• L'après-guerre et la reconstruction de l'église

     paragraphe précédent : un joli village de la Sarthe après reconstruction de son église.


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    Première page du Maine Libre du 8 Mai 1945.

     

     


     

     

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    En 1945, après cinq années de captivité, c'est le retour au pays d'un million de prisonniers emmenés en Allemagne à l'été 40. C'est le retour aussi des requis du STO et des déportés mais pour ce qui en est de ces derniers, tous, malheureusement ne rentreront pas des camps car effectivement entre ces trois catégories, le sort qui leur a été réservé en Allemagne n'était pas le même. Beaucoup de prisonniers n'ignorent pas que la privation de liberté, l'humiliation, la faim qu'ils ont endurées sont sans commune mesure avec les souffrances qu'ont connues les déportés ; aussi, après la joie des retrouvailles et ignorants pour la plupart des conditions d'existence, pendant ces cinq années, de leur pays libéré, le premier contact avec la France retrouvée n'est pas toujours à la hauteur de ce qu'ils avaient imaginé dans leur exil prolongé. Chacun, à sa manière, essaie de reprendre goût à la vie en oubliant le temps des  privations.... 
     
     

     

    Un recensement établi au 25 Juin 1945 dénombre 480 habitants.

    Il reste encore en 1945 à Fillé :

     

    1. un charpentier
    2. un maréchal-ferrant
    3. un menuisier
    4. un cordonnier
    5. un maçon
    6. un boulanger
    7. un boucher
    8. un épicier
    9. une sage-femme
    10. un meunier.
     
    * CHARPENTIER :   Monsieur DENET Jules
    * MARECHAL-FERRAND : Monsieur GOUET André
    * MENUISIER : Monsieur PIOGER Louis
    * CORDONNIER : Monsieur LEVEAU Noël
    * MAÇON : Monsieur FOURNIGAULT Victor
    * BOULANGER : Monsieur LELASSEUX Gaston
    * BOUCHER : Monsieur LORGEON  Jean
    * EPICIÈRE : Madame PIOGET Marie-Louise
    * SAGE-FEMME : Madame LOUVARD Odette
    * MEUNIER : Monsieur COSNIER Raoul  
    * COUTURIERE : Madame PECCATE Clémentine.   
     
    Au lendemain de la guerre, quatre nouveaux noms s'inscrivent sur le Monument aux morts du cimetière : quatre soldats tués pendant la seconde guerre mondiale : Joseph BRIOLAY, André LEPORCHER, Louis GUIBRUNET et André DUVAL.
    Joseph BRIOLAY est mort le 31 Janvier 1942 àSchonborn Thuringe. Il était militaire au 7° RAD.
     
    Et, déjà, au sortir de la deuxième guerre mondiale, notre empire vacille en Indochine, les combats sont terribles et la France subit en 1954 une défaite ressentie comme une profonde humiliation : DIEN BIEN PHU. A Fillé, sur le monument, hélas, s'inscrit un nouveau nom, Gilles de FROMONT de BOUAYE, mort à la dite bataille et son sacrifice au Champ d'Honneur est rappelé dans le chœur de notre église par une plaque en marbre noir.
     
    Le lieutenant Gilles de Fromont de Bouaye du 6ème Bataillon de Parachutistes Coloniaux, qui avait été parachuté le 20 Novembre 1953 à Dien-Bien-Phu dans le Nord Vietnam puis le 16 Mars 1954 sur le centre de résistance, a été mortellement blessé le 11 Avril 1954 alors qu'il remplissait la mission qui lui avait été confiée. Monsieur le Lieutenant de Fromont de Bouaye a été nommé dans l'ordre de la Légion d'Honneur au grade de Chevalier et il a reçu la croix de guerre avec palme.

    Les départements de la Basse Normandie, voisins du nôtre, garderont à jamais les souvenirs tragiques des combats qui ont eut lieu pendant l'été 1944 pour recouvrir la Liberté mais rapidement les villes meurtries se relèvent des ruines et, petit à petit, apparaissent des quartiers modernes à Caen, Saint-Lô etc...
     
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    Cérémonie le 8 Mai 1947 devant le monument aux morts ; on reconnaît au centre Monsieur BEUNARDEAU Maire de Fillé (avec ses béquilles) au premier rang à gauche en gabardine Monsieur Henri CAUQUELIN, une figure de Fillé que l'on a bien connue à l'automne de sa vie.
     
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    Toujours la même cérémonie devant le monument aux morts avec à l'arrière plan, Monsieur BEUNARDEAU, Maire soutenu par ses béquilles et entouré de fillettes des écoles.
     
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    Près de l'école de Filles, le 8 Mai 1947, les jeunes gens de Fillé, anciens combattants pour certains.
     
    ces trois photos de 1947 m'ont été prêtées aimablement par Mme Lory Nicole que je remercie ici. 
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    Photo prise en 1948 : intérieur de la salle du Bar de l'Hôtel du Progrès pavoisé, situé en face de l'église.

    (actuellement bar de l'Embarcadère). Photo collection privée.

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    Un mariage à Fillé, en 1946, dans l'immédiat après-guerre (photo collection privée C. SERPAULT).

     

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    Pendant le mois de janvier 1945, on compte près de 40 jours de neige au sol sur les deux-tiers de la France alors que le pays est presque totalement libéré mais qu'il n'est pas libéré de ses restrictions car il manque encore de tout. Dans la région du Mans, on observe de 20 à 30 cm de neige. Puis, le printemps 1945 survint beau et sec : les températures ont dépassé les 30°C à Fillé en Avril et en Mai (on releva une valeur remarquable de 30°3 le 17 Avril 1945 à Fillé) et, dix-huit mois plus tard, en octobre 1946, on atteindra encore les 27° ! mais on retrouvera à nouveau le froid vif en décembre.

