet, le dimanche, pendant la "drôle de guerre", donnait l'occasion aux militaires de rencontrer le curé d'alors, l'abbé COURONNE, et, pour plusieurs séminaristes-soldats, de venir le saluer après la messe, d'être reçus par lui et de bien le connaître. D'autant plus qu'au retour de la guerre, après l'armistice, lors de l'Occupation, le séminariste-soldat libéré des obligations militaires est venu, à plusieurs reprises, à vélo du Grand Séminaire du Mans au presbytère de Fillé. Grâce à Monseigneur Julien GOUET, un ravitaillement bien précieux pour des jeunes démunis de nourriture à l'époque était préparé soigneusement et déposé par le boucher, Monsieur TRIBOTTE et le boulanger, Monsieur LELASSEUX...".  

     

     

    image empruntée à page perso-orange.fr

     

     

    En1936, le temps des loisirs chèrement acquis avait commencé : après des années de grèves et d'agitation sociale, les travailleurs français atteignirent leur but : 40 heures de travail par semaine et deux semaines de congés payés pour chacun. Cependant, le train était cher et l'automobile restait du domaine du "rêve".

    Des dizaines de milliers d'entre-eux choisirent la bicyclette et une vague turbulente déferla sur le cyclotourisme qui devint très populaire. Ainsi, commença l'âge d'or des bicyclettes artisanales.

    Mais, hélas, l'invasion allemande en 1940 devait bouleverser la vie quotidienne des français. En dépit de la rigueur du temps, la production continua à une moindre échelle et la bicyclette devint plus un moyen de locomotion qu'un équipement sportif. Beaucoup de cyclotouristes en profitèrent pour battre la campagne à la recherche de produits fermiers pour se nourrir. Certains manceaux se procurèrent des victuailles chez nos paysans de FILLÉ.

    Et la demande de bicyclettes devenait supérieure à la production. Il fut institué un formulaire destiné à la Préfecture pour ceux dont la bicyclette était un moyen de transport pour se rendre au travail.

     

     


    Formulaire à remplir pour effectuer une demande de bicyclette auprès de la Préfecture : Copie archive Mairie de Fillé

     

     

    LA CROIX ROUGE FRANÇAISE ET LE SECOURS NATIONAL

     

    La Croix Rouge Française a subi de plein fouet le choc de la deuxième guerre mondiale et a dû faire face à des problèmes liés à l'occupation de notre territoire. Le conflit armé avait bien cessé en juin 1940 et les activités de guerre ont laissé place à des actions d'aide aux populations civiles souffrant de problèmes d'approvisionnement dus à la présence d'une armée d'occupation mais toujours en guerre et donc, ayant besoin d'énormes ressources pour soutenir leur effort de guerre. La CRF s'engagea aussi auprès des enfants nécessiteux et des civils dans les camps jusqu'en 1942 où elle fut supplantée par la volonté exprimée par VICHY de la marginaliser au profit de structures plus facilement instrumentalisables comme le Secours National. Le Secours National a été créé en 1914 pour venir en aide aux soldats et principalement épauler les organismes sociaux. Il a été recréé en 1940 dans cet esprit mais aussi pour accroître l'aide aux femmes de prisonniers. C'était surtout un bon instrument de propagande du Maréchal Pétain.

     

    document personnel  prêté lors de l'expo "FILLÉ D'HIER et d'AUJOURD'HUI" organisé à FILLÉ par le comité d'animation en Janvier 1987 (cette expo qui regroupait beaucoup de documents d'époque fut très intéressante à tous points de vue ).

     

    Brochure éditée en 1941 par le Secours National principalement à l'attention des femmes de prisonniers de guerre pour les conseiller dans la fabrication de conserves et leur donner des recettes de confitures sans emploi de sucre ordinaire puisqu'il manquait. Il faut bien sûr savoir conserver les aliments pour l'hiver car le réfrigérateur et le congélateur n'existaient pas encore.


     

    Document privé

     

     

    la guerre de 1939/45

     illustration from Pinterest

     
    Les épreuves de juin 40 passées, la vie quotidienne des filléens comme d'ailleurs celle de tous les français consiste à se nourrir et à se vêtir mais les restrictions alimentaires commencent très tôt.