    En 1947, c'est carrément l'été du siècle : après un hiver très rigoureux, l'été commence en avril et se poursuit jusqu'en octobre. Entre le 27 Juillet 1947 et le 5 Août, une chaleur véritablement saharienne envahit le pays, les températures battent tous les records. Les journées des 27 et 28 Juillet resteront historiques : on observera près de 40°5 dans la région du Mans. Le 1er Août, il fait encore 38 ° en Sarthe.

    1949 fut également une année de sécheresse exceptionnelle.

    Après ces trois années où les récoltes ont été peu abondantes du fait de la sécheresse, on a dû prolonger les tickets de rationnement.

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    Nous avons vu dans le chapitre "LA GUERRE 1939/45" qu'il avait été institué des titres d'alimentation qui ont été délivrés dès 1940 mais ont perduré jusque vers le milieu de l'année 1949. Les Maires recevaient du Haut Commissariat à la Consommation des instructions relatives à la mise en place et la distribution de ces tickets de rationnement remis à la population en échange des coupons.

     


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      




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    carte d'acheteur (document archives Mairie de Fillé)

     

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    "UN HOMME DE BIEN EST MORT

    Tout Fillé pleure son Maire

    M. Alphonse Beunardeau, conseiller général

    de la Suze que ses concitoyens avaient

    surnommé "Le Père de la Commune"

     

                                                     (extrait article du 27/12/1951 de Ouest-France)

     

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    Une élection cantonale partielle à la Suze après la mort d'Alphonse Beunardeau, maire de Fillé :

    "La mort d'Alphonse Beunardeau, le 25 Décembre 1951, suscite une élection cantonale partielle dans son canton de la Suze sur Sarthe. Le scrutin est programmé pour les 9 et 16 Mars 1952.

    On se souvient, que le 7 Octobe 1951, M. Beunardeau avait été réélu au premier tour, l'ancien sous-préfet de La Flèche, Albert Fouet, obtenant 18,61 % des suffrages exprimés. Très vite, ce dernier réapparaît par le biais d'une intervention des instances nationales du Parti radical qui indiquent aux dirigeants de la Fédération sarthoise que M. Fouet, directeur de cabinet du secrétaire d'Etat aux Travaux Publics et au Tourisme sera à nouveau candidat. ll semble que, chez les radicaux sarthois, ont ait donné d'emblée de très faibles chances à ce parachuté. A droite, du côté du mieux organisé qui est l'appareil RPF, on pense au maire de la Suze, Camille Jean, qui fut inscrit au mouvement gaulliste mais ce laïque radical a démissionné en raison de la politique d'aide à l'enseignement privé mise en œuvre par ce Mouvement. Très vite, le jeune Centre départemental des Indépendants de la Sarthe décide de présenter Maurice Ruillé, le maire de Louplande, agriculteur, ancien élève de l'école Saint-Louis du Mans dont l'audience paraît bonne dans le canton. Les diverses tentatives du RPF pour trouver un autre candidat achoppent. Vers la fin du mois de février, on apprend qu'il n'y aura pas de candidat SFIO. On s'accorde alors pour donner le maximum de chances à Ruillé, y compris son élection dès le premier tour tant il paraît en mesure de récupérer la clientèle de M. Beunardeau, électeurs catholiques et de droite inclus.

    Quelques jours plus tard, fin février, surgit un nouveau candidat, Eugène Vivier, maire de Chemiré-le-Gaudin, gros propriétaire et exploitant agricole. Il a appartenu avant-guerre au Comité républicain de la Suze et semble toujours se situer dans la mouvance radicale. Sa candidature n'est pas spontanée. Il a fait l'objet de pressions, celle d'Arsène Foucault de la mairie contigue de Maigné, celle de Fernand Guillot le conseiller général de La Flèche. Car on s'agite beaucoup en sous-main et en haut lieu tant il est clair que cette élection pourrait modifier l'équilibre politique du Conseil Général de la Sarthe dont on a vu combien il se jouait à la marge. Deux hommes, au moins paraissent s'être concertés dans la coulisse : Max Boyer, intéressé à récupérer sa présidence du Conseil général, Lucien Chaserant, Directeur des Organisations Agricoles de la Sarthe, homme d'influence, plutôt lié au centre gauche et sensible aux échanges de service avec ce camp, ce qui n'exclut pas avec d'autres. Albert Fouet a rencontré les deux hommes et bien négocié.La présence de Vivier dans la compétition doit permettre de diviser l'électorat au premier tour y empêchant ainsi l'élection de Ruillé."

    "La manœuvre est peu lisible pour l'électeur de base mais comprise par Ruillé qui la dénonce lors d'une réunion électorale qu'il anime, le 3 Mars, à Fillé. Ce soir-là, un agriculteur présent stigmatise même la collusion de Foucault et Chaserant qui conduit à donner une allure politique à cette élection..."

    Face à cette élection, M. Ruillé suit explicitement la même ligne de conduite de M. Beunardeau, bien entendu appréciée comme apolitique."

    "Si la candidature communiste ne souffre, elle aucune ambiguïté.... les professions de foi des autres candidats situent l'enjeu jusque dans l'usage du flou : Maurice Ruillé se déclare candidat de défense des intérêts cantonaux" et il ajoute qu'il est absolument indépendant et qu'il n'appartient à aucun parti politique, ce qui est vrai..... Maurice Ruillé choisit du reste d'éclairer les électeurs dans une mise au point publiée la veille du premier tour. Il y dénonce les promesses de Fouet et sa collusion avec M. Vivier."

    Bref, la presse locale - partisane comme toujours -  en rajoute une louche le samedi en faisant de Maurice Ruillé "l'héritier présomptif de Monsieur Beunardeau comme si celui-ci l'avait nommément désigné comme devant lui succéder"... 

    "Le dimanche 9 Mars, sur les 5172 électeurs inscrits, 3029 ont voté, soit 58,57 %, taux honorable pour une élection partielle. Il y a 2980 suffrages exprimés, Maurice Ruillé est comme prévu en tête avec 1367 voix. Il devance Albert Fouet (1095 voix) d'assez peu alors qu'Albert Vivier (265 voix) précède de justesse le communiste (253 voix) Comme annoncé de toutes parts, Vivier se désiste en faveur de Fouet qu'il qualifie de candidat courtois et loyal. Dans l'après-midi du 11 Mars, Chapalain se déplace à la Suze pour inciter à voter pour Ruillé avant que Goussu ne fasse de même. Fouet s'emploie à mobiliser un à un les abstentionnistes .... . La campagne entre les deux tours est acharnée dans les deux camps..."

    Au Soir du 16 Mars 1952, Albert Fouet est élu grâce au désistement d'Eugène Vivier. Puis sera élu maire de Roezé- sur-sarthe, le 24 Mars 1956, après le décès d'Auguste Gallas. L'auteur conclut dans ce paragraphe en disant : "L'élection cantonale partielle qui a eu lieu les 9 et 16 Mars 1952 dans le canton de la Suze témoigne de la manière et de la réalité du débat démocratique dans la Sarthe du milieu du 20ème siècle". Il ajoute en parlant d'Albert Fouet :"Elle a permis la reconquête par la gauche des instances dirigeantes du Département. Elle a enfin promu dans la vie politique locale un personnage atypique qui ne cessera de diviser les sarthois, et d'abord le monde des militants."....

     

    Extraits du livre de Michel Rosier "Vie Politique et sociale de la Sarthe sous la IV° République (1944-1958)

     

     A la mairie de Fillé, après la mort de Monsieur BEUNARDEAU, Monsieur LORY lui succède jusqu'en 1959.Birdfly2 

     

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    Photo d'une classe de l'école publique en représentation lors d'une distribution des prix en 1957.

    Cette photo a été aimablement prêtée par Madame C. SERPAULT que je remercie ici.

    Ce document sert de transition pour rapporter les "mémoires" de Monsieur SOYER, Directeur de l'Ecole Publique de Fillé entre 1945 et 1980, "mémoires" qu'il a confiées dans la ROUE TOURNE de 1983.


     

    "LES MEMOIRES D'UN SECRETAIRE DE MAIRIE"




    "Nommé instituteur au début de 1945 puis secrétaire de mairie l'année suivante, j'ai passé pratiquement toute ma vie active dans cette commune et ceci pour une raison très simple, nous avons trouvé à FILLE ce qui est essentiel dans la vie pour fonder une famille : le bonheur.

    Bonheur dû à la vie calme dans un village agréable et bien situé, à la connaissance de tous les habitants qui sont devenus au fil des années des amis, à l'exercice d'une double profession attachante : celle d'instituteur qui a enseigné à deux générations d'enfants de FILLÉ et celle de secrétaire de mairie, au service des besoins d'une commune rurale et de ses habitants. 


    Et pourtant tout n'était pas rose pour un jeune ménage qui "débarquait" à Fillé en plein hiver 1945, sans connaître personne et alors que la guerre n'était pas terminée. Mais très vite, le chaleureux accueil des habitants et des voisins nous réconforta. Malgré les difficultés de la vie professionnelle (classe unique groupant tous les garçons de 5 à 14 ans) et de la vie tout court (elle était "dure" pour tous à l'époque et soumise à un rationnement rigoureux).

    Nous nous sentions heureux car nous étions libres et débarrassés des hantises de la guerre.

    Je garde le souvenir de la Mairie d'alors, vétuste sans doute mais il n'y en avait guère de modernes, du petit train poussif qui permettait d'aller au Mans (c'était au moins, déjà, un moyen de transport...), des invitations consistant à veiller dans les familles et de la fameuse fête de la Libération, au mois d'août.

    A cette époque, la population était essentiellement agricole et je me souviens de tous ces enfants venus de loin, à pied, souvent en gros sabots de bois, le maigre déjeuner dans le sac, car la cantine n'existait pas : le repas se passait à l'école le plus souvent.

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    Classe de Monsieur Soyer en 1958, près de la Mairie (Monsieur Soyer est à droite au 3ème rang).
     
    Photo aimablement transmise par Madame C. SERPAULT que je remercie ici.

    Quant au travail de mairie, ma femme et moi passions le plus clair de notre temps à comptabiliser et à distribuer les tickets de rationnement ce qui dura encore quelques années après la fin de la guerre. Un peu plus tard dans les années 1952/53, ce fut la reconstruction de l'église et du presbytère détruits à la Libération ce qui constitua la tâche la plus importante de la municipalité d'alors.

    Puis, peu à peu, lentement mais inexorablement, la vie à FILLE se transforma : les activités professionnelles se portèrent vers LE MANS alors que la campagne perdait sa main d'œuvre. Dans ma classe, au début, presque tous mes élèves étaient issus du milieu agricole ; à la fin, il n'en restait plus.

    Parallèlement, après 1960, commencèrent à s'installer des familles venues du Mans ou de la périphérie. Les Gesleries, la route des Vignes se peuplèrent et les sapins du Pierre Aube virent pousser des maisons entre-eux. En l'espace d'une quinzaine d'années, au rythme moyen d'une douzaine de maisons par an, c'était une nouvelle population qui venait s'ajouter à l'ancienne. L'amalgame se fit lentement, sans problèmes et le secrétaire de mairie s'efforça de connaître au mieux ces nouveaux habitants qui apportaient un air de jeunesse à la commune."
     
     
     
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    Classe de Monsieur SOYER en1963 près de la Mairie.

    Photo aimablement prêtée par Madame C. SERPAULT que je remercie ici.

     

    Arrivée des soeurs trinitaires de VALENCE (12 élèves) à l'école Saint-Charles en 1947.

     

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    Journée de communion à Fillé en 1959. Certaines personnes, devenues aujourd'hui sexagénaires,

    se reconnaitront-elles ? à gauche, l'abbé Théry qui a passé quelques années à FILLÉ.

    Photo aimablement prêtée par C. SERPAULT que je remercie ici.