    En ce qui concerne les denrées de première nécessité (sucre, pâtes alimentaires, riz, pain), après trois mois de guerre et voyant les hostilités se prolonger, l'Etat français s'est vu dans l'obligation d'apporter des mesures de restriction à la consommation.

    En effet, les ressources ne pouvant être aussi abondantes qu'en temps de paix, il était évident que, dans ces conditions, il n'était plus possible de laisser chacun agir à sa guise sans risque de provoquer au bout de quelques mois une période de véritable disette préjudiciable à une majorité de français. Certains consommateurs n'écoutant que leurs besoins pressants se seraient efforcer d'acheter à n'importe quel prix sans comprendre leur devoir ce qui aurait entrainé une augmentation des cours des marchandises dans des proportions considérables - sans doute à la grande satisfaction de l'ennemi - mais tout le fardeau en serait retombé sur ceux qui ne pouvaient les acquérir qu'au jour le jour.  

    Les ressources ne pouvaient être aussi importantes qu'en temps de paix, bien sûr, le ministre de l'Agriculture P. CAZIOT en impute la responsabilité aux difficultés de ramassage, à la perte importante du cheptel, au blocus anglais, etc..mais surtout en passant bien sous silence les exigences de l'armée allemande, il commente les mesures de rigueur en ces termes :

    "Les conséquences de la guerre et de la défaite apparaissent maintenant dans leur tragique réalité. Le gouvernement s'efforce par tous les moyens d'en adoucir la rigueur mais il ne peut le faire que dans la limite des approvisionnements..."

    Pour familiariser le public avec ses nouvelles obligations, il a été décidé de donner dans un premier temps la même ration journalière de 300 gr de pain à chaque individu mais il était évident qu'il fallait compter avec les différences entre les situations, les besoins (un enfant en bas âge ne peut être traité de la même façon qu'un conducteur de locomotive).

    Il convenait donc au Service de répartition de tenir compte de ces différences et pour cela, connaître l'individualité de chaque consommateur, son sexe, son âge, etc... d'oû l'institution des cartes individuelles d'alimentation qui ont perdurées bien après la guerre jusqu'à la fin des années 40 (voir CHAPITRE concernant l'APRES-GUERRE et LA RECONSTRUCTION DE L'EGLISE).

     

    ci-dessous carte individuelle d'alimentation

    (archives MAIRIE DE FILLE)

    Prenons l'exemple de la ménagère de Fillé qui doit se munir de tickets pour sa ration mensuelle de pain. Elle se rend (aux dates indiquées) à la Mairie de Fillé et, cette ration de pain étant fixée à 300 gr par jour, elle reçoit donc sur présentation du carnet correspondant, pour chaque personne de sa famille, trois feuilles comportant autant de tickets de 100 gr qu'il y a de jours dans le mois. Les tickets sont datés et il n'en peut être fait usage qu'aux dates indiquées afin d'éviter aux imprévoyants d'épuiser leurs feuilles de tickets avant la fin du mois.

    Les portefeuilles ne débordaient pas de billets de banque mais de cartes de ravitaillement qui classaient les individus en catégories.

     

     

    tickets d'alimentation : de pain, de sucre, carte de lait entier et de vin suppléments alimentaires
    archives de la Mairie de FILLE

    La vie quotidienne des français se caractérise donc par la pénurie. Entre 1940 et 1941, la liste des denrées rationnées s'est allongée. Après le pain, c'est le sucre, puis le beurre, puis la viande, le café, la charcuterie, les œufs, l'huile, le chocolat, le poisson frais, le lait et enfin les pommes de terre.  La société de marché noir se met en place. Beaucoup de citadins se découvrent des "cousins" à la campagne : on troque de la matière grasse contre du tabac, du porc contre un blouson, un lapin contre un costume.