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    LA RECONSTRUCTION DE L'ÉGLISE

     

    La reconstruction de l'église commence en 1947 réalisée par des ouvriers de talent mais malheureusement victime de nombreux contre-temps : une tornade en 1951 détériore la nef presque terminée puis, la même année, un incendie ravage l'entreprise BERNARDEAU au MANS où sont entreposées les charpentes du clocher.

    LU DANS LE MAINE LIBRE

     




    L'abbé Baron  voulait faire reconstruire son église mais manquait d'argent, il eut l'idée pour le moins spectaculaire : il s'est proposé de traverser la rivière sur un fil pour récolter des dons et il y réussit. L'église rénovée est inaugurée en 1952 et consacrée en 1956 et si l'on peut admirer l'église de Fillé dont le fin clocher se mire dans la rivière Sarthe, on le doit en partie à l'exploit de l'abbé funambule, curé de Fillé.

     


     




    Nous avions laissé les mémoires de l'Abbé BARON recueillies par René GAIGNON au moment où son récit était au plein cœur de la guerre 39/45. Alors que le débarquement se déploie en Normandie, le séminariste-soldat apprend qu'il va être le prêtre de la paroisse de Fillé où son régiment fut cantonné en 1940 puis quelques semaines plus tard, il apprend l'incendie de l'église le jour où le village est libéré.

    L'Abbé Baron est donc destiné à la lourde mission de la reconstruction de l'église.

    quelques extraits de l'interview du 21.11.1990

    - Abbé Baron : "Cette même année 1951 allait se terminer par une une nouvelle épreuve. Alors que la réfection, sur épure, de la flèche du clocher était déjà avancée et que les bois de charpente étaient prêts à être posés, préparés dans les ateliers de l'entreprise BERNARDEAU au MANS, un incendie le jour de Noël détruisit l'entreprise et ses matériaux. Tout était donc à recommencer.
    Menacé par l'architecte d'une amende journalière importante si le travail n'était pas exécuté dans le temps prescrit par le cahier des charges, Monsieur BERNARDEAU, soucieux de répondre aux exigences et de trouver une main d'œuvre spécialisée, fit appel aux Compagnons Charpentiers du Devoir du Tour de France de la Province de Paris. Appel entendu, puisque trois jours plus tard arrivaient Monsieur Jean ALBERTI de BOURGOGNE, Monsieur Germain DUPRAT de TOULON et René COLOMB de GRENOBLE.


    En mars 1952, on vit s'élever un échafaudage de chevrons sur l'entablement du clocher de pierre. Il devait servir à l'installation de la flèche et y rester plusieurs mois. Les compagnons y accédaient par une échelle qu'ils avaient attachée à l'extèrieur. Aussi pour y regarder le travail s'y faire, la manoeuvre des palans hissant les bois de charpente, le Curé venait presque tous les jours et montait un échelon de plus à chaque fois pour vaincre le vertige (sans doute, un entrainement pour traverser la rivière !)

    Les lattes et les ardoises fixées puis d'autres posées, les compagnons eurent à cœur d'installer la croix, la même qui s'y trouvait jadis, tombée au moment de l'incendie. La, aucune difficulté pour eux pour la poser...

    - R.G. Est-ce-que s'arrête là le travail de ces trois Compagnons ?

    - Abbé Baron : Pas tout à fait. Mais d'abord, ces jeunes compagnons charpentiers, en dehors de leurs heures de travail, eurent l'idée de réaliser la maquette au 1/20° de la charpente de la flèche du clocher (photo ci-dessus). Cette maquette fut offerte le 19 Mars 1953, jour de la fête de Saint-Joseph, patron des Compagnons du Tour de France, au Président national des Compagnons par le "gâcheur" de l'équipe, le chef d'équipe, Jean ALBERTI. C'est la tradition chez les compagnons et cette maquette fut déposée au Palais de Chaillot à Paris pour rester dans les archives des Compagnons."

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    Les Compagnons, leur travail terminé, allaient quitter FILLÉ. Mais le curé pensait, depuis un certain temps, utiliser leurs compétences en leur demandant s'il leur serait possible d'imaginer et de confectionner une voûte en bois pour l'intérieur de l'église.
    Leur joie fut grande et il les entend lui dire : "
    Aucune difficulté pour nous"...

    Enfin après maintes difficultés rencontrées, le baptême des cloches eurent lieu en présence de Monsieur LORY, Maire de Fillé dans la grange transformée en chapelle provisoire devenue ensuite salle des fêtes puis cantine pour les écoles de FILLÉ.
    Toute la municipalité au grand complet ainsi que de nombreux invités accueillir Monseigneur CHEVALIER, au cours d'une réception chaleureuse qu'agrémenta une exposition murale de souvenirs, de tableaux et de photos de FILLÉ. Un vin d'honneur clôtura cette réception.


    Avec l'année 1953 commença l'aménagement intérieur ; Messieurs DE GOULAINE et GYPTEAU eurent la générosité d'offrir des arbres à l'Abbé Baron... Mais comment les débiter ? Il restait avec ses arbres sur les bras quand une circonstance particulière le tira d'embarras. Appelé à prêcher une retraite de communion à ST VINCENT DU LOROUER, il fut invité à prendre le repas chez un propriétaire de scierie lequel lui dit : "Monsieur l'Abbé, amenez moi vos arbres, je vais les scier et les faire sécher et vous pourrez en disposer". Ce qui fut dit fut fait et gratuitement ! Un transporteur de TELOCHE ramena les planches a FILLÉ et Monsieur MORILLON en disposa pour continuer la fabrication des bancs.

    Monsieur Raymond DUBRETON, forgeron à GUÉCELARD réalisa le dessin des éclairages. La décoration de l'extrémité des branches des lustres étant inspirée de celle d'une rampe, croquée sur une feuille de papier, lors de la visite de l'Abbatiale de TREVES-CUNAULT dans le Saumurois.


    Il fallait aussi penser aux Fronts Baptismaux. L'idée était de revenir aux temps antiques de l'église primitive. A FILLE, a été réalisé un baptistère antique. On y descend par un emmarchement. Les chaînes qui l'entourent ont une histoire : elles proviennent du poulailler de l'ancien presbytère.  Son grillage, en effet, était supporté par des tiges en fer qui servirent à Monsieur GOURNIGAULT, le forgeron de FILLÉ, à en tirer les maillons.

    C'est à cette période que la statue de la Vierge, en terre cuite, fut enlevée, pour sa restauration, par les soins des Monuments Historiques de France. En subissant pendant des heures l'intense chaleur de l'incendie, sa polychromie s'était vernissée.

    Comme dans toute église, il y a un chemin de croix de quatorze stations. Pour chaque station, une petite plaquette, travail d'un sculpteur de Lourdes, se trouve au centre d'une croix de bois. Le tout est cerclé d'un anneau de fer forgé, orné de quatre cabochons de cuivre jaune.


    Le confessionnal, installé dans l'abside du bas-côté nord, travail de Monsieur MORILLON, et ce, pour ne pas revenir au meuble conventionnel ancien, consiste en une simple croix de bois dont les bras supportent une tringle de fer sur laquelle coulissent des rideaux de velours.

    Tout au-dessus du confessionnal, appliqué au mur de la sacristie et pour le décorer, un crucifix du 14 ou 15° siècle en bois, fut fixé par Monsieur DUCHEMIN, ferronnier d'art au Mans.

    Les deux autels furent l'objet de beaucoup de recherches et de soin. Il fallait trouver des pierres pour les socles. Monsieur SPY, tailleur de pierre en style anglais édifia les socles des autels sur lesquels les tables de granit des Vosges furent disposées par Monsieur BEAUFRETON, marbrier au Mans. Par ce dernier furent plaquées les marches de marbre rose.

    Pour garnir le chœur de l'église, les stalles furent récupérées auprès de la paroisse de la CHARTRE SUR LE LOIR qui vendait les siennes. Elles furent amenées et transformées par l'entreprise DENET. Quant au siège du célébrant et des enfants de chœur, ils ont été coulés à l'usine des "Grelots" au Mans.

    L'aménagement se poursuivait ainsi lentement. Enfin, arrive en 1956 la consécration de l'église trois jours avant la fête de la Vierge Marie à qui l'église est dédiée, soit les 11 et 12 Août. Pour cette consécration, douze croix ont été sculptées et peintes sur les murs, rappel des douze apôtres. Le soir de la cérémonie et les trois soirs suivants, des amis de Fillé offrirent le spectacle d'une admirable illumination de la nouvelle église consacrée. Le clocher de FILLÉ est désormais
    pourvu de trois cloches "MARIE", "JEANNE" et "THÉRESE" pesant respectivement 476,338 et 223 kilogrammes.

     

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    L'église rénovée fut inaugurée en Novembre 1952 en présence de Monseigneur CHEVALIER qui présida la cérémonie et de Monsieur LORY, maire de FILLÉ-SUR-SARTHE. La consécration solennelle eût lieu en 1956.
     

    Photo collection particulière.

    En 1957, il restait à rappeler la mémoire des soldats de Fillé morts pour la France.
    A ce sujet, il faut signaler, tout d'abord, que la pierre de granit du maître-autel fut offerte par Mr et Mme FROMONT de BOUAILLE du château de la Beunêche, en souvenir de leur fils Gilles de FROMONT, mort pour la France, à la bataille de Dien-Bien-Phu. Une plaque de marbre noir, exposée dans la chapelle du chœur, en rappelle le souvenir.

    Sous la fenêtre du clocher, dans l'église, un mémorial a été pratiqué. Il s'y trouve un Livre d'Or dans lequel sont inscrits les noms et biographies militaires de soldats de FILLÉ morts pour la France durant les guerres de 1914/1918, 1939/1945  et 1946/1954. Un coffret de cuivre surmonte ce livre d'or. Il contient un peu de terre prélevée, en premier, à DOUAUMONT près de Verdun en souvenir des morts de 1914/1918, puis à VILLENOBLE au CHEMIN, là où fut inhumé à sa mort, le 15 Juin 1940, André DUVAL et enfin, au cimetière de Saint AUBIN SUR MER où des Canadiens, tombés lors du débarquement du 6 Juin 1944, furent ensevelis.

    Les dettes de cette reconstruction furent épongées : quêtes, dons, séances de projection, kermesses y contribuèrent, des années durant. Mention spéciale est à donner à Monsieur CHAMPION venu construire une petite résidence à FILLE lequel montra, en 1957, à l'occasion de séances récréatives, un samedi soir et un dimanche après-midi, ses talents d'acrobate et de funambule au-dessus de la Sarthe, en y présentant un élève amateur, le curé de l'époque !

    Il se trouva qu'une nomination comme curé de BESSE SUR BRAYE ne permit pas à l'abbé BARON d'achever la restauration de l'église mais nul doute qu'il aura gardé de nombreux souvenirs de ces huit années de présence à la paroisse de FILLÉ.

    NOUS LE REMERCIONS ICI POUR LES SOUVENIRS QU'IL A CONFIES A RENÉ.   

     

        Peinture sur toile, église de Fillé, Christiane Choisnet (1er prix féminin des Peintres en Liberté 1997)


     

     

     
    Construction du clocher :
     
    "En Mars 1952, on vit s'élever un échafaudage de chevrons sur l'entablement du clocher de pierres..."


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    photo prise de la campagne filléenne avant la destruction du clocher lors de l'incendie de l'église.




    La campagne filléenne avec, au loin, son clocher en construction ; la campagne est toujours aussi paisible mais au moment où la guerre d'Indochine se termine, le Magreb s'enflamme puis vint la guerre en Algérie.


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    photo collection particulière


    Les bords de la Sarthe après la guerre, on aperçoit, à droite, les ruines de l'église.