    Pour rajouter à la détresse : les hivers qui se succédèrent furent très rudes : janvier 1941 et Janvier 1942 furent froids et neigeux. Une dame de FILLÉ m'a confié qu'un jour (à cette époque, elle était jeune mariée), elle était allée assez loin, à bicyclette, pour chercher du bois qu'elle avait enfin trouvé sous forme de planches qu'elle avait placées sur le porte-bagages arrière et qui, bien sûr, dépassaient largement le gabarit de son vélo à tel point qu'un homme dans un champ à la Croix-Georgette s'était exclamé : "Mais ce n'est pas un vélo, çà ! c'est un avion !".

    Restrictions, Restrictions... il n'y a pas que les denrées alimentaires qui était rationnées, il avait été établi aussi des cartes de vêtements à l'appui desquels les consommateurs pouvaient obtenir des bons auprès de la Mairie pour se procurer des chaussures, des côtes de travail, des espadrilles, des sandalettes ou des sabotines. Tout était répertorié à la Mairie de Fillé (comme cela devait l'être partout ailleurs) sur des vulgaires cahiers d'écolier, le n° d'ordre, les noms et prénoms de l'intéressé, la date du dépôt de la fiche, la date des décisions, la catégorie du bon (par exemple, pantoufles ou sandalettes ou bien même chaussures de ville), et ensuite, il y avait une colonne émargement qui comportait la signature du bénéficiaire du bon.

    Il y avait pour les consommateurs du sexe masculin âgés de plus de vingt ans  (nés avant le 1er Juillet 1922 par exemple pour l'année 42) des tickets de produits à raser.

    Bref, tout cela constituait pour le secrétaire de Mairie qui était le Directeur de l'école à l'époque une comptabilité fastidieuse. Force est de reconnaître que pour gérer tout cela, il ne fallait pas avoir le moral dans les chaussettes. 

    Les professionnels (c'est-à-dire les artisans et commerçants) pouvaient se procurer des attributions supplémentaires de savon. Tout cela était répertorié sur un autre cahier car ce savon était donc attribué au charpentier,  au maréchal-ferrant, au menuisier, au cordonnier, au maçon, au boulanger, au boucher, au meunier et à la sage-femme car dans les années quarante, tous ces corps de métier étaient encore représentés à Fillé. 

     

    Carte de vêtements et d'articles textiles (copie archives Mairie de Fillé).

    il y avait aussi des bons de savon, des tickets de produits à raser.... (documents copie archives Mairie de Fillé).

    Pendant le second hiver de guerre (1940/41), le hasard fait très mal les choses puisqu'il est également très froid. Le journal L'ECLAIR signale qu'en Sarthe, pendant la vague de froid qui s'étend du 13 décembre 1940 au 19 janvier 1941, il faut souvent casser la glace pourque les bestiaux puissent s'abreuver.

    A l'été 41, alors que l'approvisionnement devient problématique, le mauvais temps compromet les moissons en août qui est frais et humide : les récoltes sont couchées par la pluie et le vent. Du côté de Fillé, le marché noir se multiplie car les tickets d'alimentation ne couvrent pas les besoins de la population.

    Pour les femmes, surtout celles dont le mari est absent (prisonnier), c'est le temps de la "débrouille", de la récupération de vieux pneus pour ressemeler les chaussures à la confection de salade au savon sans huile. Mais il fallait surtout "tenir le coup" malgré l'angoisse, l'attente, c'est la vie des femmes de prisonniers au quotidien.

     

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    Dès leur arrivée dans le stalag (camp de prisonniers en Allemagne), le prisonnier de guerre adressait une carte-lettre  que les autorités leur remettaient afin qu'ils précisent à leur famille l'adresse du camp où il était capturé. 

    Car, en effet, à la fin de la 'drôle de guerre", beaucoup de nos soldats ont été capturés. Rien que pour notre petit village de FILLE et, sauf erreur, dix-sept filléens ont été répartis dans divers stalags et oflags en Allemagne au début de l'occupation.

    Ce furent, pour une majorité d'entre-eux, de longues années d'une dure captivité et beaucoup de souffrances. Si certains organismes renouvelaient fréquemment les démarches pour obtenir des autorités allemandes compétentes le retour des prisonniers de guerre dans leur foyer, le Comité d'Assistance aux Prisonniers en captivité s'occupait, relayé en cela par les comités locaux dans les communes, de faire parvenir aux soldats retenus en Allemagne des colis de nourriture. 