     

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    12 et 13 AOUT 1956 : CONSÉCRATION DE L'ÉGLISE

     

    "AU COURS DE GRANDIOSES CÉRÉMONIES, CE SOIR ET DEMAIN,

    SON EXCELLENCE, MONSEIGNEUR CHEVALIER, REPRÉSENTANT LE CARDINAL GRENTE

    CONSACRERA L'ÉGLISE DE FILLÉ RELEVÉE DES RUINES."

                                                                                

                                                                              (extrait article du 11 Août 1956 - Ouest-France)

     

     

    AA1 11 aout 1956
    AA2 11 Août 1956

     

     

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    Au cours de la 23 ème édition des 24 Heures du Mans qui se déroula les 11 et 12 Juin 1955, la course fut marquée par un terrible accident qui coûta la vie à plus de 80 personnes dans les tribunes. Parmi les nombreux blessés hospitalisés (plus d'une centaine) figurait un habitant de Fillé, Monsieur GRANDVAL Emile âgé de 46 ans à l'époque.
     
    (archives Ouest-France du 13 Juin 1955).
     
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    Repas organisé en 1956 dans l'ancienne cantine pour le baptême des cloches de l'église après la reconstruction.

    On y reconnait Monsieur Lory, Maire, lisant un discours. Il avait remplacé Monsieur Beunardeau après son décès. A droite, Monsieur Henri Cauquelin.

    Cette cantine fait l'objet d'une polémique actuellement concernant des rumeurs de démolition.

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     Le même repas avec au centre portant des lunettes cerclées, Monseigneur Gouet.

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    Une fête religieuse dans le centre du bourg ; à droite Monseigneur Gouet.
     
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    Lors d'une cérémonie au monument aux Morts, à gauche, Bob Lory et à droite Monsieur l'Abbé Albert Coulon.
     
    Ces 4 photos m'ont été aimablement prêtées par Mme Lory Nicole que je remercie ici.
     
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    Pendant ce temps, le pays se relève à peine de ses ruines que se déclenche en Algérie, le ler Novembre 1954, ce qu'on a appelé la "TOUSSAINT ROUGE". Des indépendantistes commettent une série d'attentats dont certains meurtriers : deux soldats tombent sous les balles et l'histoire retiendra surtout le mitraillage d'un couple d'instituteurs dans les Aurès, dont le mari ne survécut pas.
     
     
     
     
     
        Ci-dessus (photo collection particulière) :  Route de la Libération,  Défilé des Anciens Combattants d'Afrique du Nord lors de la commémoration du cinquantième anniversaire de la Libération de Fillé en Juillet 1994 avec en tête du cortège, auprès du Maire et portant une gerbe qu'ils déposeront devant la plaque de la route de la Libération (photo ci-contre) : les derniers combattants de la guerre de 39/45, passant devant l'actuel lotissement du Perroquet.
     
    Le conflit algérien se poursuit en 1955 et dans les premiers mois de l'année 1956, les accrochages meurtriers se multiplient. Le point de non-retour est atteint en mars 1956 avec le départ des rappelés pour le début d'une guerre qui va durer six ans. Elle va déboucher en 1962 sur l'indépendance de l'Algérie. Mais pendant six ans, à Fillé, comme dans toute la métropole, de nombreux appelés s'en iront traverser la Méditerranée pour aller se battre en Algérie.
     
     
    Cette génération d'anciens "combattants d'Afrique du Nord" participent maintenant à des retrouvailles dans chaque village, chaque ville, chaque région marqués, certains, par ce conflit qui a laissé des traumatismes.
     

     

     

     

     

     

     

     

    Les Manceaux et les filléens retrouvent la plage de Fillé et les bords de la Sarthe sont (pour quelques temps encore mais pas pour longtemps) une alternative remarquable à l'exil côtier et des vacanciers en 1954, auteurs de la carte ci-dessous écrivent :

    "nous sommes installés à la croix (la croix est à près de l'arbre de gauche sur la
    plage), nous avons eu le soleil vers la Ferté et depuis le soleil nous suit, espérons le conserver, le patelin est mignon, la pêche est bonne et il y a de quoi nous baigner..."
    En effet, il existait un coin de baignade avec des cabines de plage près du passage à gué. Depuis la baignade est interdite dans la Sarthe mais si les baignades d'antan ne sont plus la nostalgie demeure.


    Leur campement est en bas au centre de la photo ci-dessous, le long de la Sarthe où actuellement est aménagé la base nautique de la plaine dite "de Loisirs".

     

    Après la guerre, un parisien écrit en 1948 à son voisin de palier "je rentre à Paris et nous pourrons parler de nos vacances réciproques qui n'auront pas été immortalisées d'un magnifique soleil d'août habituel" (ma foi en 2008, donc soixante plus tard, il aurait pu écrire la même chose) mais il précise "la pêche bat quand même son plein...". Une autre estivante de la capitale écrivait la même année (il y avait décidément beaucoup de parisiens qui venaient en villégiature à Fillé) : 'Sommes fidèles à notre bon vieux pays sarthois où nous sommes confortablement installés depuis un mois jusqu'au début septembre !"

    Si la nostalgie des baignades d'antan demeure, GERARD CHOISNET nous raconte souvent comment , au hasard d'une de ses promenades, un jour d'été, près du moulin, il fit la connaissance d'un vieux monsieur ému qui lui raconta, dans quelles circonstances, il rencontra celle qui allait devenir sa femme.

     

     
     
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    Peinture sur toile et à l'huile - Christiane Choisnet : Pic-nique sur la Plage à Fillé d'après photo

     

     

    En effet, ils s'étaient connus sur la plage de Fillé car avant la guerre, il y a de cela plus de soixante quinze ans, certaines écoles du MANS organisaient un voyage à FILLÉ pour récompenser les élèves qui avaient obtenu le baccalauréat. Ils partaient ainsi pour la journée par le petit train qui faisait encore la liaison entre LE MANS et FILLÉ.  Sur place, ils avaient le loisir de visiter la commune, de se promener dans la campagne ou bien alors de se reposer au bord de l'eau. Les plus sportifs avaient même l'opportunité de prouver leur mérite par des jeux nautiques en amont du moulin (on peut encore voir quelques cabines de bain sur certains documents d'époque).

    Les élèves rentraient le soir par le dernier tramway, heureux de leur journée et parfois même heureux pour la vie...
    En effet, c'est dans ce contexte que le vieil homme, tout juste diplômé à l'époque fit la connaissance de celle qui est devenue sa compagne. Il était venu tout simplement là en pèlerinage.





    En Août 1952, un peintre est venu à FILLÉ se mettre au vert. Il résidait "Au Gardon Frétillant" chez notre ami René BELLANGER et lui a laissé quelques œuvres représentant notamment le village de Fillé pur payer son hébergement. Fils d'immigré italien, après un passage aux Beaux-Arts, il fait ses classes à Montmartre. Homme du peuple, il croque volontiers les gens de la rue. Il devient au fil du temps un artiste reconnu et devient l'ami de PIAF, BREL ou encore Maurice CHEVALIER. Les collectionneurs éclairés l'apprécient. Il execute sur commande les portraits de SIMONE SIGNORET, GISCARD D'ESTAING, AZNAVOUR, Jean YANNE...etc.

    Durant son séjour à FILLÉ  où il peint plusieurs tableaux dont notamment un auto-portrait dans une attitude un peu singulière : il est assoupi le long de la Sarthe ou du canal tandis qu'il est à la pêche, il a une bouteille vide bien en apparence auprès de lui tandis qu'une couleuvre lui chatouille les doigts et qu'une libellule s'est posée délicatement sur l'un de ses doigts de pieds.
    Il a peint son hôte et deux pêcheurs avec en arrière plan le moulin de Fillé.
    Il a peint la plage de Fillé avec les cabines de bain qui existaient à l'époque. Belle époque ! Ce sont autant de témoignages d'une vie disparue !

    Le Président des Etats Unis, Lyndon B. JOHNSON acquiert l'une de ses plus belles œuvres du moment devant laquelle il fait la une du NEW YORK TIMES. Ses clients ont pour nom le producteur de cinéma Frank ROSS, l'acteur James STEWART, Henri FORD II et tant d'autres...

    Malgré ce succès, Bernard Locca qui se considère comme un "bon ouvrier de l'œuvre d'art" reste attaché à ses racines bretonnes et à Paris, il a le mal du pays, il revient. Il reste un homme modeste et fidèle en amitié, pas étonnant qu'il est gardé des liens d'amitié à Fillé... Nous les remercions tous les deux pour les souvenirs qu'il nous ont laissé.

    Peinture de Bernard LOCCA (1926-1997) qui est venu peindre à FILLE en 1952.
     

     



    photo collection personnelle

    Sur le tableau ci-dessus que Bernard LOCCA a peint le 13 Août 1952, il a représenté le bourg avec son église et sa flèche fraîchement reconstruite. On y voit des promeneurs mais aussi çà et là des pêcheurs ; dieu merci, à FILLE, le long des berges dès qu'il fait beau, le dimanche, il y a de nombreux promeneurs mais on y voit de moins en moins de pêcheurs... preuve que les loisirs ont changé.

     
     
    son auto-portrait : il s'est représenté assoupi sur la berge à FILLE !
     
     
     
     

    "Après la pluie, le beau temps" chantait Ray Ventura. La France, ses tickets alimentaires digérés, reprend goût à la vie et à la fête et l'on sent chez le français moyen une frénésie d'amusement, de rire et de gaîté. A FILLÉ, La jeunesse n'est sans doute pas en reste, Fillé, où les beaux jours revenus, on peut s'attarder le long de la rivière et du canal pour regarder les pêcheurs en fredonnant un air connu de Bourvil "le pêcheur au bord de l'eau abrité sous son chapeau est heureux et trouve la vie belle..." tandis que les "amoureux s'bécotent sur les bancs publics..." (Brassens). 
     

     
     
     
    Partout, les bals de quartier, les assemblées se multiplient...

    comme à Fillé :

     
    Chaumière pour un bal populaire derrière l'église.
     
     
    détail d'une peinture de Christiane CHOISNET
     

    photo collection particulière

    FILLE FIN DES ANNEES 50 : à la vue de cette photo, on comprendra mieux ce que l'enfouissement des réseaux réalisé en 2000 a apporté à l'esthétique du bourg.

    Dans les années 50, l'usine du Mans RENAULT embauche à tout va pour tenir les cadences. La production s'accélère avec le succès des voitures comme la 4CV, la frégate, la Dauphine. C'est le temps béni du plein emploi et beaucoup de jeunes gens quittent la terre pour "embaucher" à l'usine, travailler aux 3 x 8.

    Les 22 et 23 Mai 1955, des gelées provoquent des dégâts considérables dans la Sarthe.

    Février 1956 fut le mois le plus froid du XX° siècle, un froid anthologique particulièrement intense deux ans après l'hiver 1954 qui fut également terrible (on se souviendra de l'hiver 54 pour l'hécatombe qu'il provoqua parmi les sans-abri).

    Après un printemps très frais qui ne fut qu'une sorte d'hiver prolongé, l'été 1956 pouvait être qualifié de "pourri" avec des températures automnales. On a relevé une température de 3°2  à FILLE, le 15 Août 1956 (température minimale) tandis que dix jours plus tard, les 24 et 25 Août 1956, ce sont de fortes pluies qui se sont abattues provoquant des inondations. L'hiver 1956/1957 fut également précoce avec des températures très basses en Novembre.

    Bref, l'année 1956 fut catastrophique surtout pour les agriculteurs, les récoltes de blé, notamment, furent détruites. Certains, en Sarthe, désespérés de voir leurs récoltes anéanties par les conditions climatiques ne purent surmonter cette malédiction et mirent fin à leurs jours. Ce fut le cas, hélàs, pour le père d'un charmant Monsieur - octogénaire aujourd'hui - qui possède une petite résidence à Fillé.