    Document archives Mairie de Fillé
    Fiche établie par le Comité Local de Fillé lors de l'expédition d'un colis pour chaque prisonnier de guerre.

     

    Ces colis étaient acheminés par la Croix Rouge et aussi grâce au gouvernement helvétique qui dès le début des hostilités est intervenu auprès des belligérants pour faire parvenir des colis postaux aux prisonniers. Ceux-ci vivaient d'espérance et ces colis leur signifiaient que dans leur village, on ne les "oubliait pas".
    Outre l'envoi de colis et le maintien des liens par messages entre les prisonniers et leur famille, la Croix Rouge avait aussi pour mission d'organiser la visite des prisonniers politiques dans les prisons, notamment pour améliorer leur sort et tenir informées leurs familles. Les infirmières enrôlées dans la Croix Rouge et donc investies de ces fonctions ont quelquefois eût la lourde tâche de transmettre aux familles la dernière lettre et les biens des fusillés.
     
     
     

        Correspondance adressée par l'Employeur d'un prisonnier de guerre en Allemagne afin d'obtenir auprès des autorités allemandes son rapatriement = démarche non aboutie. Document personnel prêté lors de l'expo "FILLE d'HIER et AUJOURD'HUI organisé à FILLE par le Comité d'Animation en Janvier 1987.      

    Je n'ai pas - personnellement - vécu cette période, étant née en 1946, mais j'étais, moi aussi, une fille de "K.G." (Kriegsgefangener - prisonnier de guerre) qui s'est évadé deux fois lors de sa captivité en Allemagne et chaque fois repris, finalement expédié dans le camp disciplinaire de RAWA-RUSKA que CHURCHILL avait appelé le "camp de la mort lente". Si la plupart des allemands dans la population manifestement n'aidait pas les prisonniers dans leur évasion - car mon père et son compagnon d'infortune ont été "cueillis" à la sortie d'un cinéma lors de la deuxième tentative -  par ailleurs, ils avaient trouvé bien en évidence, sur une poubelle, une boussole et une carte de l'Allemagne ; preuve qu'il y avait tout de même des gens en Allemagne qui avaient une certaine sympathie pour les "K.G." Mais voilà que je m'évade moi aussi, revenons donc à la période d'occupation à FILLÉ.

    En juillet 1942, Henri écrit à ses parents : "chers Parents, Plus une goutte d'encre dans mon stylo et pas une minute depuis deux jours, je suis au camp à Fillé - beau temps - ambiance sympathique..."   Un autre réfugié à FILLÉ écrit encore : "Vous remercierez T... et Madame B... pour la bonne viande qu'ils nous donnent. Je ne m'ennuie pas à FILLÉ car on y est très bien et sans restriction..."
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    n filléen écrit en 1941 à des parents : "nous aussi nous aimons beaucoup voyager, mais pas en ce moment car avec les difficultés sans nombre qu'on rencontre pour voyager actuellement, j'estime que c'est une véritable plaie. Aussi, tant que dureront les hostilités, nous n'entreprendrons aucun grand voyage...... "   puis constatant des changements de comportements ici ou là : "On nous a dit que cette guerre était à surprises et qu'on verra de tout... on est bien obligés de se rendre à l'évidence..."  

    - correspondances sur documents privés -

     

    Hélas, en effet, à l'instar de beaucoup d'autres communes de la France occupée, FILLÉ n'a pas échappé aux lâchetés banales de l'époque, aux ennemis invisibles : les délateurs, les dénonciateurs, enfin tous ceux qui avaient l'occasion de se venger d'un voisin, voire même d'un proche motivé par la jalousie, le mépris des autres ou tout autre raison tout aussi médiocre de dénoncer à la Gestapo.  

     

     

     

      

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    MALGRÉ LA GUERRE, LES CITADINS VIENNENT TOUJOURS EN NOMBRE ATTIRÉS  PAR LES RIVIÈRES POISSONNEUSES DE FILLÉ :

     

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    Article du 8 Juillet 1942 de Ouest-Eclair concernant un concours de pêche dans le canal.

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    L'hiver 1942/43 est le troisième hiver de guerre glacial et à Fillé comme dans tout le reste de la France, on vit toujours au rythme des tickets de rationnement. 

    Les 29 Juin et 4 Juillet 1943 : Des centaines de forteresses volantes pilonnent la région (extrait des Données chronologiques de Pierre Gouet 2005-2006).

     

     

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    Pendant la guerre, à FILLÉ comme ailleurs, certains acceptèrent leur sort et se résignèrent car il y avait beaucoup plus de gens soucieux de leur sécurité et de leur garde-manger que de citoyens courageux et patriotes.

    D'autres ont relevé la tête et ont osé braver le silence et la peur. Ils ont choisi de lutter contre la barbarie nazie et par la suite, sont restés discrets sur le courage dont ils ont fait preuve. Ils resteront pour toujours cette lumière durant les années noires d’Occupation.

    Parmi ces hommes et ces femmes, des filléens, des jeunes gens pour la plupart, se sont comportés en véritables héros en s'illustrant avec courage.

    France ??? par dolbi303

    QU'HOMMAGE et RESPECT LEUR SOIENT RENDUS ICI !

    Aussi, n'oublions pas le rôle de Madame Hélène LE BIHAN dont le père, Jean LE BIHAN, mécanicien, était installé en face de la Mairie. Cette jeune femme, âgée de 27 ans au moment de la Libération, a caché chez elle des résistants du maquis de la Charnie ainsi que des pilotes anglais (1) et américains (2) qu'elle a pu faire passer en zone libre. Arrêtée le 25 juillet 1944, elle réussira néanmoins à s'échapper.

    (1) extrait des "Mémoires" de René Gaignon recueillies par la presse en août 1994 lors d'une 50ème anniversaire de la Libération.
    et :

    http://www.memoresist.org (Hélène LE BIHAN figure dans la liste des résistants de la Sarthe - Site Mémoires et Espoirs de la Résistance).

    (2) notamment un pilote américain d'un B-17 abattu dans la région le 17 Juin 1944 (arrêté également et déporté à Buchenwald où il survécut).

     

    Avant la guerre, Jean de Maupéou est ordonné prêtre au Mans en 1933. Il est mobilisé en juin 1940 et en août, après la débâcle, il revient au Mans alors que six de ses frères sont prisonniers de guerre en Allemagne. Il est affecté au 14 de la rue du Docteur Leroy comme responsable de la Jeunesse Catholique et aumônier des scouts.

    Progressivement, l'abbé Jean de Maupéou que ses camarades surnomment affectueusement "Le Pou" devient le père spirituel de ceux qui partagent son idéal de fraternité et de générosité. En avril 1943, il bénit le mariage en l'église de la Couture de deux chefs scouts Paul Marschall* et Kathleen Creenshaw qui refusent, eux aussi, d'abdiquer. Ensemble, ils pensent aux lendemains difficiles de ceux qui ne se résignent pas et préparent ainsi des provisions de vivres, de vêtements, des caches d'armes vers FILLÉ. Grâce au courage et au patriotisme de quelques filléens, Ils y trouvent également un refuge paisible dans les prairies du bord de Sarthe, près du manoir de la Beunêche pour des jeunes qui veulent échapper au STO.

    Jean de Maupéou ainsi que Kathleen et Paul Marschall ont été arrêtés par la Gestapo. Kathleen et Paul Marschall ont été arrêtés le 22 Avril 1944, Kathleen a été internée puis libérée le 28 Juillet 1944, Paul a été envoyé au camp de Buchenwald et il y est décédé le 24 Janvier 1945 ainsi que Jean de Maupéou. Source :

    http://www.memoresist.org (Paul et Kathleen Marschall figurent dans la liste des résistants de la Sarthe - Site Mémoires et Espoirs de la Résistance).

    et :

    Pour ces trois derniers paragraphes, les livres "100 VISAGES DE LA RESISTANCE ET DE LA DEPORTATION EN SARTHE" de Joseph Esteves ainsi que "LA VIE MANCELLE ET SARTHOISE" ont été consultés.




     



    Soldats du 97° R.A.D. à FILLÉ en 1939

     







      

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