    La loi du 4 Août 1956 institue un fonds de secours aux victimes des calamités et sinistres.

    Le 13 Janvier 1960, après une courte mais intense vague de froid, une énorme tempête de neige se déclenche de la Normandie à la région Poitou-charente et à l'Aquitaine, tout l'Ouest du pays est bloqué et l'on mesure 17 cm de neige au Mans. Octobre et novembre 1960 sont très pluvieux et extrêmement agités avec un défilé incessant de zones de mauvais temps en provenance de l'Atlantique après les inondations catastrophiques du Limousin, au début du mois d'octobre, d'autres crues se produisent dans le Nord-ouest (notamment dans la Sarthe) le 31 du mois d'octobre.

    (photo : inondation en périphérie du Mans) Source : Météo Paris.

     

    En 1964, après des pluies verglaçantes le jour de Noel, une autre courte mais intense vague de froid déferle sur toute la France et paralyse notamment les régions du Nord-Ouest. On relève une température de - 21 ° au Mans entre le 27 et le 29 Décembre. 

     

     

    correspondances et récits : collection personnelle

    mémoires de Monsieur SOYER sur bulletin communal de la ROUE TOURNE

    extraits des souvenirs confiés à RENÉ GAIGNON par l'ABBÉ BARON en soirée publique lors d'une interview en 1990 et transcrites sur le bulletin communal de la ROUE TOURNE.

     

     



    photos collection particulière (ci-dessus et ci-dessous)


     



    tableau peint par Bernard Locca en août 1952 et représentant notre ami René Bellanger lors d'une partie de pêche et ci-dessous une vue de Fillé en 1960 au dos de laquelle l'expéditeur a écrit : "Quelle Pêche !! 50 livres !..."




    photo collection particulière - vue prise dans les années 50 - côté Guécelard le long de la rivière

     
    CI-DESSOUS, SOUVENIRS, SOUVENIRS...
     

     UNE PHOTO INEDITE !

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    prise d'un ULM : 

    LE MOULIN DE FILLE DANS LES ANNEES 80 AVEC SA FERMETTE et SON JARDIN DANS UN CADRE PRIVILEGIE ET AUTHENTIQUE, LE CALME ET LA SERENITE ENCORE PRESERVES !

     

    ENCORE LE BON TEMPS MAIS POUR PEU DE TEMPS !

     

     

    Je reste persuadée que les années de l'après-guerre (1945 à 55) furent les plus heureuses. Après l'angoisse et l'horreur des années d'occupation, les gens avaient une envie frénétique de vivre et de s'amuser avec des joies simples et des plaisirs naturels.

     

     
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  • Commentaires

    1
    Mercredi 13 Novembre 2013 à 11:10
    Bonjour, Relation extrêmement intéressante. Compagnon Menuisier du Devoir de Liberté et auteur de la charpente et des menuiseries de la chapelle de Languivoa dans le Finistère sud en 1983, j'aimerais savoir si vous avez les noms des 3 compagnons charpentiers qui ont refait le clocher et la flèche de l'église. D'avance merci et encore bravo ! Jean-François MALTHÊTE Parisien Prêt à Bien Faire.
      • sorges Profil de sorges
        Mercredi 13 Novembre 2013 à 11:52
        Bonjour, Les trois compagnons charpentiers sont : Messieurs ALBERTI Jean de Bourgogne, Germain DUPRAT de Toulon et René COLOMB de GRENOBLE. Ce sont eux que vous voyez en photo illustrant l'article avec la maquette de l'église. Merci beaucoup pour les compliments. Je n'ai pas vécu personnellement la reconstruction de cette église car je ne suis arrivée à Fillé qu'en 1977 (j'étais angevine à cette époque) mais le récit de cette reconstruction émanant de l'abbé Baron a été retranscrite par l'historien du village et publié sur le journal local. Christiane Choisnet , épouse de l'ancien maire de Fillé.
    2
    jennifer
    Lundi 26 Septembre 2016 à 00:31

    Bonjour.  Je cherche comment contacter Mme. Nicole Lory.  Elle est amie de notre famille.  Ma mère est récemment décédée et nous emmenons ses cendres pour les enterrer dans le tombeau familiale au cimetière à Fillé. Je vous remercie.

      • Dimanche 2 Octobre 2016 à 11:47

        Bonjour Jennifer,

        Je suis également amie de Madame Nicole Lory. Elle habite toujours à Fillé. Son numéro de téléphone est le suivant :

        02.43.87.14.01. Nicole m'a d'ailleurs fourni des photos anciennes pour mon blog. Cordialement,  Christiane Choisnet à Fillé.

         

         

         

      • Mardi 4 Octobre 2016 à 16:31

        Je me permets de reprendre contact avec vous car, en effet, à mon retour de vacances, j'ai appris que Nicole avait été hospitalisée suite à une chute dans sa maison. Elle est actuellement dans une maison de convalescence route de Laval au Mans. Cordialement, Christiane Choisnet. Fillé-sur-sarthe.

    3
    Gervaise
    Lundi 6 Février à 13:16

    Bonjour,

    Bravo pour votre travail, complet et documenté. C'est un plaisir de (re)découvrir l'histoire de Fillé. Ma famille en est originaire et j'ai quelques photos anciennes (notamment l'église en feu). Si cela vous intéresse, merci de m'indiquer à quelle adresse je peux vous envoyer ces photos scannées. Bonne journée.

    4
    Vendredi 10 Février à 09:50

    Bonjour Gervaise, Merci de vos bons compliments qui me touchent beaucoup. Bien sûr que ces photos m'intéressent. Vous pouvez me les adresser par mail à : g.choisnet@orange.fr ou sinon par papier à Madame Choisnet 1967, route des Vignes 72210 Fillé.

    Je vous en remercie par avance. Cordialement, Christiane Choisnet.

    PS. Je viens juste de prendre connaissance de votre message car j'ai été grippée.

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